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Climat
Les producteurs de lin guettent l'averse

La chaleur et l'absence de pluie empêchent la formation de la fibre du lin, retardant sa récolte. Une bonne trempe permettrait l'accélération du processus.

À la ferme familiale Saint-Vaast, à une vingtaine de kilomètres au sud de Caen, le lin est arraché depuis le début du mois de juin, mais est toujours couché dans les champs. Si l'année dernière la culture était déjà enroulée et stockée sous le hangar à cette période, la situation n'est pas non plus exceptionnelle : " nous avons jusqu'à la fin du mois de septembre pour le ramasser ", temporise Mathilde Lefèvre, installée avec son mari Benoît et son beau-frère Frédéric. Les cultivateurs attendent le rouissage du lin, c'est-à-dire la maturation des fibres.

À la coopérative linière Cagny : le lin d'hiver prend largement les devants

" Ce processus se réalise dès lors qu'il y a une alternance de pluie et de soleil. La plante se transforme alors en fil grâce à l'action des micro-organismes et bactéries présents dans le sol, qui va éliminer la pectose, permettant de souder les fibres à la partie ligneuse de la plante ", explique Mathilde Lefèvre. Dans les parcelles, le rouissage est entamé " mais il y a encore des endroits où le lin est jaune. Il faut que le champ ait une couleur homogène qui se rapproche du gris cendré, presque bleu ". La chaleur et le manque d'eau des dernières semaines ralentissent le processus : " la rosée peut parfois suffire le matin. Mais il n'y a même plus d'humidité au lever du soleil ", constate Benoît Lefèvre.

Prêt à partir au champ

À l'inverse de leurs homologues éleveurs et producteurs de cultures fourragères, les producteurs de lin ne réclament pas des dizaines et des dizaines de millimètres d'eau. " Une averse d'une vingtaine de millimètres accélérerait déjà le processus de rouissage. Trop d'eau risquerait de nous faire perdre la récolte ", prévient Mathilde Lefèvre. 

"Maîtriser le succès du lin"

Le lin est une culture sensible et génératrice de stress pour les cultivateurs car " la récolte se fait dans l'urgence. Nous prélevons un échantillon la veille au soir, nous le faisons analyser le lendemain matin. Si c'est prêt à être récolté, les deux presses pour enrouler le lin, le plateau et le télescopique pour charger les roundballers partent au champ et tout le monde ne rentre qu'une fois que tout est enroulé, ramassé et stocké sous le hangar. Si nous attendons pour ramasser les balles et qu'il pleut, cela peut fortement détériorer la qualité de la récolte ".

Sous un bâtiment de la ferme, tout est prêt. Les réservoirs de fioul des engins agricoles sont pleins, les ficelles pour enrubanner le lin sont installées dans la presse. "Nous n'attendons plus que l'eau", concluent les cultivateurs.

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