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Nature capitale
Les jeunes agriculteurs gagnent leur Paris

Pendant deux jours, “Nature Capitale” a réuni 1,8 millions de personnes sur les Champs-Elysées. 85 jeunes agriculteurs de Normandie ont participé à l’organisation de ces deux jours de fête.

Pendant deux jours, les 23 et 24 mai, la campagne a débarqué sur les Champs Elysées. Sur trois hectares, a été déployé un échantillon représentatif de toutes les productions françaises pour sensibiliser l’opinion sur le rôle stratégique de l’agriculture française et la nécessité de le pérenniser.

Un rappel de la grande moisson
Vingt après “La Grande Moisson”, les Jeunes Agriculteurs ont marqué l’opinion une nouvelle fois. Les Parisies ont répondu au rendez-vous sur les Champs Elysées, les 23 et 24 mai. L’évènement baptisé « Nature Capitale » a été imaginé par le créateur d’art de rue Gad Weil en partenariat avec les Jeunes Agriculteurs et France Bois Forêt.
Du Rond Point des Champs Elysées jusqu’à l’Etoile, un plateau végétal et animal de trois hectares était déployé. Il représente la diversité des productions agricoles et forestières de la France, qu’il s’agisse de grandes cultures, de prairies, de légumes, d’arbres fruitiers, d’essences forestières mais aussi des plantes tropicales. L’élevage était également présent avec un échantillon des différentes races animales qu’elles soient bovines, porcines, ovines ou équines... et l’organisation d’une transhumance ovine, voire des défilés de  mode en vêtements de lin organisé par les Jeunes Agriculteurs de Normandie…

Un vrai succés populaire
Sur les pavés, les plantes... L’agriculture a réussi une petite révolution à Paris. Dimanche et lundi, les Parisiens ont fait preuve de patience pour découvrir les variétés culturales. Dés 14 heures, les allés ont rapidement saturé.
Pendant deux jours 800 jeunes agriculteurs se sont mobilisés pour faire vivre cet évènement à travers les marchés de terroirs et les animations pédagogiques axées sur les thèmes de l’alimentation, des territoires et de la biodiversité. Ils étaient également à la lisière de chaque parcelle pour répondre aux questions des médias et des visiteurs. Et aussi entretenir et renouer le dialogue  des agriculteurs avec la société parfois malmené. Sébastien Debieu, installé au Mesnil-Patry (14), a échangé avec le public autour des plants de lin. L’exploitant se montrait convaincu par l’opération. “On constate un gros défaut de communication sur nos pratiques. Ils apprennent que nous raisonnons la pulvérisation de nos produits jusqu’à 10 grammes à l’hectare. Je leur explique aussi qu’avec le manque d’humidité actuel, les malaadies ne montent pas, donc on ne traite pas !” Jean-René Couturier, installé à Saint-Ouen-sur-Iton (61), partage la satisfaction de son confrère du Calvados. “J’ai senti une vraie attente des Parisiens. Ils nous demandent déjà si on revient l’année prochaine. A mon niveau, le bilan est totalement positif. Cette manifestation contribue à désindustrialiser l’image de l’agriculture”, insiste l’Ornais. (Réactions de jeunes agriculteurs de Normandie, à lire en page 2).

Message politique
Bien entendu, cet évènement a une vocation grand public pour sensibiliser l’opinion et les responsables politiques sur l’intérêt pour la France et de l’Europe de maintenir et promouvoir une agriculture performante et dynamique. D’abord parce que l’agriculture a une vocation nourricière en quantité et en qualité. Ce qui nécessite la présence d’agriculteurs  nombreux qui puissent vivre de leur métier. Des agriculteurs qui participent, sans le dire, à l’entretien du territoire. Quand on sait que 24 m2 de terres agricoles disparaissent en France… chaque seconde.  Et qu’ils sont aussi des artisans du maintien de la biodiversité et de la beauté de nos paysages par des pratiques culturales raisonnées. “Nous voulons nous adresser aux citoyens et aux consommateurs pour leur faire prendre conscience que grâce au choix que nous ferons ensemble il sera possible de conserver une alimentation de qualité, un environnement préservé et un vrai dynamisme de territoires" résume William Villeneuve, le président des JA. Un message et un calendrier qui ne sont pas innocents pour être entendus par les politiques au moment où la loi de modernisation agricole est discutée au Parlement et que les grandes manœuvres sont engagées à Bruxelles sur la future politique agricole commune pour l’après 2013. Reste à savoir si le message a été entendu par Nicolas Sarkozy. Le président a rencontré les agriculteurs sur les Champs-Elysées, en fin de matinée.

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