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Sanitaire
Les services vétérinaires testent leur plan d´action

Suspicion de peste aviaire mardi dernier dans le Calvados. Il ne s´agissait que d´une simulation et d´un exercice pour tester l´efficacité de la contre-attaque.

Jeu de rôles ce mardi dans une exploitation du Bocage calvadosien sélectionnée par le GDS. On y a simulé une suspicion de peste aviaire. Un exercice, presque aussi vrai que nature riche d´enseignements.

Heure par heure
Lundi. Le scénario commence en fait lundi. Alain Legentil, agriculteur à Brémoy (14), a constaté dans son élevage de 350 poulets deux cas de mortalité. D´autres affichent une cyanose de la crête et des barbillons, un état de prostration et des troubles nerveux. Aggravation de la situation durant la nuit. Ce matin vers 8 h, notre éleveur dénombre une trentaine de poulets morts.
Mardi 9 h. Alain contacte la DSV (Direction des Services Vétérinaires) du Calvados pour expliquer son cas. Il est immédiatement orienté vers le Docteur Bernardi, directrice adjointe du bureau de la santé animale. L´entretien dure 1/4 d´heure et aucune question n´est anodine. Localisation géographique, description des lieux et des différents symptômes observés, importance de l´élevage (...), la suspicion de peste aviaire se profile.
Mardi 9 h 15. Alain a raccroché. Il a pour consigne de ne pas s´éloigner du téléphone. Pendant ce temps, le Docteur Bernardi fait le point avec Xavier Delomez, directeur de la DSV.
Mardi 9 h 35. Le téléphone retentit chez notre éleveur. La DSV, tout en cherchant à le rassurer, l´informe de sa venue immédiate. Nouvelle consigne : nul ne doit entrer ou sortir de l´exploitation.
Mardi 10 h 15. Etienne Gavart (directeur du GDS) est informé par la DSV de cette suspicion. Il met ses services en état de pré-alerte.
Mardi 10 h 30. Deux équipes de la DSV arrivent à l´entrée de l´exploitation mais pas question d´y pénétrer sans prendre les premières précautions. On ne se serre d´ailleurs pas la main pour des questions d´hygiène. Agents des services vétérinaires et éleveur enfilent leur tenue de protection (cotte, sur-botte...). Le facteur est refoulé et le laitier devra attendre l´installation du rotoluve pour accéder à la stabulation.
Mardi 10 h 30. Patrice Génard, technicien santé animale, remet à l´éleveur l´arrêté préfectoral de mise sous surveillance signé des mains du directeur de la DSV. Il lui fait la lecture de la litanie des mesures de restrictions. Parallèlement, une autre équipe installe le rotoluve et les panneaux "Interdiction de pénétrer".
Mardi 11 h. Pédiluve opérationnel à la porte et protégés de bas en haut (gants, lunettes, masque), les deux agents de la DSV et l´éleveur pénètrent dans le poulailler. Objectif : procéder à une vingtaine de prises de sang et prélever des organes (coeur, trachée, tête, cervelle, intestins...) sur 5 autres poulets. L´opération durera près d´1 h 30.
Mardi 12 h 30. Les différents prélèvements sont conditionnés pour être envoyés en laboratoire (Ploufragan-22) pour analyse. Reste à sortir du poulailler et de l´exploitation en respectant les règles d´hygiène pour éviter toute surcontamination. Le matériel utilisé sera détruit.

24 heures d´attente
Mardi 13 h. L´éleveur n´a plus qu´à attendre les résultats des premières analyses sous 24 heures. En cas de résultat défavorable, l´analyse des organes (sous 72 heures) rendra un verdict définitif. Et si la peste aviaire se confirme, c´est une autre mécanique qui va se mettre en place. En cas de test négatif, le dispositif sera levé à réception de l´ensemble des résultats définitifs. En attendant, il ne s´agissait que d´un simple exercice de simulation.
Th. Guillemo

Xavier Delomez, directeur de la DSV 14
Tirer les enseignements de cet exercicet
Xavier Delomez est venu superviser ce mardi l´exercice mené par ses équipes. Un exercice qui permettra d´affiner et de valider un protocole pré-établi. Cette simulation est prévue dans la plupart des départements mais le Calvados est un des premiers à s´y coller. Au terme de cette matinée, le directeur de la DSV se dit satisfait. Ses agents sont passés à la pratique. Ce qui permettra d´apporter quelques correctifs au protocole. Illustration avec le rouleau de scotch qu´il est bien difficile de dérouler avec des gants. Un dévidoir s´avère nécessaire. Le plus délicat reste cependant de cloisonner les zones saines des zones contaminées et d´y gérer les flux de matériels et d´hommes.
Autres tâches plus en aval et non des moindres en cas de peste aviaire avérée : mener une enquête épidémiologique et gérer la communication. Un exercice qui incombe à la Préfecture.
Th. G
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