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Covid-19
Les lycées agricoles face au défi de l'enseignement à distance

La fermeture des établissements scolaires pour une durée indéterminée a été l'une des premières mesures phares prises par Emmanuel Macron pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Point de situation avec les établissements agricoles normands, qui ont dû s'adapter et trouver des solutions pour que leurs élèves puissent continuer de suivre leur formation.

Le lycée agricole Giel Don Bosco, comme tous les lycées de France, a fermé ses portes lundi 16 mars 2020.
© Giel Don Bosco

Depuis lundi 16 mars 2020, tous les établissements scolaires de France ont fermé leurs portes. Parmi eux, les lycées agricoles. En Normandie, tous s'activent depuis vendredi 13 mars 2020 pour permettre aux apprentis de continuer leur formation à distance. « L'annonce de la fermeture des établissements scolaires faite par Emmanuel Macron, jeudi 13 mars 2020, était inattendue. Nous n'y étions pas préparés. Dès le lendemain, nous avons interrompu les programmes scolaires et nous avons pris la journée pour expliquer aux élèves comment fonctionne l'Espace numérique de travail (ENT), qui allait être notre outil de travail et de communication pendant une durée indéterminée », explique Laurence Macé, directrice de La Salle Montebourg (50). Chaque jour, les enseignants mettent des exercices et des cours théoriques sur l'ENT. Les étudiants ont des devoirs à rendre dans des délais impartis. « Le ministère de l'Agriculture nous a mis des supports en ligne à disposition tels que des tutoriels pour remplacer les cours de zootechnie ou de machinisme agricole. Mais ça ne remplace pas la pratique véritable », avoue Sébastien Lérondel, directeur du lycée agricole Giel Don Bosco (61).

Faire face aux difficultés

L'ensemble des équipes pédagogiques font au mieux pour que les élèves continuent à suivre le programme dans les meilleures conditions, mais des problèmes persistent. « Certains n'arrivent pas à se connecter sur l'ENT, d'autres sont confinés en zones blanches et n'ont pas accès à Internet », confie la permanence du lycée agricole du Robillard (14). Dans certains établissements, comme à Coutances (50), le lycée prête des ordinateurs portables dans la mesure du possible pour que les élèves puissent suivre les cours à distance. Frédérique Desfontaines, responsable de la communication des MFR de Normandie, explique même avoir recours à La Poste pour communiquer avec les élèves. « Le courrier est toujours distribué pour l'instant et c'est parfois le seul moyen d'envoyer les cours et les devoirs à ceux qui n'ont pas de smartphones où qui sont situés en zone blanche. Ce n'est pas l'idéal car il n'y a pas d'échanges directs. Mais je tiens à féliciter les élèves qui, pour la plus grande majorité, jouent le jeu et envoient les devoirs en temps et en heure. »

« On préfèrerait être en cours »

Fabien Leconte est élève en deuxième année de BTS Acse au lycée agricole de Sées (61). La situation est inédite pour lui comme pour plusieurs centaines de milliers d'élèves en France. « Nous avons des travaux de groupe à faire. Mais on n'avance pas pareil quand on est à distance. C'est pas facile non plus de travailler seul face à son ordinateur et de s'auto-discipliner. On préfèrerait être en cours.» Surtout que les distractions sont nombreuses pour ce passionné d'agriculture, confiné chez ses parents dans l'Orne. « Les beaux jours reviennent, il y a beaucoup de travail à faire sur la ferme. Je suis souvent tenté d'aller donner un coup de main, mais la priorité reste les cours. Surtout que les épreuves du BTS arrivent à grands pas.» Un sujet qui inquiète d'ailleurs Fabien Leconte : « on ne sait pas comment cela va se passer. Normalement à cette période-là, on est en plein dans les CCF (Contrôles continus de formation). On risque de devoir passer toutes les épreuves dans une durée beaucoup plus restreinte. C'est assez stressant.»

Quid des alternants ?
Parmi les élèves des établissements agricoles normands, une partie d'entre eux sont en alternance ou en apprentissage. « Dans ces cas-là, c'est au bon vouloir du patron. Soit il décide de faire travailler l'apprenti, soit il lui demande de rester chez lui. En revanche, tous les stages sont annulés et reportés. Ils se dérouleront soit pendant la période estivale, soit à la rentrée scolaire en septembre 2020 », détaille Frédérique Desfontaines. Tout comme les salariés, les apprentis toucheront normalement l'intégralité de leur salaire, même en cas de chômage partiel.
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