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Les formations installation : le plein de connaissances avant de s’installer

La mise en place du PPP (plan de Professionnalisation Personnalisé) depuis 2009, permet au jeune d’être acteur de son propre plan de formation.

C’est une opportunité avant l’installation de faire le point sur ses compétences et connaissances acquises au regard de son cursus scolaire, de son expérience professionnelle et de les confronter aux domaines à maitriser pour mener à bien son projet. L’objectif de ces actions de formation est de se doter de nouveaux bagages dans les domaines techniques, de l’entrepreneuriat, de la gestion, et de renforcer certains thèmes de façon personnalisée.Le stage national du parcours à l’installation est dispensé sur 3 journées (21 heures). Il a pour objectif de prendre en compte le contexte complexe et évolutif des installations et d’aborder des notions de pilotage et  de stratégie d’exploitation.Les échanges entre les candidats facilitent les regards croisés sur des projets.

Yves BAILLY Référent du stage Entreprendre son projet agricole (appelé aussi stage 21 heures)

Pouvez-vous préciser ce qu’est le stage 21 h ?

Yves Bailly. C’est le tronc commun pour tous les jeunes effectuant le parcours à l’installation aidé en France. En d’autres termes, c’est le stage où est abordé le cœur de la réflexion sur le projet.

A quoi sert ce stage pour le jeune installé ?

L’installation doit être mûrement réfléchie car elle engage le jeune porteur de projet sur une longue durée, parfois toute sa carrière professionnelle. Les engagements sont de différents ordres, techniques, économiques, humains, et concernent de nombreux interlocuteurs, à commencer par le cédant et les éventuels futurs associés. De plus, le contexte agricole évolue très vite : volatilité des prix, évolution de la société en matière de consommation et d’environnement, manque de visibilité à moyen terme… Pour faire face à tous ces enjeux, les compétences de l’agriculteur doivent être multiples. Il doit-être capable de prendre du recul. Savoir se poser les bonnes questions devient essentiel pour anticiper, s’adapter, innover et mener à bien son projet. Les jeunes sont très sensibilisés à la dimension technique, mais ils ont parfois tendance à oublier le reste, d’où la volonté de l’Etat et de la profession de faire que tous les porteurs de projets passent par cette formation 21h.

En quelques mots : quel est le contenu de la formation ?

La formation se structure autour de quatre grands axes : 1- Savoir prendre en compte ses motivations et ses objectifs personnels 2- Replacer le projet dans son environnement avec ses menaces et ses opportunités 3- Analyser son projet, ses forces et ses faiblesses4- Définir les critères et les repères pour piloter son exploitation.

Comment se déroule la formation ?

La formation alterne entre apports théoriques et travail sur les projets des jeunes. Pour rendre concrets les différents enjeux liés à l’installation, il a été décidé de faire témoigner un jeune agriculteur. Il fait part aux stagiaires de son vécu durant son parcours installation et durant ses premières années d’installation. Durant la formation nous mettons l’accent sur l’échange entre les stagiaires. Les participants apprennent de l’expérience des autres. C’est d’ailleurs ce dernier volet que plébiscitent les jeunes en fin de formation, au moment du bilan.


Quels sont les messages importants ?

Le métier d’agriculteur est de plus en plus exigeant. Les marges de manœuvre sont de plus en plus réduites. Chaque jeune qui s’installe aura obligatoirement des moments de doute ou d’incertitude. Pour résister dans ces moments difficiles, je leur donne trois conseils :

1- Etre passionné, et motivé : selon le vieil adage “On ne fait bien que ce que l’on aime”

2- S’ouvrir, prendre de hauteur et donc se former, s’informer, savoir s’entourer, s’appuyer sur la dynamique de groupe et apprendre avec les autres ; passer du temps au bureau pour piloter son entreprise, négocier... Tout cela pour éviter de foncer “la tête dans le guidon”3- Trouver son propre équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Et surtout je leur  conseille de ne pas perdre “leur bon sens paysan” !
Le parcours aidé au-delà de l’aspect formation et accompagnement par des référents de la création et reprise d’entreprises, c’est aussi une appréciation et une plus-value pour les partenaires.

