Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Elevage
Les points clés de l’installation électrique

Les bâtiments d’élevage intègrent aujourd’hui de nombreux équipements électriques...

Ces matériels et réseaux qui les alimentent, s’ils ne sont pas bien conçus et en bon état, peuvent présenter des risques pour les personnes, les animaux ou les biens. Dans les élevages laitiers, le bloc traite comporte des locaux où les équipements électriques sont nombreux (machine à traire, tank à lait, …) et les animaux particulièrement exposés durant la traite.

- La réglementation

La norme NFC 15-100 régit l'ensemble des recommandations concernant les installations électriques depuis la conception jusqu'à l'installation et la maintenance. Elle s'applique dans tous les cas indifféremment de la présence, à proximité des bâtiments d'élevage, de ligne de distribution haute tension.


- La distribution du courant

Les installations électriques sont connectées au réseau de distribution en aval d'un transformateur basse tension et ainsi alimentées en 400 volts triphasés. Sous le compteur d'énergie et le disjoncteur différentiel de tête, le tableau de répartition assure la séparation des différents circuits de l'exploitation (bloc traite, atelier, divers bâtiments,…..). Au niveau du bloc traite, un tableau divisionnaire permet d'alimenter et de protéger chacun des équipements (tank, ballon d'eau chaude, pompe à vide,…). L'identification des circuits et la présence d'un schéma à jour de l'installation sont obligatoires et constituent des aides précieuses en cas d'intervention (dépannage, contrôle). Le dimensionnement de la section des conducteurs et des câbles joue un rôle important dans le bon fonctionnement des différentes protections et dans la distribution de l'énergie. D'autre part les câbles doivent être solidement fixés et protégés contre les chocs mécaniques par des goulottes ou des chemins de câbles.

- Les circuits électriques

Le bloc traite étant un local humide, il est recommandé d'utiliser du matériel possédant un indice de protection (IP) minimum de 45 (4 pour les éléments solides et 5 pour les éléments liquides). De plus, une protection contre les impacts mécaniques (IK07) est requise.Le mauvais état des armoires électriques peut provoquer des courts circuits ou des défauts d'isolement susceptibles de déclencher des incendies où d'être préjudiciables à la sécurité des personnes. Les coffrets et l'ensemble des câbles et conducteurs doivent être en bon état.Les fusibles et les disjoncteurs thermiques des moteurs électriques doivent être adaptés au matériel monté.

- Les dispositifs différentiels

Le différentiel interrompt la circulation de courants de défaut lorsque ceux-ci atteignent des valeurs qui ne sont plus compatibles avec la sécurité, compte tenu de la valeur de la terre.Tous les équipements fixes se trouvant dans un local humide (salle de traite et laiterie) doivent être protégés par un différentiel 30 milliampères.

- Les liaisons équipotentielles

Une liaison équipotentielle consiste à relier ensemble des éléments métalliques conducteurs accessibles afin qu'il n'existe aucune différence de potentiel entre eux.Le fait de relier toutes les parties métalliques entre elles et de les diriger vers une terre unique doit limiter les problèmes d'origine électrique. Les logettes, cornadis, barres au garrot, abreuvoirs ainsi que le treillis métalliques des bétons sont concernés et doivent être reliés à la terre.Les courants de défaut doivent s'écouler facilement à la terre. La mesure de continuité vérifie la faible résistance du circuit de masse pour assurer une protection efficace. Celle-ci est satisfaisante lorsque la résistance entre deux points ne dépasse pas 2 ohms pour la sécurité des personnes et 0,2 ohm pour les vaches laitières (source RTE).

