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Lin : serein sur la campagne à venir

De la qualité et de l'homogénéité en 2013. Plus de paille mais une richesse nuancée en 2014. Des cours soutenus grâce au tirage de la Chine, voire de l'Inde... La liniculture régionale affiche une sérénité à entretenir.

"Il est important pour nous de maintenir une filière locale de production de semences. Chacun, dans ses choix, doit en apprécier l'origine," a souligné Emmanuel Frimout, président de la coopérative linière de Cagny.
"Il est important pour nous de maintenir une filière locale de production de semences. Chacun, dans ses choix, doit en apprécier l'origine," a souligné Emmanuel Frimout, président de la coopérative linière de Cagny.
© TG

La coopérative linière de Cagny (14) a tenu sa 49ème assemblée générale le 23 janvier dernier sous la présidence d'Emmanuel Frimout. L'occasion de se féliciter d'une augmentation de 24 % du chiffre d'affaires dépassant les 6 ME. Fonds propres et fonds de roulement s'en trouvant ainsi consolidés.

Récolte 2013 : 3 198 e/ha de recette
6,384 t/ha de poids de paille. 1 621 kg/ha de fibres longues. 503 kg/ha de fibres courtes et une cadence horaire de 4 926 kg/h. Sur le plan technique, les résultats de la récolte 2013 ont été jugés par les dirigeants de la coopérative de "corrects mais en dessous de l'ensemble des teillages français. Des semis tardifs pour notre bassin de production, souvent effectués début avril, des terres encore assez froides, des attaques importantes d'altises et le manque d'eau début juin ont limité le rendement en paille à l'hectare. Mais l'atout de notre récolte aura incontestablement été sa qualité et son homogénéité. Avec plus de la moitié des lots de qualités bonnes et supérieures, et seulement 8 % de tris, la récolte fut remarquable. L'absence de verse et une nappe de moyenne épaisseur auront permis un rouissage de qualité et un bon travail aux champs". La retenue de teillage a été fixée à 750 e/heure en diminution de 150 e par rapport à l'année précédente. "Nous devons cette performance, qui peu ou prou endigue l'impact de la suppression de l'aide à la transformation, à une gestion rigoureuse de nos coûts de production, à la modernisation régulière de notre outil et à la qualité de votre travail. Ainsi, les temps d'arrêt machines pour cause de panne mécanique ont été divisés par deux par rapport à l'an passé. Pour ce qui est du prix de vente de nos fibres longues, il est à un niveau qui nous satisfait. Avec 2 190 t de fibres longues produites et commercialisées au prix moyen de 2,17 e/kg sur la campagne, notre stratégie de fournir un travail de qualité, notre politique de vente ainsi que l'exigence du meilleur prix ont porté leurs fruits", a déclaré Emmanuel Frimout. Au final, la recette moyenne de la récolte 2013 s'est élevée à 3 198 e/ha.

Récolte 2014 :rendement moyen de 21,2 %
Concernant la récolte 2014, 224 ha sur les 1 541 ha teillables (6 ha non teillables) ont été teillés et donnent une première tendance significative. Le tonnage atteindrait 7,89 t/ha (contre 6,58 t/ha en moyenne quinquennale) et 1 674 kg de filasse (contre 1 540 kg en moyenne quinquennale) soit un rendement moyen de 21,2 %. "Un poids de paille important contrebalancé par une richesse moindre laisse présager d'une production en fibre longue à peine supérieure à l'an passé. La qualité est moyenne. les cadences sont en léger retrait à cause notamment de lins rentrés humides, plaqués dans les boules, occasionnant des bourrages dans les turbines et altérant la solidité. Dans les cas extrêmes, les noyaux sont perdus. Un retournage était souvent nécessaire pour faire sécher l'andain", a fait remarquer Emmanuel Frimout.
Quoi qu'il en soit, le lin normand trouvera preneur car le marché affiche des niveaux de consommation croissants. La demande a grimpé de 110 000 t en 2012/13 pour atteindre 130 000 t en 2013/14. "La promotion, la traçabilité de nos matières (laboratoire des fibres libériennes), le développement des marques certifiant l'origine européenne (European Flax), l'organisation de congrès réunissant des quatre coins du monde tous les acteurs de la filière, la communication grand public (Linen Lux, salon Maison et Objet...), les outils de veille économique, le nouveau programme Be Linen sont autant d'actions portées par la CELC et qui boostent le marché", se sont félicités les responsables de la coopérative. Dans ce contexte, Cagny a déjà augmenté sa capacité de production depuis le 5 janvier passant de 45 à 50 heures de travail par semaine. Mais prudent, Emmanuel Frimout de conclure : "nos surfaces doivent être conformes à la situation du marché actuel. Cette période enthousiaste ne doit cependant pas nous aveugler. Il convient de préserver les équilibres acquis mais aussi de réfléchir à notre façon d'éviter les déséquilibres du marché. Des réflexions sont menées sur ces sujets : la gestion du stockage des pailles corrélée avec une adaptation des emblavements est une nécessité. L'interprofession doit être incitative, prélever et rétribuer, afin que l'intérêt de la filière prime sur les intérêts individuels".

Dans les jours prochains
Soutien à l'investissement en matériels
2014 a démontré une fois de plus la nécessité de disposer d'un parc matériel suffisant et en bonne santé. A l'initiative du Syndicat des producteurs de lin bas-normand, les acteurs politiques et économiques de la région ont été sensibilisés sur la vétusté et le manque de matériels spécifiques mettant certaines années la production locale en difficulté. Les 3 teillages du département se sont impliqués derrière Marc Vandecandelaere (président du Syndicat des producteurs de lin bas-normand) pour que l'investissement dans du matériel de récolte soit soutenu au travers du FEADER (fonds européens). La mise en oeuvre de ce programme devrait intervenir dans les prochains jours.

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