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Les réserves foncières difficiles à constituer

L’espace foncier se fait rare sur le territoire Granville-Avranches. La pression se fait sentir en raison des projets urbains et/ou routiers. Alors, pour bien prendre la mesure de cette situation, un café foncier a été organisé pour mettre différents acteurs autour de la table.

© SB

ll Sur le territoire de la communauté de communes Granville Terre et Mer (GTM), présidé par Jean-Marie Sévin, plus de 75 exploitants sur les 255 que compte le territoire se trouvent sans successeur. Un constat partagé par la collectivité et la Chambre d’agriculture. Un constat qui sera affiné également dans le cadre du diagnostic agricole réalisé pour le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI).

Projets urbains et routiers
Selon un premier recensement, onze exploitations auraient été impactées par les projets urbains, 23 par le projet 2 x 2 voies 23, et 5 d’entre d’elles sont concernées par les deux types de projet. Ce qui n’est pas sans incidences foncières et financières sur les exploitations concernées. Des chiffres qui ont été exposés au cours du café foncier organisé dans un premier temps chez Sophie et Stéphane Letellier à Champeaux. Un rendez-vous qui a vu plusieurs témoignages d’exploitants et le point de vue de GTM face aux réserves foncières nécessaires pour garder des fermes sur le territoire.

Des tensions entre exploitants
Parmi les témoignages, il y a celui de Stéphane Lechartier. Il a repris les terres familiales à Saint-Pair-sur-Mer. Mais face aux projets urbains ou routiers, il a été obligé de trouver d’autres terres, cette fois-ci à Longueville pour avoir un outil viable. Deux communes espacées d’une dizaine de minutes. Les difficultés sont multiples. La perte de foncier réduit les surfaces épandables, et les rotations agronomiques. Un projet de voie verte traverserait ses champs. A Longueville, commune non remembrée, il ne peut agrandir sa surface autour de son site d’exploitation. Bref, il va jusqu’à s’interroger si l’agriculture est toujours souhaitable.
Toujours à Saint-Pair-sur-Mer, Jérôme Durier, maraicher bio depuis 2012, fait face à la difficulté de pouvoir acquérir des terres. « A Kairon, le terrain est considéré comme terrain de loisir, et au prix de 45 000 € », note-t-il. Cette pression foncière liée aux projets d’urbanisation entraine des tensions entre exploitants.

Difficile pour les engins
Les exploitants qui ont accueilli le café foncier sont installés depuis 1989 à Champeaux. Ils apprécient l’environnement et le cadre. Chapeaux est reconnu pour avoir le plus beau km de France. En contrepartie, c’est un secteur prisé par les tourismes. Et la cohabitation en saison est plus difficile. « La population double l’été, les campings cars s’installent dans les champs. Et les véhicules stationnés sur les bords des petites routes entrainent des gênes de circulation du matériel agricole et du camion laitier », indique Sophie Letellier. Quant aux échanges parcellaires, il n’en existe pas « parce qu’il n’existe plus que deux fermes sur la commune ». Quant au prix du foncier, il se situe de 7 à 10 000 €/ha.

Les agriculteurs : des partenaires importants
Face à ces exemples, Jean-Pierre Blanchet, vice-président de la communauté de communes de Granville Terre et Mer, chargé de l’aménagement de l’espace, de la politique du logement et du cadre de vie, a voulu être rassurant pour la profession agricole. « Les élus ont pris conscience de l’activité agricole sur le territoire. Dans l’avenir, les agriculteurs seront des partenaires importants de l’aménagement du territoire », débute-t-il.
En matière de consommation d’espaces, la vision tend plutôt à réduire. Les différents documents d’urbanisme vont dans ce sens. Le Sraddet (schéma régional d’aménagement et de développement durable) à l’échelle de la Normandie prescrit une artificialisation des terres inférieure de 50% par rapport à ce qui a été faite entre 2005 et 2015. Alors, « pour la première fois, on va devoir dans la rédaction du PLUI réduire ce qui était prévu dans les PLU des communes », prévient Pierre-Jean Blanchet. Sinon, « la consommation des terres serait surdimensionnée. C’est aujourd’hui une préoccupation majeure », assure-t-il.

Trouver des solutions
Concernant les compensations des espaces agricoles, GTM a engagé une convention avec le Département, la Safer et la Chambre d’agriculture, pour trouver des solutions. « On ne pourra pas tout compenser foncièrement. Il faudra certainement rechercher différentes solutions de compensation », reconnaît-il. Et pour alimenter ses propos, la réunion a été clôturée par Eric Pithon de la Chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, qui travaille sur le sujet depuis plus de 20 ans. Certaines pistes pourraient être étudiées dans le sud-Manche. Le travail se poursuit.

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