- La prise de terre

Une prise de terre correcte permet un bon écoulement des courants de défaut. La valeur de sa résistance est donc primordiale dans la chaîne de sécurité. La norme NFC 15-100 indique que la prise de terre pour les humains doit être inférieure à 50 ohms (en milieu humide).Pour les vaches laitières on préconise une valeur de la résistance de la prise de terre inférieure à 10 ohms (tolérance maxi 20 ohms) car les vaches sont plus sensibles .Couplée à un interrupteur différentiel de 30 mA la mise à la terre permet de limiter les tensions de contact et écarte donc tout danger pour les usagers et les animaux.Une boucle avec un câble en cuivre (48 mm² de section conseillé) disposée à fond de fouille en ceinturant le périmètre des bâtiments est obligatoire (arrête du 4 août 1992).Tous les éléments métalliques présents dans le bâtiment(cornadis,logettes…..) doivent être reliés à cette boucle.

- La clôture électrique

Celle-ci génère des hautes tensions (entre 10 000 et 15 000 volts) et provoque un puissant champ électrique dans un rayon proche.Il y a nécessité de les utiliser avec du câble électrique haute tension pourvu d'un isolant.Son éloignement des animaux (en stabulation) et de la prise de terre générale est impératif pour éviter les remontées de courant dans les installations. Bien sûr le fil de clôture ne doit pas traverser la stabulation pour aller vers les parcelles ce qui nécessite d'installer le poste du côté de celles-ci et surtout pas dans la laiterie ou à sa proximité. Le piquet de terre de la clôture électrique doit se trouver à plus de 10 mètres (source RTE) de tout autre prise de terre (25 m minimum conseillé).Au niveau de l'exploitation agricole de plus en plus de systèmes électriques, électroniques et informatiques doivent cohabiter.De plus, les clôtures électriques, le réseau de distribution électrique, les relais de radio télécommunications sont autant de systèmes qui induisent des signaux avec plus ou moins d'énergie.Ainsi la conception de l'installation électrique et des liaisons équipotentielles doit éviter la génération de courants parasites nuisibles aux personnes et aux animaux.Une vérification périodique de l'installation et des équipements est souhaitable afin d'assurer dans la durée la protection des personnes, des animaux et des biens.Ainsi, la mesure de l'efficacité des dispositifs différentiels, de la résistance de la prise de terre et de la continuité des circuits de protection doit être réalisée régulièrement.Si cette mise en conformité des installations électriques est indispensable pour se prémunir des courants parasites, il est évident que la résolution de problèmes sanitaires dans un élevage nécessite la mise en œuvre d'une méthode globale avec analyse de l'état sanitaire du troupeau et expertise des performances zootechniques en relation avec les organismes de développement.


Le diagnostic protection électrique du bloc traite

Il concerne les différents locaux de l’élevage laitier en lien avec la traite (salle de traite, parc d’attente, local de stockage du lait, local des machines). Il a pour objet de vérifier la protection électrique des équipements et masses métalliques présents (alimentation électrique, protection différentielle, liaison équipotentielle, qualité de la prise de terre) afin de contribuer à un bon déroulement de la traite et prévenir les risques pour les personnes et les animaux, les matériels et les bâtiments.Un bilan des diagnostics effectués en Basse-Normandie en 2011 révèle que sur 93 installations vérifiées, 95 % avaient un défaut de liaison équipotentielle.Quant aux valeurs de terre, 30 % étaient supérieures à 18 ohms (maximum conseillé pour les vaches laitières). Ces défauts révélaient  une mauvaise conception de la prise de terre. La présence de poste de clôture électrique trop proche du bloc traite a été constatée dans 40 % des installations.Une fiche “Diagnostic Protection Electrique” faisant état des mesures effectuées, des défauts relevés sur l’installation et des interventions recommandées est établie. Il vous permet de connaître la qualité de votre installation et si nécessaire de l’améliorer avec votre électricien.


(1) : RTE : réseau de transport d'électricité (filiale EDF)

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
En attendant les JO, Éric Delaunay tire les corvidés
Dans le département, la pression corvidés se fait sentir. Pour y remédier, le tir est autorisé, même en période de confinement. À…
Ludovic Blin Président de la section laitière régionale de la FRSEA Normandie “ Et maintenant ? ”
A l’heure où le déconfinement s’organise progressivement sur le territoire français, le secteur laitier dresse un premier bilan…
Publicité