Annie LEBOISSELIER Chargé Développement du Marché Agriculture au Crédit Agricole Normandie

Quels sont les intérêts des stagiaires à opter pour l’accompagnement du Plan de Professionnalisation Personnalisé ?

Annie LEBOISSELIER. La formation est essentielle pour de futurs chefs d'entreprise. Le métier d'agriculteur requiert différentes compétences (techniques, de gestion, de stratégie d'entreprise, de plus en plus souvent de management,...).Les jeunes doivent prendre le temps de se former, que ce soit dans le parcours scolaire mais également pendant et après la phase d'installation au travers des différentes formations thématiques que peuvent proposer les Centres de Formations, les Chambres d’agriculture et les autres OPA…C'est aussi pour eux un moment d'échanges de bonnes et mauvaises pratiques avec des collègues et de prise de recul sur leur quotidien. La formation n'est jamais du temps de perdu, elle est indispensable tout au long d’une carrière.

Comment appréhendez-vous d'un point de vue banque un dossier "avec les aides" ?

Pour la banque, différents éléments sont appréciés tels que :

- Le futur agriculteur : sa formation, son expérience, sa motivation, la maitrise de son projet, sa situation matrimoniale, l'entente entre les associés...

- La faisabilité économique du projet, le futur agriculteur doit pouvoir dégager un revenu de son activité: les moyens de production, le plan de financement, le prévisionnel de trésorerie, la marge de sécurité ...

- La "vivabilité": il faut être vigilant sur la main-d'œuvre présente sur l'exploitation, elle doit être en adéquation avec les outils de production ou bien faire appel à de l’aide extérieure (CUMA avec chauffeurs, ETA, services de remplacement, ...); la charge de travail est un des éléments les plus importants à bien estimer dès le départ d’un projet

- La qualité de l'outil repris

- La sécurisation du projet: lors de la survenance d'un aléas, quelle que soit sa nature (humain, économique, climatique, sanitaire, ...), de quelles solutions dispose l’agriculteur pour en atténuer les conséquences ?


Au travers de vos propos, je constate que les thèmes que vous venez de citer sont traités lors du 21 heures et d’un  stage complémentaire “gestion des risques” ?

En effet, pour nous, ils sont essentiels, ainsi le Crédit Agricole a développé Agrimanager, un jeu virtuel accessible à tous sur internet, permettant de se mettre en situation de chef d'entreprise qui développe son exploitation. Le joueur pourra constater les incidences de ses décisions de gestion au terme de 5 années, lesquelles sont évidemment tout sauf un long fleuve tranquille (aléas climatiques, de marché…) .

Quels conseils un banquier fait sur les compétences nécessaires à un chef d'entreprise avant de s’installer ?

Il ne faut pas s'installer trop précocement, mais avoir la formation nécessaire et acquérir de l'expérience professionnelle. L’installation est un véritable projet de vie qu'il faut mûrir, réfléchir et préparer. Dans cette optique d'anticipation de l'installation, le Crédit Agricole et les Jeunes Agriculteurs ont développé le Livret Projet Agri, (un support d'épargne disponible). La gestion de la trésorerie est également primordiale: anticiper les flux de trésorerie avec l'utilisation d'outils de pilotage, constituer une "épargne de précaution", adapter les besoins de financement. Il faut aussi penser à la sécurisation de son entreprise; tout faire pour favoriser l'épargne de précaution même si c'est compliqué surtout quand on démarre dans la vie professionnelle. La sécurisation, c'est aussi prévoir la protection des biens et des personnes, ce sont bien les agriculteurs eux-mêmes le principal « capital » des exploitations agricoles. Il est aussi important d’avoir des objectifs, une stratégie pour son entreprise et de savoir anticiper. Notre objectif est d’accompagner vers la réussite les porteurs de projet, en l’aidant à passer toutes les tempêtes qu’ils rencontreront, ce pourquoi notre rôle de les aider à les anticiper.

Vous avez un projet d’installation : contactez vos conseillers pour faire avancer votre réflexion à l’installation avec le parcours aidé  !

Manche : 02.33.06.47.33

Orne : 02.33.31.49.05

Calvados : 02.31.70.25.25

Eure :02.32.28-73-85

Seine-Maritime :02.35.59.47.47.

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