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Sanitaire
Les deux formes de la paramphistomose des bovins

Avec la mise à l’herbe des animaux, les éleveurs doivent prendre des précautions pour lutter contre l’infestation des larves provenant des gîtes à limnées

Paramphistomum daubneyi est un petit ver dont l’adulte est gros comme un grain de riz, conique, charnu et de couleur blanc-rosé. Il vit dans les estomacs des bovins contaminés, regroupé en colonies (de quelques individus à quelques centaines), préférentiellement autour des piliers du rumen (photos). Leur longévité est de plusieurs années (jusqu’à 5-7 ans accrochés dans la panse en l’absence de traitement !). Ils se nourrissent du jus de panse.A ce stade, l’action néfaste de ces adultes est limitée. Les signes cliniques sont absents. Lors de grosses infestations (plusieurs milliers de vers accumulés dans la panse), une altération de la muqueuse de la panse et de sa motricité peuvent potentiellement entraîner une perte d’état général, une atonie digestive, des ballonnements, un ramollissement des bouses. Ces formes chroniques résultent d’un parasitisme d’accumulation (grande longévité des adultes).

Forme chronique due à une accumulation d’adultes dans la panse
Les paramphistomes adultes sont très prolifiques (contrairement à Fasciola hépatica ou “Grande Douve”, dont le cycle est comparable par ailleurs), avec une ponte allant de quelques œufs à plusieurs milliers d’œufs par gramme de matières fécales et une élimination quotidienne variable. Ces œufs se transforment en larves qui doivent rapidement nager à la recherche de petits escargots aquatiques (limnées…). Ces derniers libèrent ensuite les larves transformées qui se fixent sur des végétaux aquatiques (renoncules…) où ils peuvent survivre près de 6 mois. Ce sont ces larves qui peuvent être à l’origine d’une forme aiguë de paramphistomose.Forme aiguë due à l’ingestion massive de larves
Les bovins s’infestent en ingérant de l’herbe contaminée dans les zones à risques : zones marécageuses, berges, mares, fossés, mais aussi empreintes de sabots remplies d’eau dans une zone humide, flaques d’eau dues à une fuite d’une tonne à eau, passage boueux entre 2 parcelles, inondations… Une fois ingérées, ces larves s’enfouissent dans la paroi de la caillette et de l’intestin grêle, et se nourrissent de sang : lors de faibles infestations, les signes cliniques sont peu visibles. Mais lors de fortes infestations, les bovins contaminés peuvent présenter une forte diarrhée, d’apparition brutale, sans fièvre, qui les déshydrate rapidement, pouvant entraîner parfois la mort. Il convient de suspecter la paramphistomose larvaire lors d’entérite aiguë concernant parfois plusieurs bovins d’un même lot pâturant sur des parcelles à risque, le plus souvent en fin de printemps ou à l’automne. Le diagnostic de confirmation des formes aiguës nécessite de rechercher les larves, lors d’autopsie, dans la paroi intestinale (cette recherche doit être précisée lors d’autopsie effectuée suite suspicion d’une forme larvaire aiguë). Du vivant de l’animal, le diagnostic est plus délicat car les larves ne pondent pas : d’où l’absence d’œufs dans les matières fécales lors d’infestation massive. Il n’existe pas non plus de test sérologique (sur prise de sang) à ce jour. Lors de formes larvaires aiguës, le retrait immédiat de la pâture à risque et le traitement des animaux (encadré “Le traitement de la paramphistomose”), sont fortement conseillés.La prévention repose essentiellement sur l’identification des gîtes à limnées (encadré “Repérer les gites à limnées”), afin de soustraire les bovins d’un risque de contamination par des mesures agronomiques adaptées : clôture des aires marécageuses, des ruisseaux, des fossés ; empierrement sous l’auge ou la tonne à eau ou des passages boueux.Dans les cheptels avec une forme chronique suspectée (diarrhée chronique, ballonnement, altération de l’état général), le traitement de l’ensemble du lot concerné peut être tenté sur conseil du vétérinaire traitant, si un échantillon d’au moins 5 prélèvements de matières fécales révèle une majorité de résultats positifs (en restant vigilant quand à l’interprétation d’une coproscopie positive, car la fréquence de l’infestation est forte, avec de nombreux cheptels infestés en l’absence de signes cliniques). Il convient de se rappeler que le cycle du paramphistome et de la Grande Douve étant comparables, la présence de paramphistome est fréquemment associée à celle de la Grande Douve, dont l’action néfaste est beaucoup plus importante, car ce parasite atteint le foie, ce qui peut entraîner une baisse de la fabrication des protéines de lait (taux protéique diminué), des hormones (problème de fécondité) et des anticorps (qualité immunitaire insuffisante des colostrums, d’où diarrhée sur les veaux).Comment repérer les gîtes à limnées
Il faut repérer, dans un premier temps, les lieux qui se prêtent à la vie des limnées (petits mollusques aquatiques, de l’ordre de 1 cm environ à l’état adulte). Au printemps (et dans une moindre mesure à l’automne), les limnées se localisent sur le sol, au bord de l’eau ou sous une faible hauteur d’eau (moins de 10 cm), le plus souvent dans des lieux éclairés (propices au développement des algues microscopiques dont ils se nourrissent). En hiver (ou en cas de sécheresse), les limnées s’enfouissent dans le sol et sont donc plus difficilement repérables. Les mares, les fossés, les berges de ruisseaux, mais aussi les zones inondées, détrempées, les prairies marécageuses (où la présence de joncs est fréquente), ainsi que les zones de piétinement autour des abreuvoirs ou les lieux de passage entre deux pâtures sont des lieux où vivent fréquemment ces escargots. En zone de marais, les limnées ne sont observables que lorsque la hauteur d’eau est faible.

Traitement de la paramphistomose
Le traitement de la paramphistomose fait appel à l’utilisation de l’oxyclozanide, seule molécule ayant prouvé, à ce jour, son efficacité contre le paramphistome. Ce vermifuge est utilisé en une seule fois, sur prescription vétérinaire (hors AMM*, avec une dose de 3 à 4,5 ml/10 kg, sans dose maximale (pour la Grande Douve, la posologie est de 3 ml /10 kg, avec une dose maximale de 100 ml à ne pas dépasser, quel que soit le poids du bovin).Ce traitement peut être suivi de diarrhée, due à la destruction des parasites, pouvant se prolonger 2 à 3 jours.
*Autorisation de Mise sur le Marché
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