Les producteurs de Ouest'Lait veulent fusionner avec Lactéa
À l'issue de l'assemblée générale du 17 mars à l'espace Le Conquérant à Saint-James, l'organisation de producteurs Ouest'Lait avance vouloir fusionner avec Lactéa, ex OP de Triballat. Une décision actée à l'unanimité du côté de Ouest'Lait. Les dés sont lancés.
Le contentieux entre l'association des organisations de producteurs Sunlait à laquelle appartenait encore il y a un an Ouest'Lait, " c'est terminé. Le désaccord est purgé ", note Landry Rivière, co-président avec Aude Guillard, respectivement producteur à Saint-James (50) et Saint-Brice-en-Coglès (35), qui succèdent à Benoit Hardy, président démissionnaire il y a près de deux mois. Même le groupe Savencia Fromages & Dairy, dans la publication annuelle de ses résultats financiers le 19 mars dernier à Paris l'affirme : " la cour de cassation met un terme définitif à la procédure Sunlait ".
Préserver l'unité
Pour autant, le contact est rompu " malgré les démarches engagées ", souligne le collectif. Il n'y a plus de contrat-cadre pour sécuriser les producteurs autour d'une formule de prix. Savencia propose aux producteurs dont le contrat arrive à échéance de rejoindre une autre OP, soit FMB, soit l'ex OP Triballat appelée depuis une semaine Lactéa, qui est en passe de signer un contrat avec Savencia, OP qui a été rejointe par des anciens producteurs Ouest'lait. " Il s'agit pour nous de préserver l'unité des producteurs pour être plus forts ensemble ", insiste Aude Gaillard, arrivée depuis 2024 à Ouest'Lait. Et pour cause, cette organisation de producteurs ne compte pas moins de 380 exploitations comptabilisant 295 millions de litres de lait. " Ce n'est pas une paille ", concède Sébastien Fesnoux, producteur de Bazouges-la-Pérouse (35) et président de la SAS Ouest'Lait Prod.
Stop au flottement
Au bout du bout, les responsables de Ouest'Lait veulent décrocher un contrat-cadre pour les producteurs, et ce dès cette année. " On ne peut pas attendre 2029 que les contrats se terminent ", avance Denis Bellanger, producteur de Noyal-sous-Bazouges (35). Cette main tendue permettrait de " ne pas diviser les producteurs ", fait remarquer Landry Rivière. " On fait le choix de l'unité et de la responsabilité plutôt qu'une concurrence d'OP et un éclatement des producteurs. On veut arrêter ce flottement pour les producteurs. Ce n'est pas confortable pour eux ", ajoute-t-il.
Les producteurs de la Baie du Mont-Saint-Michel voudraient massifier l'offre parce que dans la région il serait possible d'atteindre 300 à 350 millions de litres de lait.
Pour rappel, un contrat avait été signé il y a deux ans avec Les Maîtres laitiers du Cotentin. Cela concerne 6,5 millions de litres de lait pour 6 exploitations. Au 1er juillet, c'est avec Danone qu'une contractualisation est en route pour 60 millions de litres de lait pour 60 exploitations sur la base du volontariat sur 5 ans.
Une rencontre avec la ministre
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a reçu à Paris Landry Rivière le 17 février dernier, quelques jours avant le Salon de l'Agriculture. La rencontre n'avait pas pu avoir lieu lors de son déplacement fin janvier dans la Manche alors qu'elle avait visité le site de Savencia à Condé-sur-Vire. " On est satisfait de l'avoir rencontrée. C'était important de se faire connaitre et d'affirmer notre volonté de vouloir rediscuter avec Savencia sur des bases saines ", indique Landry Rivière. Si la ministre n'interviendra pas dans les échanges entre les producteurs et l'industriel laitier, les responsables de Ouest'Lait espèrent avoir son appui dans la structuration des OP qui " reste dans son champ d'action. Voir une OP affaiblie parce que la porte de l'industriel est fermée ne doit pas la laisser indifférente. Cela pose question. Et c'est sur ce point que nous l'avons alertée ", conclut l'équipe.
Désormais, la balle est dans le camp de Lactéa pour donner suite, ou pas, à cette fusion.