L'étiquette : thermomètre de l'agroalimentaire
Au cul de produit, l'étiquette est naturellement un reflet de la filière agroalimentaire. Mais elle en dit aussi beaucoup sur le climat économique ou sur les changements sociétaux. Et sur l'inflation des normes : seront-elles jamais assez grandes pour indiquer les mentions obligatoires toujours plus nombreuses ?
C'est tout bête, une étiquette, mais " sans elle, la filière agroalimentaire ne peut rien faire. Si demain l'étiquette s'arrête, il n'y a plus de commercialisation possible ", dit Christophe Le Potier en nous ouvrant les portes de son imprimerie Etiq Normandie, qu'il co-dirige à Lessay avec Hubert Bazin. Ils l'ont fondée ensemble en 1996 et comptent aujourd'hui six salariés. Ils fournissent aussi bien le petit producteur local que des groupes comme Agrial en passant par des PME comme Réo. En 30 ans de production, ont-ils fait le tour de la Terre avec les dizaines de millions d'étiquettes annuelles ? " Notre record ? 36 km de papier en une journée ! " Dans le métier, on ne raisonne pas au nombre d'étiquettes mais au métrage de la bande de papier qui sera déroulée, imprimée et conditionnée par les machines.