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Les Chanu cherchent un terrain d’entente pour leur îlot

Caroline et Benoît Chanu possèdent un îlot de 10 ha, situé à 25 km de leur exploitation. Il y a un an, ils ont passé une annonce sur le site echangeparcelle.fr. Depuis, ils espèrent des propositions et lancent un appel aux fournisseurs.

© JP

ll « En ensilage, on compte une benne au kilomètre pour que la machine tourne en continu. Si on est à 10 km, il faut 10 bennes. » Le calcul est simple pour Caroline Chanu, installée en Gaec avec son mari Benoît à Valdallière. Le couple dispose de 51 ha autour du corps de ferme et 10 ha situés au Mesnil-Clinchamps, à 25 km de l’exploitation, hérités des parents de Caroline.

Petites routes et gros matériel
« Nous cultivons 6 ha sur les 10, c’est ce qui correspond à la partie labourable. Mais rouler 25 km pour rapporter du maïs, ce n’est pas envisageable. Les routes de campagne sont petites et le matériel de plus en plus gros. Nous faisons faire le travail par une ETA afin d’y aller le moins possible en tracteur. » De même pour l’épandage, pas question d’acheminer du lisier. « Nous achetons de la fiente de poule. »
Alors, il y a environ un an, Caroline et Benoît Chanu ont déposé une annonce sur le site echangeparcelle.fr. « Nous avons mis tout l’îlot et précisé les 6 ha labourables. Créer l’annonce est assez simple. Le site est un
plus pour toucher d’autres personnes. »
Mais depuis, ils n’ont reçu aucun proposition d’échange. « J’avais vu que ça ne bougeait pas beaucoup dans le coin. Les personnes n’ont pas encore le reflexe internet. Il faut sensibiliser les jeunes », reconnaît Benoît Chanu. Du porte-à-porte
En amont, le mari et la femme ont démarché autour d’eux. « J’ai fait du porte-à-porte dans une vingtaine de fermes. Tout le monde est d’accord sur le principe mais personne n’a enclenché de démarche », regrette Benoît Chanu. En cause, selon les exploitants, le grossissement des fermes ou les terres en location dont les propriétaires pourraient ne pas être d’accord.

Ça marche avec la Chambre
Les Chanu n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Ils ont troqué, il y a trois ans, une parcelle grâce à la Chambre d’agriculture du Calvados. « Nous avons échangé, avec un voisin situé à 3 km, une parcelle de 4,3 ha contre une de 3,9 ha. Notre parcelle s’est rapprochée mais nous avons une route à traverser. On espère la modifier en incluant une troisième personne. » Et Caroline Chanu d’ajouter : « il faut savoir perdre d’un côté quand on gagne de l’autre ».

Mobiliser d’autres acteurs
« Les coopératives pourraient s’emparer du sujet, ainsi que les fournisseurs d’approvisionnement. Les commerciaux pourraient influencer les agriculteurs car ils sillonnent le secteur, vont dans les fermes et connaissent toutes les parcelles », concluent Caroline et Benoît Chanu.

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