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Les lourdeurs poussées sous les yeux du nouveau préfet

Le nouveau préfet du Calvados a assisté à sa première session de la Chambre d'agriculture du département, vendredi 19 juin. On lui a parlé, poulet, souveraineté alimentaire, loi d'urgence et eau.

â Les élus de la Chambre d'agriculture du Calvados ont visité, vendredi 19 juin, la Société Caennaise de distribution (Socadis) à Plumetot, au nord de Caen. La Socadis appartient au groupe industriel français LDC - dont le siège social est basé à Sablé-sur-Sarthe. L'abattoir gère environ trois millions de poulets Label rouge de Normandie et 195 000 poulets certifiés par an, soit une cadence de 70 000 volailles par semaine en moyenne. Le chiffre d'affaires s'élève entre 24 et 27 M€ selon les années.

"La visite est très intéressante. Elle traduit les enjeux sur le long terme", déclare le préfet.

Une visite qui tombait à point nommé, en pleine période de restitution des travaux sur les conférences de la souveraineté alimentaire. "Il y a une vraie volonté de contribuer à cette dynamique, mais toujours avec cette difficulté qu'on aille bien tous dans le même sens, résume Jean-Yves Heurtin, président de la Chambre d'agriculture du Calvados. La question n'est pas de remettre en cause un certain nombre de cadres, mais d'être des facilitateurs pour que les délais soient compressés et arrêter de décourager les porteurs de projet."

"C'était passionnant de visiter cet abattoir de poulet. À la dernière assemblée du GDS, la section avicole a été créée. Preuve étant que ce n'est pas une filière marginale dans le Calvados. C'était une affaire de cohérence", commente à son tour Bruno François, conseiller départemental.

Encourager les filières

Si l'exemple de la filière avicole a été choisi, c'est pour montrer au nouveau préfet du Calvados, David Clavière, présent à sa première session de Chambre locale, les difficultés rencontrées pour monter des projets sur le territoire français, la confrontation à une réglementation toujours plus lourde et les enjeux forts autour de la RSE. "Quand je vois les délais, je me pose la question de la lourdeur", déplore Jean-Yves Heurtin. La France a un taux de dépendance de 49 % concernant l'importation de poulet et de 11 % pour les œufs. En 2024, la Normandie produisait 5 % de la production nationale de poulet contre 4 % pour les œufs. L'objectif émis à l'issue des conférences de la souveraineté alimentaire serait de grimper à 9 % en poulet, soit 6 300 tec/an, et 24 % en œuf, soit 5 160 teoc/an, pour la Normandie.

Le président demande "la simplification et un réel besoin de transparence si l'on veut être compétitif. [...] Il faut que les recours abusifs, à un moment ou à un autre, soient pénalisables. Ce n'est pas le tout de faire traîner les projets pendant X années. Si, en plus, c'est pour qu'ils aboutissent ensuite, la question de la légitimité de ces recours se pose."

Rien sans eau

La question de l'eau est aussi revenue sur le tapis, avec l'émission des nouveaux Schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). "Comment avoir une représentation objective lorsque les producteurs ne représentent que 4 % au sein des conseils ? s'exclame Jean-Yves Heurtin. Il y a un réel déséquilibre des gouvernances, qui devraient pourtant se construire dans la proportionnalité. Le Sdage doit rester un document d'orientation, pas un document prescriptif.Une motion a été votée durant la session, demandant "la mise en place d'une politique de gestion quantitative de l'eau fondée sur une approche globale et équilibrée intégrant à la fois les enjeux écologiques, agricoles, économiques et climatiques", en concertation et en envisageant un travail sur les surplus d'eau hivernaux.

"Le Sdage doit rester un document d'orientation, pas un document prescriptif."

"Il faut passer à une gestion collective de l'eau. C'est simple dans le concept, mais beaucoup plus difficile à mettre en œuvre. Je me penche actuellement sur le Projet de territoire pour la gestion de l'eau (PTGE). Tout n'est pas compris sur le fond. Mais une chose est sûre, il faut raisonner les usages. La ressource, on ne va pas l'inventer. [...] Je serai à vos côtés pour supporter un certain nombre de mesures. Il y a un chemin à avoir tous ensemble", achève David Clavière.

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