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Lait
Les éleveurs laitiers en zone rouge

Jamais la situation des éleveurs laitiers n’a été aussi catastrophique. La faute à des prix en chute libre qui compromettent l’avenir de toute la filière. Attention danger !

 

Rien ne va plus pour les éleveurs laitiers qui sont aujourd’hui confrontés à une crise sans pareille. Depuis maintenant un an, les éleveurs doivent faire face à la “dérive” des prix. Et les dernières feuilles de paie du lait du mois d’avril dépassent toutes les craintes affichées jusqu’à ce jour. Il faut dire que l’Interprofession et les entreprises laitières n’arrivent plus à trouver de terrain d’entente. “La FNPL s’est vue refuser toute discussion sur le prix” déploraient, il y a encore quelques jours, les responsables de la fédération nationale.

 

Dans tout l’Ouest

Résultat, les éleveurs laitiers ont décidé d’agir. Et bon nombre de manifestations ont été lancées avant même cette journée de mobilisation nationale du 19 mai, décidée par la FNSEA. Ainsi, pour rappel, les producteurs laitiers ont mené à partir du 16 mai des actions dans l’Ouest, particulièrement en Haute et en Basse-Normandie. Des producteurs ont perturbé la visite de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie dans une école de pompiers près de Vire (Calvados). Pour cela, ils se sont introduits sur le site, en allant jusqu’à bloquer momentanément les accès. Plusieurs grandes surfaces ont également été la cible d’actions (blocage de parking essentiellement) de producteurs dans la Manche, notamment à Granville, Coutances et Avranches, selon les Jeunes agriculteurs (JA). En Ille-et-Vilaine, quelques dizaines de producteurs de la FDSEA et des JA, ont bloqué pendant plusieurs heures les parkings de deux grandes surfaces à Dol-de-Bretagne et d’une autre en Loire-Atlantique, selon les gendarmes. 

D’autres ont manifesté leur mécontentement devant une coopérative agricole dans l’Orne et devant une laiterie Bel près d’Amboise (Indre-et-Loire). En Haute-Saône, les producteurs de lait ont repeint en blanc une dizaine de camions citernes dans des laiteries industrielles pour attirer l’attention sur la baisse du prix d’achat de leur production. Ce lundi, des producteurs devraient mener des actions ciblées en région parisienne devant les sièges de groupes agroalimentaires, selon la FNPL qui a appelé à d’autres actions. Dans l’Eure, ce lundi soir, les producteurs laitiers ont occupé le pavé devant la préfecture. 

 

Une volonté unilatérale 

Une chose est sûre : les entreprises laitières affichent clairement leur volonté de fixer unilatéralement le prix du lait.             Faut-il s’attendre, dans ces conditions, à un prix de 205 €/1 000 litres ou encore moins ? Tout est malheureusement possible dans cette configuration extrême. 

La dérégulation du marché est en marche et l’on s’achemine vers des pseudo-négociations par entreprise qui risquent de ne pas durer. Le yo-yo des prix s’accompagne du désengagement progressif et constat des autorités européennes en matière de gestion des marchés laitiers. Une “porte ouverte” au seul jeu de l’offre et de la demande qui détermine déjà le prix des denrées agricoles. En abandonnant la maitrise de la production (qui avait fait ses preuves depuis plus de vingt ans), la commission européenne va fragiliser tout un pan de l’activité agricole, à savoir la filière lait dans son entier. Et nul doute que nos territoires ruraux risquent de le payer au prix fort. Il faut simplement espérer que les autorités nationales, en particulier le ministère de l’Agriculture, reprennent la main sur ce dossier pour trouver des solutions équilibrées à cette crise

 

Retrouvez la réaction de Manuel Gavelle,

responsable de la section lait de la FDSEA de l'Eure

dans l'édition papier de l'Eure agricole

du 21 mai 2009

page 3.

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