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Les élus PS du Calvados font de l’agri-bashing

llll Il n’est pas de jour où les grands médias où les réseaux sociaux relaient des attaques continuelles sur l’agriculture.

© CG 14

Cultivateurs ou éleveurs, tous sont attaqués sur leur pratique par ce qu’on appelle de l’agri-bashing… Si ces attaques proviennent le plus souvent d’adversaires qui opposent leurs dogmatismes au pragmatisme agricole, elles deviennent inquiétantes quand elles émanent d’opinions politiques affichées.
C’est pour cette raison que la teneur de la dernière tribune politique du groupe PS au Conseil Départemental du Calvados a fait réagir la FDSEA 14  (Voir : https://www.calvados.fr/accueil/le-departement/linstitution/expression-libre/grille-9-3-main/expression-libre/non-a-lutilisation-du-glyphosate.html ).
Bien entendu, chacun est libre d’avoir des opinions du moment que des solutions constructives soient apportées. Malheureusement, la lecture ne fait apparaitre qu’accusation et attaque en règle pour les utilisateurs du glyphosate.
La FDSEA a donc fait le choix de réagir par cette lettre ouverte, en proposant un rendez-vous de terrain aux élus afin de mieux débattre de ce sujet.


Mesdames, Messieurs les Conseillers Départementaux (groupe PS) du Calvados

C’est avec une profonde stupéfaction que nous avons découvert les teneurs de votre tribune politique paru dans la publication du Conseil Départemental de septembre 2018, qui peut se résumer à « Haro sur le Glyphosate et ses utilisateurs ». Bien entendu, chacun est libre d’avoir ses opinions et convictions sur le sujet, mais nous déplorons que cette position serve de vitrine politique à votre groupe, d’autant que la production agricole ne représente qu’une mince partie des missions d’un Conseil Départemental. Lu par des personnes extérieures aux débats, cela s’apparente à une nouvelle attaque en règle contre les pratiques agricoles de chacun, et concourt à ce climat d’agri-bashing permanent que subissent cultivateurs et éleveurs dans leurs vies quotidiennes, un climat moral proprement intolérable. Mais au delà de cette désapprobation, nous trouvons également que cette expression libre est choquante pour les agriculteurs à plusieurs titres :
Tout d’abord, elle est discriminante car : « notre groupe avait déposé un vœu pour que notre département subordonne progressivement ses aides agricoles à l’abandon par les bénéficiaires de l’utilisation du pesticide ». Quelles sont ces aides ? Ce sont des soutiens aux petits investissements pour contribuer à la qualité des élevages, accompagner les exploitants et leurs salariés dans leur quotidien ou valoriser des circuits courts. Si le département suivait ce vœu, des agriculteurs se verraient donc pénaliser pour des pratiques culturales sans rapport avec leur demande de soutien ? Pour l’utilisation d’un produit toujours autorisé par les services de l’Etat français et parfaitement légal ? Deux mois plus tôt, votre groupe PS déclarait à propos des allocataires du RSA : « un enjeu majeur de solidarité ! ». Mais dans cette logique, vous devriez donc exclure des minimas sociaux les bénéficiaires roulant avec des vieilles voitures Diesel, fortement émettrices de NOx et de microparticules dont la nocivité n’est plus à prouver. Cela n’est bien sur pas envisageable, alors, deux poids, deux mesures ?
Ensuite, elle est insultante car en signifiant que : « La santé des calvadosiens est essentielle pour nous », cela revient à affirmer donc que les utilisateurs du glyphosate dans le Calvados sont des empoisonneurs, qui épandent massivement ce produit. Sans refaire les débat des différentes publications scientifiques sur le sujet concernant les risques en fonction des doses d’exposition au produit, cela revient donc à balayer d’un seul coup et ignorer tous les efforts entrepris par le monde agricole depuis de nombreuses années pour réduire les doses de Produits Phytosanitaires, faire des impasses sur intrants ou promouvoir des pratiques alternatives ? Que la profession et toutes les filières réunies travaillent à un contrat de solutions pour continuer ces efforts ? Est-il enfin besoin de rappeler par ailleurs que le glyphosate étant un herbicide total et qu’il n’est pas appliqué directement sur les cultures alimentaires ?
Enfin, elle est infantilisante pour les agriculteurs. Ces derniers savent que l’utilisation des produits phytosanitaires n’a rien d’anodin et sont formés à l’utilisation des molécules avec parcimonie via leur Certiphyto. Leurs produits sont stockés en local clos et les préparations et traitements sont réalisés avec les équipements de sécurité indispensables (EPI pour eux-mêmes ou dispositifs anti-dispersion). Il est certes louable de s’inquiéter de la santé des agriculteurs, mais faut-il rappeler que le monde agricole vit une crise profonde depuis 2015 et que rien de concret ne fut obtenu pour obtenir un prix décent à la production ? Combien de personnes ont eu la santé gâchée par du stress, des angoisses, des dépressions depuis cette date, avec pour certains des passages à l’acte irrémédiable ? Un environnement  moral qui continue à se dégrader face à l’agri-bashing continuel.
Face aux débats sociétaux amenés par le sujet, nous pensons qu’il est nécessaire d’aborder le débat de manière apaisée avant d’ériger l’agriculture en épouvantail de tous les malheurs du monde ! Nous sommes tout disposés à vous rencontrer sur une exploitation agricole pour échanger nos points de vue sur le sujet, pour qu’au moins, la communication à propos de l’agriculture dépasse le simple cadre de l’attaque en règle. A cet effet, nous sommes prêts à demander un droit de réponse au sein du magazine du Conseil Départemental.
Restant à votre disposition et dans l’attente de vous rencontrer, nous vous prions de recevoir, Madame, Messieurs les Conseillers Départementaux, l’expression de nos salutations les meilleures.

Christophe Macé
Président de la FDSEA du Calvados

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