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Agritourisme
Les camping cars fleurissent dans les prairies

Les deuxièmes rencontres normandes de l’agritourisme se déroulent jeudi 17 janvier, à Evreux. L’occasion d’évoquer les attentes des consommateurs. L’accueil de camping car à la ferme est une nouvelle tendance. Dans la Manche, Véronique et Hervé Lefort ont tenté l’expérience.

Un mari “100 % paysan” et une épouse “100 % commerçante” donnent une exploitation 100 % Bienvenue à la ferme. Mais, le premier a pris goût au commerce et la seconde à l’agriculture. Hervé et Véronique Lefort sont installés à Sainte-Mère-Eglise (50) depuis 21 ans. Aujourd’hui, la Chèvrerie Ferme Auberge de la Huberdière accueille 11 000 visiteurs par an. Cette culture de la communication a débuté avec la création de la ferme auberge en 1997. Suivront l’accueil de scolaires et des particuliers ou les quatre chambres d’hôtes depuis cet été. Mais le fonds de commerce de l’exploitation reste la vente directe des produits issus de la Chèvrerie. Cette activité représente 40 % des débouchés des produits. “Nous vendons sur les marchés de la Manche et du Calvados et à la ferme. Je crois dur comme fer à la vente directe. Tout le monde y gagne. On vend nos produits et la clientèle est rassurée par la provenance. Et si on nous demande un fromage sans sel, nous pouvons le faire”, explique Véronique Lefort. Volubile et dynamique, l’agricultrice aime le commerce.

Pas de vidange, juste un emplacement
Dans cette logique, le couple a créé une aire d’accueil pour les camping-cars. La démarche a débuté par l’adhésion à France passion. L’association met camping-caristes et agriculteurs en relation via son catalogue. La cotisation de la Chèvrerie avoisine 50 euros. “Nous voulions être dans ce guide. Nous nous engageons juste à mettre un terrain à disposition. Nous ne proposons pas la vidange et le plein d’eau. C’est plus simple et ils ne recherchent pas ce genre de prestation. Ces services sont disponibles dans les villes. Les amateurs de camping cars visent en priorité de l’espace. Ils ne veulent pas d’un terrain de camping bis”. Pour répondre à la demande, un deuxième espace a été ouvert en plus des cinq emplacements initiaux. “Nous avons eu des retombées ultra rapides. Le bouche-à-oreille fonctionne aussi. Ils sont contents, car ils respirent”.Et l’investissement s’avère limité : “il suffit de tondre. Nous avons voulu terrasser avec du caillou, mais la plupart préfèrent la verdure”. Le pouvoir de l’herbe est d’ailleurs “stupéfiant” pour attirer le camping cariste. Ce dernier aime les prés normands. La prairie de la ferme auberge de la Huberdière est donc régulièrement au menu de certains nomades à quatre roues. Ils y passent souvent deux nuits lors de leur “migration” dans le département.

Gagnant sur le tapis vert
Les personnes s’arrêtent une première nuit à l’aller et une seconde fois en revenant”. Et côté financier, le touriste mobile est également gagnant sur le tapis vert. La nuit est gratuite. Le jour, le tempérament commerçant de Véronique Lefort est de rigueur.  “Nous ne sommes pas un camping. Nous n’apportons pas de service. Je ne fais pas payer. Derrière, c’est à nous d’être de bons vendeurs”. Avec la vente des fromages de chèvres et autres charcuteries, la ferme s’y retrouve. “Bienvenue à la ferme s’intéresse aujourd’hui aux camping cars. Je crois que le réseau a raison. Nous répondons aux attentes de ce milieu qui souhaite rencontrer des gens du cru”.
Si les campings caristes apprécient cette étape, pour Hervé et Véronique Lefort aussi, ce n’est qu’une étape dans l’accueil du public. L’an prochain, leurs deux fils rejoindront l’exploitation et gonfleront l’effectif des trois salariés déjà en place. Une nouvelle activité verra le jour avec l’élaboration de fromage à partir de lait de vache. Un nouvel argument pour que les touristes mettent le frein à main à Sainte-Mère-Eglise.

V. Motin

“Ne pas tromper le touriste : il veut une ferme en activité“

 Installé avec deux associés à Saint-Aubin-de-Terregate (50), Jean Pierre Carnet est président du réseau normand “Bienvenue à la Ferme”. Ses quatre chambres d’hôte ou ses deux gîtes ruraux ont permis de diversifier son exploitation de 50 ha.

Quel est le rôle de ces rencontres de l’agritourisme ?

C’est l’occasion de se retrouver pour une journée de réflexion. Les adhérents peuvent s’informer sur des aspects de développement et les potentiels nouveaux produits. Les rencontres permettent également de répondre aux interrogations de porteur de projets touristiques dans le monde agricole. On évoquera des nouveaux produits comme l’accueil de camping car ou les besoins de partenariats locaux. Enfin, nous montrerons aux acteurs du tourisme normand, ce que nous sommes capables de faire au niveau agricole. Le Conseil régional et le comité régional du tourisme seront présents. A nous d’assurer les liaisons entre tous les acteurs du territoire, collectivités locales et offices de tourisme entre autres. Plus il y a d’activités sur un territoire, plus il devient attrayant.

Ces rencontres sont normandes...

Oui, Bienvenue à la ferme est un dossier qui fonctionne bien à l’échelle de la grande région. Il s’agit d’une bonne chose. Il semble en effet plus simple de communiquer derrière l’étiquette normandie.

Le tourisme rural a connu une forte croissance. Sommes-nous aujourd’hui dans une période de stagnation de Bienvenue à la Ferme ?

Oui, peut-être sur certains produits qui nécessitent énormément de temps pour les réaliser. Mais je pense qu’il y a encore des possibilités de développement. Je crois qu’un certain nombre d’acteurs sur le terrain s’y intéressent sans être dans la démarche d’une marque. Nous avons tout intérêt à les accueillir. La réception d’enfants et les fermes pédagogiques se portent bien. C’est vrai que certains secteurs d’activité sont peut-être un peu plus difficiles aujourd’hui. Les effectifs des fermes auberges sont ainsi en baisse. Cependant, celles qui existent montrent du dynamisme. Même si tout le monde ne peut engager autant de temps. Nous sommes également ouverts à accueillir les acteurs de la vente directe de produits bios. Nous avons mutuellement intérêt à nous épauler. Il y a donc des possibilités…

Pour maintenir une dynamique, l’agriculteur doit répondre aux attentes des consommateurs. Qu’attend le touriste en Normandie ?

Je crois que le consommateur qui vient chez nous a déjà une idée de la Normandie. C’est verdoyant et c’est l’élevage. On a intérêt à privilégier cette identification. Et toutes les exploitations doivent être ouvertes au public au-delà de la chambre d’hôte. Quand les gens appellent, ils demandent s’il s’agit d’une ferme. Il ne faut pas tromper le consommateur, il veut voir une ferme en activité avec des animaux.

Nous sommes à la période des vœux. Que souhaitez-vous aux adhérents de Bienvenue à la ferme pour l’année 2008 ?

On leur souhaite d’abord une nombreuse clientèle pour un revenu satisfaisant. Aujourd’hui, je souhaite aussi que les agriculteurs proches de la retraite puissent trouver un repreneur et transmettre leur exploitation agricole et touristique. L’installation est aussi d’actualité dans l’agritourisme. Ce domaine a d’ailleurs des arguments pour séduire les jeunes. Sur les saisons touristiques, le travail ne manque pas. Mais toute peine mérite salaire !

Propos recueillis par V. Motin

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