Aller au contenu principal

Porcs
Les salaisons rendent les producteurs amers

Depuis la hausse du coût des matières premières, la filière porcine souffre. La solution des producteurs : la valorisation de la viande de porc d’origine française. Les salaisons refusent de jouer le jeu. FDSEA et JA ont donc demandé des comptes à Brocéliande, le principal salaisonnier de la région.

Mardi après-midi, ils sont une cinquantaine et se sont donné rendez-vous au marché couvert de Villers-Bocage (14). Ils sont mobilisés autour des FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Basse-Normandie. “Nous vendons à perte depuis 6 mois. Pour un élevage de 100 truies, cela signifie 10 000 euros de moins chaque mois”, explique un manifestant. La situation des producteurs de porcs devient critique et ils veulent le faire savoir. Le cortège a donc pris la direction de l’entreprise Brocéliande, le principal salaisonnier de la région.

Rendez-vous avec Brocéliande
Les producteurs lui reprochent de “ne pas jouer le jeu de l’ensemble de la filière porcine nationale”. Depuis plusieurs mois, les producteurs subissent une crise profonde, mise en exergue par la flambée des coûts alimentaires. “Face à l’excédent de production actuel, nous demandons aux acteurs de la filière de valoriser la viande de porc d’origine française (VPF). Le 22 novembre, nous avons eu une réunion entre abattoirs, éleveurs, transformateurs et GMS. Tout le monde partageait cet avis pour donner la priorité à la VPF, sauf les salaisonniers”, explique Yvan Fourré de la section porcine FRSEA. Principal grief adressé à Brocéliande : l’achat de porcs étrangers. “Il y a du jambon espagnol ici !” Face aux producteurs ibériques, les producteurs ne peuvent pas lutter. “Ils ont des charges de production moindre. Avec l’afflux de touristes, ils n’exportent pas l’été et réalisent des marges importantes. Quand ils écoulent leur production l’hiver, nous ne pouvons pas lutter. Pour les pièces nobles, les entreprises ont effectivement besoin d’importer. Reste à savoir dans quelles quantités. Nous sommes là pour montrer que nous sommes attentifs. Consommer de la viande française favorisera la hausse des prix”.Pascal Jallet, le responsable du site Brocéliande, a reçu une délégation d’éleveurs représentants l’Orne, la Manche et le Calvados. Il a rappelé que l’entreprise n’importe qu’un jambon sur six. “Aujourd’hui, c’est une visite de courtoisie. Nous sommes en pourparler pour voir ce que nous déclencherons demain”, avertit Dominique Varin, secrétaire général de la FDSEA 14.
Relevés de prix
Les producteurs ne devraient pas se contenter de cette action. Prochaine cible : les grandes et moyennes surfaces. “Nous allons réaliser des relevés de prix réguliers dans les magasins normands. J’ai déjà vu des prix cassés, avec le demi-porc à 1,59 euros”. Les Français consomment en moyenne 35 kg de porc par an et par habitant. Selon Yvan Fourré, “la hausse de prix nécessaire aux éleveurs représenterait ainsi un effort de 10 euros pour une année”. Affaire à suivre.

V.M.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Geoffrey Saint-Lô, pisciculteur et ambassadeur de la marque Bienvenue à la ferme, marquée portée par la Chambre d'agriculture dont Nadège Mahé en est l'élue référente.
Bienvenue à la ferme : pisciculteur, Geoffrey Saint-Lô devient ambassadeur
Depuis 1985, la famille Saint-Lô, basée à Saint-Sauveur-Lendelin, reçoit les visiteurs dans son exploitation piscicole où elle…
Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Alban Brehon (à droite) a fait part de l'appel à la solidarité au préfet du Calvados, (à gauche)
Sécheresse : la FRSEA lance une enquête sur les besoins en fourrages
Avec la sécheresse, plusieurs éleveurs craignent de manquer de fourrages l'hiver prochain.
Publicité