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Chaudière bois
Les haies réchauffent le porte-monnaie

A Cisai-Saint-Aubin, Bruno Caillebaud chauffe sa maison au bois depuis 3 ans. L’énergie des haies a supplanté les 3 000 litres de fioul annuels.

"Avec 100 mètres de haie, je chauffe toute l’année. Entre mes haies et les bois qu’on me donne, j’ai largement de quoi faire”, explique Bruno Caillebaud, inséminateur de profession. Ce dernier a choisi le bois. Mais sa chaudière est un concentré de technologie qui casse l’image arriérée du chauffage au bois. “Sur cet écran, je contrôle tout : eau de la chaudière à 72C°, les zones 1 et 2 avec plages horaires et températures différentes”.

Un achat groupé
Sur l’ancienne ferme du grand-père, son épouse exploite désormais 27 hectares et fabrique des fromages de chèvre. Le corps de ferme est mal isolé. L’ancienne chaudière fioul ne fournissait pas. “Nous consommions plus de 3000 litres par an”. Le couple a donc saisi l’opportunité d’un groupement d’achat. “Nous n’avions pas programmé de changer, mais deux voisins nous en ont parlé. On a profité de l’occasion de bénéficier d’une réduction de 20 %. Et je ne regrette pas : les remises sont désormais moindres”. La chaudière lui a coûté 14 000 € et l’installation 6 000 € (ballon d’eau chaude inclus). Le matériel bénéficie d’un crédit d’impôt de 50 %. Bruno Caillebaud programme de rentabiliser cette addition sur 10 ans maximum.

Reste à comptabiliser ou non le temps passé pour alimenter l’installation. “Le bois ne coûte rien, car l’agriculteur a besoin d’entretenir les haies. Sur notre commune, nous n’avons pas le droit de les arracher. Ce travail  demande moins d’efforts que le bois bûche”. Bruno Caillebaud compte néanmoins deux heures de déchiquetage par an à 200 euros de l’heure.  Soit 15 centimes équivalent litre de fioul. Ses voisins et lui travaillent avec la Cuma Innov 61. Si le chantier est parfaitement organisé, la déchiqueteuse broie jusqu’à 45 m3/h avec deux personnes. “Nous programmons également deux jours à deux pour préparer le chantier. Il s’agit d’un travail assez facile car mécanisé”.

Une aire bétonnée pour limiter les pertes
Côté stockage : une aire bétonnée, des bottes de paille et des tôles font l’affaire. “Ce bâtiment de fortune est ouvert sur trois côtés. Il permet un bon séchage des copeaux. Le béton se révèle non négligeable. Il évite les pertes et de racler l’herbe, les graviers ou la terre”.
Son silo à la chaudière présente une capacité de stockage d’environ 16 m3. “Je le remplis trois fois par an. Tout au tracteur, je ne me salis pas les mains !”

Plus de 140 chaudières bois en Basse-Normandie

“Le taux de croissance d’équipement en chaudières bois suit la courbe du pétrole. En ce moment, nous avons peu de demandes, sauf les gros consommateurs”, explique Laurent Nevoux, spécialiste des haies et des chaudières bois à la Chambre d’agriculture de l’Orne. La Basse-Normandie compte aujourd’hui plus de 250 foyers équipés contre une dizaine en 2003. “A 60 cts le litre de fioul et avec une consommation de 2500 à 3000 litres par an, l’achat d’une chaudière bois est déjà rentable”. Les progrès techniques ont favorisé cet essor. “Le grappin a tout changé, car même les plus convaincus en avaient marre d’introduire les bois à la main dans les déchiqueteuses”.  La ressource demeure sous utilisée. “En moyenne, on produit 50 à 60 m3 de copeaux sur 200 à 300 m de haie. Avec un taux de renouvellement de 15 ans, il faut compter 3 à 4 km de haie pour être autobome. En moyenne dans l’Orne, une exploitation de 100 hectares dipose de 8 à 10 km de haie”. De quoi alimenter les filières locales en plus de sa consommation personnelle.

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