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Pâturages
L’herbe s’apprivoise

A Saint-Ouen-le-Pin dans le pays d’Auge, le Gaec de la Cour Madame pense bio depuis 2000. Dans cette logique "zéro intrant et zéro concentré", l’herbe est leur solution.

"Avant d’être bio, nous sommes des éleveurs”, précise d’emblée Christophe Griere, associé avec son frère Arnaud. Pour toutes les activités de l’exploitation, un objectif : la rentabilité. Christophe et Arnaud Griere sont adeptes du zéro intrant et zéro concentré. “En bio, il faut être le plus autonome possible, car tous les achats coûtent le double”, souligne Pascal Rougier, technicien Contrôle laitier du Calvados. Les éleveurs ont donc choisi l’herbe et investi dans un système de séchage en grange.

La bonne dose d’affouragement en vert
L’herbe s’apprivoise. Aveu des associés, la gestion des pâturages a considérablement progressé depuis trois ans. Les parcelles se révélaient sous exploitées. Désormais, l’exploitation n’achète plus de foin pour l’hiver et dispose même de stocks pour l’hiver. Les éleveurs bio cherchent l’autonomie, pas l’autarcie. Ils ont écouté les remarques de leur technicien de Contrôle laitier. “Nous avions un seul paddock autour de la stabulation. Les vaches se promenaient dans 30 hectares. En divisant les parcelles, nous avons réduit la surface dédiée à l’affouragement en vert de 24 à 8 hectares”, raconte Christophe Griere. Fini aussi l’affouragement du soir. Les vaches étaient nourries le soir, alors qu’elles “ rentraient le ventre plein”. Résultat : un gaspillage alimentaire qui résulte d’une ingestion trop rapide.
Mais, les éleveurs n’ont pas abandonné l’affouragement en vert. Ils ont simplement choisi de ne pas en abuser. “On s’adapte selon les saisons. Cette année, la pousse s’est révélée plus tardive. Nous avons donc prolongé l’affouragement d’un mois et ainsi amené énergie et protéine”. Principal avantage : cette méthode peut être stoppée du jour au lendemain. 
L’herbe est aujourd’hui cultivée. Les animaux y participent. “Parcelle fauchée ou parcelle pâturée : le résultat n’est pas le même. Nous avons encore une mauvaise flore car les prairies ont été mal pâturées pendant des années”, explique l’éleveur. Le cheptel profite aujourd’hui du tapis vert dès la sortie de l’hiver. Les vaches grattent et ramènent ainsi les légumineuses. L’herbe d’hiver est mangée par les génisses. Elles font un premier tour de toutes les parcelles destinées à la fauche. Objectif : éliminer les graminées pour permettre aux légumineuses de se développer.

Herbe riche et vêlages en mai
Nous voulons également intensifier les passages dans la durée”, poursuit Christophe Griere. Les vaches laitières entrent dans les parcelles quand l’herbomètre affiche 7 centimètres. Elles en sortent à 5 cm pour y revenir tous les 7 à 8 jours. “L’idéal serait d’accéder aux parcelles à 8 ou 9 cm”, précise Pascal Rougier. Une orientation motivée par la stratégie de l’exploitation. Objectif : limiter l’affouragement en vert en améliorant la flore des prairies pâturées. L’effectif du troupeau est important pendant la période estivale. Les associés ont groupé les vêlages en mai.  “Cette décision est motivée par deux critères. D’abord, il est économiquement valable de produire du lait d’été. Ensuite, nous profitons de la richesse de l’herbe à cette période”. L’exploitation a trouvé son rythme. Les vaches produisent 21 kg à 36 de TP et 39 de TB après 8 mois de lactation. “Les vaches expriment naturellement leur potentiel”.

Gaec de la Cour Madame

- 140 hectares (dont 5 ha de maïs et 15 ha de prairie temporaire).
- Au printemps, 30 ha de pâture et 8 ha d’affouragement sont dédiés aux vaches laitières.
- 450 000 litres de quota laitier.
- Séchage en grange.

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