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L’excès de pluie ampute l’implantation de céréales

Le comité départemental d’expertise des calamités agricoles vient de valider à l’unanimité le barème des calamités agricoles pour la période 2020-2023 en retenant toutes les propositions portées par la FDSEA de la Manche, et notamment par Gilbert Michel, vice-président du syndicat et président de la section céréales. Il s’exprime également sur la météo pluvieuse et ses conséquences sur les semis de céréales et cultures légumières.

© SB

llll Le 22 septembre est une date qui a marqué les esprits. Alors que la sécheresse pointait son nez, depuis l’automne, la pluie ne cesse de tomber dans la Manche, avec des quantités variables d’un secteur à l’autre dans le Département, mais compliquant la récolte du maïs ou encore l’implantation des céréales. Gilbert Michel pointe aujourd’hui ces difficultés.

« La majorité des récoltes de maïs est terminée mais avec difficultés, entrainant une dégradation des sols. Il en reste à certains endroits. Je ne peux pas les localiser précisément. Mais certaines parcelles n’ont pas été récoltées parce qu’elles sont inaccessibles. Les sols sont gorgés d’eau », précise-t-il.

Remplacer par la céréale de printemps
Ces mêmes sols ne peuvent pas non plus accueillir les céréales d’hiver. A l’exemple de Gilbert Michel sur son exploitation. « Nous n’en avons fait qu’un tiers par rapport à ce qui était prévu. Ce n’est pas gravissime parce qu’en tant qu’éleveur, ce n’est pas notre production principale. Cette céréale d’hiver peut être remplacée par une céréale de printemps à condition que cette période soit favorable. Et pendant l’hiver, elle sera remplacée par le maïs bien valorisé ou encore de l’herbe », poursuit-il.

Une paille rare
Les conséquences de cette météo pluvieuse se prolongeront aux prochaines saisons. « On aura des besoins en paille. Quand les céréales ne sont plus implantées, c’est autant de paille que nous n’aurons pas », souligne l’élu syndical. Et cette problématique n’est pas que départementale, elle s’étend à toute la région. « On peut présager d’ores et déjà une paille pas facile à trouver, et à des prix onéreux », prévient-il.

Epandre jusqu’au 15 décembre
Toujours pour l’élevage, le stock d’herbe n’a pas pu être fait à l’automne en raison de ces conditions météo. « Il y a de l’herbe sur pied mais on n’a pas pu aller la chercher », déplore-t-il.
Aller dans les champs pour épandre les effluents a été aussi un casse-tête même si une dérogation avait été accordée pour réaliser ces travaux jusqu’au 15 décembre, soit un mois de plus.

La récolte des légumes compliquée
Pour les légumiers, la situation est similaire. « La récolte a été aussi compliquée. Certains producteurs de carottes, qui avaient prévu couvrir des parcelles avec du foin, ont décidé de les arracher par crainte de ne pas pouvoir les récolter par la suite. Ça déstabilise la récolte », souligne-t-il, et pointant des « parcelles massacrées », sans pour le moment engendrer de pertes.
Pour le moment, une mission d’expertise n’est pas actée. « Il faut évaluer les dégâts quand ils sont bien là », conclut le responsable syndical.

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