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Accidents de la route
Les salariés d'OPA en première ligne

Etat, MSA et CRAM viennent de signer une charte sur la prévention des risques dans les entreprises, dont celles dépendant du régime agricole.

État, MSA et CRAM signent la charte pour une meilleure prévention des risques routiers.
État, MSA et CRAM signent la charte pour une meilleure prévention des risques routiers.
© E.C.
“Nous voulons renforcer la prévention des accidents de la route professionnels”. C’est une première en France : Réunis à la Préfecture de la Manche, mercredi, représentants de l’État, MSA, CRAM et DDE ont signé une charte pour, disons-le clairement, mettre un peu d’ordre dans le fonctionnement des entreprises dont le personnel est appelé à prendre la route. Un personnel aussi visé sur les trajets “domicile/travail”. Les salariés des OPA sont particulièrement concernés par ces mesures, tout d’abord de prévention. Trop de morts Penché sur sa feuille, Jean-Louis Fargeas, préfet de la Manche, égrenne une litanie de chiffres qui donnent des sueurs froides. “Entre 2001 et 2005, 427 accidents corporels ont impliqué au moins un véhicule d’entreprise avec 58 tués et 563 blessés (...) 35 salariés ont trouvé la mort sur la route en cinq ans tant pour des déplacements professionnels que pour le trajet “domicile/travail... dont 7 ressortissants de la MSA”. Sur 2006, les chiffres sont, malheureusement, encore plus éloquents : 82 accidents avec 11 morts et 94 blessés concernent des salariés en déplacement professionnel ou sur la route du travail. Sur 2007, le bilan provisoire fait état de 7 morts. Les directeurs de la CRAM et de la MSA sont sur la même longueur d’onde. “Nous devons sensibiliser les entreprises à la sécurité routière au travers de conseils et de formation”. La CRAM va même très loin en la matière, “le chef d’entreprise doit chercher le mode de déplacement le plus sécuritaire pour les employés... et ce n’est pas forcément la voiture”. Denis Cheminal (MSA) embraye dans la foulée, “les employeurs peuvent être sanctionnés lors d’accident mortel ou corporel; c’est pourquoi nous allons être amené à appuyer les entreprises dans l’évolution du risque professionnel lié à la route”.Prévention et sanction Jean-Louis Fargeas, en tant que représentant de l’État, se fait plus menaçant. “La prévention est bien sûr une priorité auprès des entreprises. Mais nous pouvons, s’il n’y a pas de résultat, aller vers la répression. J’ai d’ailleurs passer le message aux forces de l’ordre pour les véhicules de société ou administratifs, afin que ces derniers soient sanctionnés le cas échéant”. Et d’enfoncer le clou, “sur des trajets “domicile/travail”, on ne peut pas parler de fatalité”. Le monde agricole est aussi en première ligne sur le déplacement des tracteurs, remorques et autres moissonneuses. “Nous avons eu de nombreux accidents mettant en cause des matériels agricoles et surtout des animaux en divagation”. Problème récurrent, ces fameuses divagations provoquent des accidents, tant sur la route que sur les voies ferrées. Elles font aussi perdre un temps précieux à la gendarmerie, notamment la nuit. La charte signée en 2002 entre l’État, la MSA et la profession agricole arrive à son terme. “Nous sommes en train de la réanimer... avec des sanctions plus dissuasives. La SNCF fera partie des nouveaux partenaires” souligne le préfet.
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