Aller au contenu principal

Gastronomie
L’huître conquérante

Sous l’impulsion des producteurs, les “creuses” de Normandie, gagnent progressivement leurs lettres de noblesses auprès des consommateurs français et étrangers. 

© AD

Ils parlent d’hectares ; ils élèvent, ils exploitent, ils sont ancrés à un terroir... Souvent à la tête de petites entreprises familiales n’ayant pas plus de 4-5 salariés, les ostréiculteurs normands sont surnommés à juste titre “les paysans de la mer”. Car implantés sur une côte ayant les plus fortes marées d’Europe (jusqu’à 14 m de marnage), découvrant un estran allant jusqu’à 6 km, le tracteur est un outil de travail aussi précieux qu’indispensable. C’est aussi un marqueur identitaire fort, qui différencie l’ostréiculture normande de celle de Charente, d’Aquitaine, du Croisic, de Méditerranée ou même de Bretagne.
Saint-Vaast pour la touche de noisette, Gouville pour l’iode, Asnelles pour l’équilibre et le tonus... “En Normandie, il y a des huîtres pour tous les goûts, c’est l’une des grandes forces de la filière”, garantit Jean-Marc Jacquette, chargé de mission au comité régional conchyliculture de Normandie (CRC). Mais les normandes souffrent encore d’un déficit de notoriété face à la voisine cancalaise, la traditionnelle d’Arcachon, les subtiles fines
de claires, et les aristocratiques Gillardeau. 
A qui la faute ? Pas à ce pauvre bivalve, qui fait de son mieux pour exprimer toute la diversité des terroirs des côtes normandes. Mais bien qu’ayant un passé conchylicole datant du XVIe siècle, la Normandie n’a réellement développé sa production que depuis les années 70, ce qui en fait le plus jeune bassin de production de France. Et pendant des années, la Normandie s’est “contentée” de produire des huîtres pour les autres bassins de production. Aujourd’hui encore, Marennes d’Oléron et consorts ont souvent “poussé” sur les côtes normandes, avant d’être “affinées”, et estampillées du lieu final d’expédition, sans mention à la Normandie. 
Notamment avec les problèmes de mortalité qui ont explosé en 2008 (de 30 à 40 % de pertes par cycle, en moyenne en Normandie), la filière normande s’organise pour créer une offre différenciée et capter ainsi la valeur ajoutée. Et le consommateur y gagne une palette de goûts supplémentaire.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Prix du lait juillet 2022 : le compte n’y est vraiment pas selon Ludovic Blin
Alors que la hausse des prix du lait a tardé à s’enclencher, la mécanique se grippe et les principaux opérateurs de la filière…
Moisson 2022 : dernière ligne droite
Toutes les semaines, nous proposons un point sur l’avancement des récoltes dans le Calvados, la Manche et l’Orne. Lundi 25 …
La haie fédère les acteurs locaux de toute la Normandie
La Région a lancé un appel à manifestation d’intérêt intitulé Opération Normandie haies fin 2021. Mercredi 6 juillet 2022, les…
Mesures de restriction d’eau dans le Calvados
La situation hydrologique et hydrogéologique était déjà défavorable début juillet 2022. L’absence de précipitation ainsi que les…
Moisson 2022 : rapide et en avance
Toutes les semaines, nous proposons un point sur l’avancement des récoltes dans le Calvados, la Manche et l’Orne. Lundi 18 …
Coquillages et préjugés : Anaïs, portrait d’une reconvertie
Le Comité régional conchyliculture (CRC) a lancé sa campagne de communication ConchyQuoi en mai 2022 sur les réseaux sociaux. Des…
Publicité