Aller au contenu principal

L’exosquelette entre en salle de traite

A la ferme expérimentale de La Blanche-Maison à Pont-Hébert (50), on teste depuis le 25 octobre l’exosquelette, un dispositif d’assistance aux travaux bras en hauteur.

lll « Dans les gestes de trempage ou de branchement, il vient m’appuyer.  A hauteur, il travaille presque à ma place. On sent moins de pénibilité». Emilie est l’une des trois trayeurs de la ferme expérimentale de La Blanche Maison de Pont-Hébert (50). A ce jour (le 6 novembre), elle comptabilise une dizaine de traites exosquelette sur le dos. Il lui a fallu moins d’une minute pour s’équiper. « Ça s’enfile comme un sac à dos. Il est léger : 2,7 kg. On l’oublie très vite dans les déplacements mais, à partir du moment où les bras arrivent à la ligne de cœur, le dispositif accompagne les mouvements avec plus ou moins de vigueur selon les réglages réalisés ». L’expérimentation a concrètement démarré le 25 octobre pour une durée de 3 mois. Portée par la Cran (Chambre régionale d’agriculture de Normandie), la MSA est également très présente sur le dossier.

Trois mois d’expérimentation
« Ce type d’équipement se démocratise dans d’autres secteurs d’activités, notamment la logistique et l’industrie, il était donc légitime de s’interroger sur les bénéfices qu’il pourrait apporter en agriculture et notamment dans le cadre de la traite. L’objectif est de mesurer les améliorations éventuelles apportées en termes de confort de travail et de pénibilité», explique Céline Collet, chargée de mission à la Cran. « Sur ce sujet exotraite, qui touche à la santé et à la sécurité, on s’est associé à la MSA. L’intérêt est de pouvoir compléter nos champs de compétences. Au niveau de la Cran, nous disposons de conseillers qui travaillent sur l’amélioration des conditions de travail. La MSA dispose de son côté d’ergonomes et de conseillers préventeurs. S’associer nous permet donc d’avoir une vue à 360 degrés sur ce dossier ».
L’heure n’est bien sûr pas encore au bilan. « Les traites se font en roulement et chacun des trois salariés prend en main petit à petit l’utilisation de l’exosquelette. Il faut un temps d’adaptation », complète Lucie Morin, chargée d’expérimentation à La Blanche Maison. Après chaque traite, une grille d’évaluation est remplie et sera compilée, au terme des 3 mois,  pour être mise en comparaison avec l’évaluation des conditions de traite réalisée préalablement sans l’exosquelette. « On va voir si c’est positif ou pas. Si ça génère des risques ou de l’inconfort, on arrêtera, avance prudemment Céline Collet. A contrario, si le gain est bien réel, l’idée sera de poursuivre sur son usage, sur une typologie de salle de traite encore plus adaptée ». Les champs du possible sont ouverts.

Une réponse aux TMS ?

Les périodes de traite, de plus en plus longues par l’augmentation de la taille des troupeaux laitiers, demandent au trayeur de nombreux mouvements, répétitifs, avec les bras en posture haute. Ces mouvements sollicitent de manière importante les épaules et le dos. A terme, elles peuvent aboutir à des troubles musculo-squelettiques. L’exosquelette IP12 Skelex de la société Gobio est un dispositif d’assistance aux travaux bras en hauteur. Présenté lors des Prairiales 2019, il a suscité beaucoup d’intérêt auprès des éleveurs. Les Chambres d’agriculture de Normandie, les MSA Côtes Normandes, Haute-Normandie et Mayenne-Orne-Sarthe et la ferme expérimentale Normande La Blanche Maison ont donc décidé de tester l’intérêt de l’utilisation de cet appareil au moment de la traite au travers du projet Exotraite.
L’exosquelette est léger, avec seulement 2.7kg, très mobile et 100% mécanique grâce à un système de lames de ressort. Il s’adapte à toutes les morphologies de 1,65m à 1,95m grâce à de multiples moyens de réglages et sans gêner l’utilisateur. Il permet de soulager la sollicitation des muscles de l’épaule et viens décomprimer l’articulation une fois les coudes au niveau de la ligne du cœur. La force d’assistance est réglable de 0,5kg à 3,5 kg selon l’utilisateur et le travail réalisé. Cependant, il est à préciser que cet exosquelette constitue une assistance pour le travail des bras, et en aucun cas une assistance aux ports de charges.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Moisson 2021
La météo pluvieuse contrarie la collecte
Lundi 26 juillet, la collecte des orges se termine mais la pluie a stoppé l’avancement des récoltes.
Catherine Pilet-Fontaine, exploitante à Ranville, Daniel Savary, salarié et Geoffroy de Lesquen, agriculteur et vice-président de la fédération des chasseurs du Calvados.
La faune sauvage préservée grâce à la barre d’effarouchement
A Ranville, Catherine Pilet-Fontaine vient de recevoir une barre d’effarouchement, financée par la fédération des chasseurs du…
Publicité