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Les candidats socialistes visitent une ferme manchoise

Avec une seule Normandie, le prochain scrutin régional bouleverse une donne établie depuis des lustres. L’agriculture doit en rester le pilier économique.

© EC

“Nous sommes ici, à Coulouvray-Boisbenâtre (sud Manche), pour montrer la réalité de l’agriculture manchoise aux candidats du Parti Socialiste” explique en préambule Sébastien Amand, président de la FDSEA. “Voici le GAEC du Brieu, une exploitation moderne à dimension humaine”. Face à Nicolas Mayer-Rossignol, tête de liste régionale PS, Stéphane Travert, menant la liste manchoise, et Laurent Beauvais, représentant les candidats de l’Orne, Frédéric Auvray, l’un des trois associés du GAEC, s’est attaché à démontrer que le développement était indispensable pour rester dans la course.

Rester compétitif
Tout l’enjeu de nos productions” indique Sébastien Amand, accompagné de Jean-Hugues Lorault, président des JA, “qu’elles restent justement compétitives face à une concurrence exacerbée d’autres pays. La réforme de la PAC avec son verdissement et de nouvelles contraintes environnementales nous inquiètent”. Autre souci, l’installation. Sans renouvellement des générations, impossible d’assurer la pérennité, non seulement des structures mais aussi des productions.
Frédéric Auvray, au nom des deux autres associés, Magalie et Stéphane, a présenté une exploitation qui, au fil des années, a su évoluer. “En 1995, nous avions 60 truies en naisseurs-engraisseurs, 550 000 l de lait et deux poulaillers Label. Entre 2000 et 2015, nous avons voulu investir”. Citons au passage la mise en place du premier robot de traite en 2001, l’augmentation de la capacité porcine avec embauche d’un salarié à temps plein ou encore la mise en place de panneaux solaires (163 kWh de puissance). “Aujourd’hui, nous en sommes à 330 truies naisseurs-engraisseurs, 1 250 000 litres de lait, 50 taurillons/an et 24 000 poulets”. La SAU de 209 ha est répartie pour 113 en maïs, 16 consacrés à l’orge, idem pour le blé.
Le porc reste la production phare avec 63 % du chiffre d’affaires. Un regret, “dans cette production, il est dommage que les groupements se “bouffent” entre eux. Il faudrait plutôt qu’ils se rassemblent autour d’une table”.

Nouvel agrandissement
Le GAEC entend ne pas en rester là. Un projet de méthanisation est à l’étude. “Cela représente cependant un gros investissement. Rien que pour nos bâtiments porcs, nous sommes obligés d’attendre l’amortissement maximum pour arriver à les moderniser. D’ailleurs l’année prochaine nous allons à nouveau agrandir ces bâtiments pour redevenir engraisseur total”. Cela ne décourage pas les deux fils de Frédéric et Magalie d’intégrer le GAEC dès l’année prochaine. “Julien et Valentin s’occuperont du suivi des laitières sur un second site. J’insiste sur la priorité de notre organisation que chacun puisse se dégager du temps libre”.
L’occasion pour Jean-Hugues Lorault de lâcher, “attention à ce que les jeunes n’aillent plus dans le circuit de l’installation aidée. Ce serait une erreur. Le coût moyen d’une installation dans la Manche c’est 300 000 €. Je regrette aujourd’hui l’opacité administrative qui risque de décourager les candidats en DJA. Un exemple, s’il travaille trop bien, on risque de lui redemander une partie des aides. Enfin, il faut réduire les délais de traitement au niveau départemental et régional”.
Pour Nicolas Mayer-Rossignol, le GAEC du Brieu s’avère une belle démonstration d’une agriculture conquérante. “C’est la production phare en Manche. Un plan de 3 milliards a été débloqué par le gouvernement pour répondre à la crise agricole. A la Région, nous sommes, nous aussi, dans le soutien et l’accompagnement”.
Pour Laurent Beauvais et Stéphane Travert, “L’agriculture doit rester dynamique et volontariste. Ici, on voit qu’il y a des associés motivés. Ils ont un projet agricole bien construit. Des jeunes vont arriver, mais la structure a intégré toutes les charges et les maîtrise”. Les élus auront un défi à relever dans la nouvelle instance, porter les problématiques agricoles au plus haut niveau. “Il faudra se battre pour continuer à faire valoir nos productions”.

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