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Energie
Les Prim’Holstein mettent les gaz sur l’herbe grâce au méthaniseur !

Rita, Jan et Gerrit Meilink ont réfléchi longuement leur projet avant de devenir producteur d’énergie. Leur unité de méthanisation a finalement débuté sa carrière en septembre 2012. La diversification impacte l’activité laitière puisqu’elle permettra de réduire le maïs au profit du foin.

© VM
Six années de réflexion auront été nécessaires. La SCL Kiko Kiko a mûri son projet de méthanisation. L’unité est entrée en fonctionnement en septembre 2012. L’installation affiche une puissance de 250 KW. De quoi chauffer 570 maisons. A titre de comparaison, Croisilles, la commune de ces agriculteurs, ne compte que 570 logements.

Electricité et prestation de service pour la chaleur
Au delà de l’unité de méthanisation, la famille Meilink a planché sur la valorisation de la chaleur. Cette dernière permet de bénéficier d’un meilleur tarif de rachat de l’électricité. Le biogaz alimente une génératrice d’électricité, qui dégage elle-même de l’électricité. Le rendement global moyen d’un module de cogénération atteint 80 à 90 %. L’unité de méthanisation représente presque une double diversification avec d’un côté la production d’énergie et de l’autre l’utilisation de la chaleur. Jan Meilink est ainsi devenu “sécheur”.
L’exploitation agricole propose ainsi des prestations de services. Elle sèche ainsi les copeaux de bois d’agriculteurs et de collectivités ou les bûches d’un marchand de bois. “Nous avons même réalisé des investissements en commun pour les containers”, explique l’agriculteur. Selon le porteur de ce projet, la valorisation de chaleur est plus difficile que la production d’électricité. Outre les prestations de service, la famille Meilink a choisi de sécher son foin. Avec l’unité de méthanisation et un système de récupération de chaleur dans la toiture, le séchage est 3 à 4 fois plus rapide qu’avec un système classique. “Plus le séchage est rapide, meilleure est la qualité. C’est vrai pour le foin comme pour les plaquettes de bois”, assure Jan Meilink. Le foin reste vert et maintient ses qualités nutritionnelles, notamment pour ses protéines. Avec l’arrivée de l’unité de méthanisation, la ration des vaches laitières évolue. Pour ses 150 animaux, la SCL Kiko cultivait 50 hectares de maïs.  Cet assolement tombera à 25 ou 30 hectares dans les prochains mois. Le foin sera stocké à 50 % de matière sèche. En 60 heures, ce produit grimpera à 87 % de matière sèche. “Nous limiterons ainsi l’achat de concentrés avec ce foin dont la richesse est préservée”, souligne Jan Meilink.

Plusieurs pistes de valorisation de la chaleur
Les associés de la SCL ont trouvé l’inspiration auprès d’autres agriculteurs. Pour valoriser la chaleur, ils ont d’abord songé à la construction d’une serre de 1 000 m2. Problème : “il fallait trouver des partenaires car ce n’est pas notre métier. Pour rentabiliser ce projet, 1 à 2 hectares de serres étaient nécessaires”. La famille Meilink a ensuite pensé à fournir de la chaleur aux lotissements voisins. Bémol : “les nouvelles maisons sont bien isolées et le passage de gaines coûte chère”. C’est finalement auprès d’éleveurs que Jan Meilink a trouvé sa solution. “J’ai rencontré un agriculteur en Haute-Normandie qui séchait et vendait du foin de qualité  pour les chevaux parisiens. Ensuite, j’ai échangé avec un éleveur Autrichien. En agriculture biologique, ses vaches Simmental produisent 9 000 litres avec 650 kg de concentrés. C’est possible grâce au correctif foin”.

Du projet éolien à la méthanisation
La famille Meilink a mis 12 ans pour devenir productrice d’énergie. Sa réflexion avait débuté en 2000 avec un projet éolien. “Nous avions travaillé sur 6 ans dessus. Nous pensions que c’était bon. Finalement un architecte des bâtiments est arrivé pour nous dire que nous étions trop près de l’église”. En 2006, le projet s’est réorienté vers la méthanisation. Enquête publique, recherche de subvention ou de déchets végétaux : le projet a pris du temps. Avant de mettre les gaz, un projet de méthanisation carbure à la patience.
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