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Les grandes cultures :un lien à l’élevage

La FDSEA14 ouvre sa section céréales au débat et au public. Le 11 février prochain, céréaliers et collecteurs évoqueront les perspectives des marchés et le plan protéines. Parmi les invités : des représentants de France Export Céréales, du groupe Avril, de la Coopérative de Creully, de D2N, de Lepicard et d’Agrial. Explications de Bertin George, président de la section grandes cultures.

© VM

L’actualité agricole est marquée par la crise de l’élevage. Quelles revendications communes peuvent porter les céréaliers et les éleveurs ?
Il nous faut des demandes et des revendications précises. Nous avons un intérêt commun quand les filières animales défendent leurs marges. Toutes les exploitations subissent également une concurrence déloyale. C’est valable pour l’élevage comme les grandes cultures. Nous n’avons pas les mêmes charges sociales ou environnementales que nos voisins européens. Comme les productions animales, nous sommes sur un marché mondialisé. Environ 70 à 80 % des céréales du Calvados sont exportés.

>> Quelles actions mène la Fédération des Producteurs d’Oléoprotéagineux (FOP) ?
La FOP soutient les producteurs au plan local, national et européen. Parmi ses actions syndicales les plus récentes, soulignons l’aide couplée au soja, la prise en compte des légumineuses dans les SIE ou encore la mise en place d’un plan protéine et la promotion du biodiesel.

>> La présentation du groupe Avril (Sofiprotéol) est au programme de votre réunion. L’entreprise ne semble pas jouir d’une image positive. Comprenez-vous ce désamour ?
Je ne sais pas si on peut parler de désamour. Avril est un bon exemple de réussite. Des agriculteurs en sont à l’origine. Cette filière s’est construite parce que des agriculteurs ont fait le choix d’unir leurs forces et de mutualiser des ressources pour assurer les débouchés de leurs graines. Devons-nous avoir honte d’avoir construit des filières performantes ? Devons-nous avoir honte de notre réussite et de notre dynamisme ? Non.

>> Dans les campagnes, les producteurs, et notamment les éleveurs, peuvent paraître coupés de cette réussite ?
Les agriculteurs français ont pourtant des intérêts à défendre cette réussite. L’élevage français est, en Europe, de loin le moins dépendant du tourteau de soja d’Amérique du Sud. L’indépendance française en protéines végétales est actuellement assurée à 50 % alors que l’Europe est dépendante à 67 %. Un autre exemple avec l’huile végétale : auparavant importée à près de 80 %, elle est désormais produite à près de 80 % en France. Il y a donc un chantier à poursuivre pour la protéine française. Si nous voulons continuer à produire nos oléagineux, sources de protéines végétales pour l’alimentation animale et humaine, il faut également se concentrer sur le développement des protéagineux. Lors d’une table ronde avec les principaux collecteurs de la région, nous aborderons donc la question

>> Jean-Pierre Langlois Berthelot, président de France Export Cérales,  interviendra également. Quelles questions avez-vous à lui poser ?
Comme de nombreux agriculteurs, je m’intéresse à trois points essentiels. Quelles sont aujourd’hui les destinations de nos céréales ? Les caractéristiques de nos grains peuvent-elles nous freiner à l’export ? De quels leviers disposons-nous pour lever ces obstacles ?

>> Vous parlez de freins. Mais les exportations de céréales françaises de la campagne 2014-2015 ont atteint plus de 35 Mt, soit 7,2 Mrds €. C’est une progression de 15 %. Les voyants ne sont-ils pas au vert ?
Ce bilan ne doit pas faire illusion. La décote importante par rapport au prix du blé meunier et l’évolution favorable de la parité euro-dollar ont permis d’exporter du blé fourrager en Asie. En Algérie et au Maroc, nous avons perdu des parts de marché. Certaines années, la qualité du blé français est parfois «limite» sur de nombreux critères : protéines, poids spécifique.

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