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Moisson 2011
Les terres superficielles décrochent, les terres profondes s’accrochent

Il reste 3 jours de battage pour clore une moisson 2011 marquée par une très grande hétérogénéité entre terres profondes et terres superficielles. Un premier bilan avec les responsables “grandes cultures” des FDSEA bas-normandes.

Si la météo stoppe ses caprices, la moisson devrait être pliée en fin de semaine. Un cru 2011 marqué par un déficit hydrique qui a plombé le potentiel en terres superficielles. Un cru 2011 marqué aussi par des pluies abondantes qui ont haché les fenêtres de battage.

Un bon cru dans la Manche
Dans la Manche, les premières orges sont tombées à la mi-juillet suivies quelques jours plus tard par les blés. “Le lundi 25 juillet pour ce qui me concerne, précise Gilbert Michel (St-Georges-de-Bohon/50). Plutôt en avance par rapport à une année normale hormis pour quelques variétés tardives”. Mais la pluie est venue séquencer les chantiers. Le coup de feu s’est concentré entre le 30 juillet et le 3 août. De grosses journées : “de 11 h 30 jusqu’à 5 h le lendemain matin. C’est tout à fait inhabituel,” indique Gilbert Michel qui souligne au passage la réactivité des ETA (Entrepreneurs de Travaux Agricoles) grâce à un parc matériel bien dimensionné et performant. 
Côté rendement, si quelques accidents sont à déplorer (en zones séchantes, en variétés précoces et sur certaines parcelles qui ont souffert de l’épisode neigeux ou qui ont subi des dégâts d’étourneaux), le responsable “grandes cultures” de la FDSEA de la Manche qualifie ce cru 2011 de “pas loin d’une année exceptionnelle avec des taux d’humidité oscillant de 13 à 15 % et des PS (Poids Spécifique) de 75 à 83”. Pas de gros coup de chaleur donc pas d’échaudage, des pluies arrivées avant mâturité qui ont favorisé le remplissage des grains et de plus en plus de professionnalisme. “Dans la Manche, on sait faire du blé”, constate avec satisfaction Gilbert Michel.

Plus mitigé dans l’Orne et le Calvados
Dans l’Orne et le Calvados, Jean-Pierre Prévost (responsable “Grandes Cultures” de la FDSEA 61) et Bertin George (son homologue Calvadosien) dressent un bilan plus mitigé.
L’hétérogénéité de la profondeur des sols dans ces deux départements s’est mesurée dans les bennes. Certaines parcelles d’orge, battues dès le 25 juin, ont complètement décroché aux alentours d’une trentaine de quintaux. Très grande hétérogénéité au sein même parfois d’un même ilot. “De 30 à 115 qt en débit instantané à la console de la moissonneuse-batteuse pour finir à une moyenne de 65 qt”, commente à titre d’exemple Jean-Pierre Prévost.
Même constat en blé avec des rendements “yoyo” de 40 à 80 qt dans ces terres superficielles. En terres profondes à contrario, les craintes de juin se sont quelques peu estompées. “Moins bon que l’an dernier qui était une excellente année mais tout à fait correct quand même,” reconnaît Bertin George. 
En résumé, si la bouteille n’est qu’à moitié pleine côté rendement, Jean-Pierre Prévost et Bertin George insistent sur la qualité des blés bas-normands. “Des critères largement dans les normes et donc des perspectives de commercialisation intéressantes,” en fonction d’une évolution des cours difficile cependant à appréhender.  
Une opération paille exemplaire
Cette moisson 2011 est marquée par un grand ballet de remorques et camions de paille sur les routes de France. Une opération “solidarité” entre éleveurs et céréaliers orchestrée par les FDSEA. “On a moralisé le marché autour de 95 e/t.
Un prix pour lequel tout le monde gagne sa vie”, se félicite Gilbert Michel (Manche). Un département dans lequel 11 000 t avaient déjà été livrées début août. “Je tiens spécialement à remercier les céréaliers de l’Eure, Régis Chopin en tête (Ndlr : président de la FDSEA de l’Eure) pour ce sérieux coup de main”. Même approche de Jean-Pierre Prévost (Orne) pour qui “les initiatives prises par le syndicalisme agricole ont évité la spéculation”.
Si cette paille n’a pas traîné en andain dans un premier temps, le pressage s’est compliqué ces derniers jours. Il faudra sans doute ici ou là retourner avant conditionnement.  Dans la dernière ligne droite de cette opération solidarité, il est important que chaque engagement soit respecté et que tous les tonnages réservés soient enlevés au plus vite. Les premiers semis de colza arrivent à grands pas.Au niveau national : une récolte de 60 Mt en baisse de 9 % par rapport à 2010
Selon les premières estimations publiées par le service de la statistique et de la prospective du ministère de l'Agriculture, au 1er août, la production de céréales s'élèverait à 60 millions de tonnes (Mt), soit 5,8 Mt de moins que la précédente campagne (-9 %). La récolte de blé tendre est évaluée à 32,5 Mt, soit une diminution de 9 % en un an (3,1 Mt en dessous du niveau de 2010) et de 6 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le rendement baisserait dans les trois principales régions de production : -7 q/ha dans le Centre, -9 q/ha en Picardie et -3 q/ha Champagne-Ardenne. La production d'orge atteindrait, quant à elle, 8,8 Mt en baisse de 13 % par rapport à 2010 et de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale. La récolte de maïs grain estimée à 13,3 Mt serait également à la baisse (-3 %), tandis que la production de maïs fourrage (16,8 millions de tonnes) serait en légère augmentation (+ 1 %). La production d'oléagineux est aussi en progression : celle de colza augmenterait de 4 % à 5 Mt et celle de tournesol, évaluée à 1,7 Mt serait en hausse de 5 % en raison d'une augmentation des surfaces.
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