Les maires de la Manche renoncent à des chantiers
Le 73e congrès des maires de la Manche à Saint-Sauveur-Lendelin s'est tenu vendredi 16 octobre en présence d'une ministre. Catherine Vautrin, ministre de la Défense, a fait un passage après être passée par Cherbourg. Les baisses des moyens financiers des communes ont été très évoquées.
Dans les allées du congrès des maires le 16 octobre dernier, certains venaient pour la première fois, ayant été élus mars dernier. C'est le cas de 40 % des maires des 445 communes de la Manche. " On y vient rencontrer des entreprises avec lesquelles la commune travaille, on peut avoir des numéros de ligne directe. Ce qui, dans la gestion quotidienne, peut nous aider ", confie Jean-Hugues Lorault, maire du Grippon. Sa voisine, Laëtitia Vautier, maire de Sartilly, est dans le même état d'esprit. " Ce sont des lieux où l'on peut rencontrer différents prestataires comme partenaires, qui peuvent nous proposer des innovations ", souligne-t-elle. Face aux élus, certaines structures font également leur premier pas. C'est le cas de la Fédération de la chasse. " On pense avoir notre place au sein d'un tel salon ", note Fabienne Fleury, responsable administrative, en tenant le flyer créé pour l'événement, et présentant tous les domaines d'intervention. " On parle des territoires de chasse mais aussi de biodiversité, de faune sauvage, ou encore de haies. On travaille avec des communes. Et c'est important de nous faire connaître auprès des nouveaux élus " qui, en passant, pouvaient déguster du sanglier ou du chevreuil.
Chasseurs et agriculteurs présents
La Chambre d'agriculture de la Manche faisait aussi partie des exposants. " Pour la première fois, nous étions aux côtés de la CCI et de la Chambre des métiers sous l'égide de Manche Développement ", indique l'élue agricole Nadège Mahé qui a pu prendre le pouls du terrain, échanger sur les problématiques agricoles des territoires ou encore faire valoir le dispositif Terralto. "Grâce à Terralto, la Chambre d'agriculture peut réaliser des diagnostics agricoles dans le cadre des PLUI, accompagner les gestionnaires de cantines pour leurs appels d'offres, pour les circuits courts, pour la construction de filière bois, pour l'éveil à l'agriculture destiné aux écoliers", souligne l'élue. "On a eu beaucoup de questions auxquelles on apportera des réponses. Et chaque groupe d'élus des différentes antennes va rencontrer les présidents des intercommunalités pour bien comprendre les sujets de chaque territoire", ajoute-t-elle.
"On veut bien croire en la parole publique mais il faut qu'elle soit crédible"
Si ce congrès a été marqué par des ateliers et tables rondes, il a permis à la Fédération régionale des travaux publics de Normandie de récompenser des communes pour les travaux. C'est le cas de l'entrée de bourg au Teilleul, la station d'épuration à Saint-Quentin-sur-le-Homme, l'aire de jeux à Barneville-Carteret, ou encore les travaux de voirie à Valognes, notamment la rue du Petit Versailles qui longe le parc de l'hôtel de Beaumont. Tous ces travaux permettent aux entreprises de décrocher des marchés. Mais les budgets des communes sont mis à mal, notamment par la baisse des dotations de l'Etat. Charly Varin tire la sonnette d'alarme parce que "nous avons moins de recettes, plus de charges. Les élus ne sont pas contre les économies. Nous devons parfois renoncer à des projets ou des actions", dit-il. C'est ainsi que la rénovation d'une école est retardée, un réseau de chaleur bois reporté ou pire un chantier annulé. "Ce sont des besoins auxquels on ne répond pas et des commandes qui disparaissent pour nos entreprises locales", déplore-t-il. "Nous sommes prêts à prendre notre part d'un effort juste. On veut bien croire en la parole publique mais il faut qu'elle soit crédible", affirme-t-il devant le préfet, Marc Chappuis et l'ensemble des parlementaires. Si les inquiétudes demeurent, le maire de la commune accueillante, Pascal Beuve, prône sa recette c'est-à-dire "de l'optimisme et de l'audace " dans la conduite du mandat.