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Innovation
Linelec, la clôture électrique en lin par et pour les agriculteurs

L’entreprise Chapron Leménager, installée à Isigny-sur-Mer (14) depuis 1948, a fait de la clôture électrique son cœur de métier. Depuis l’automne, elle commercialise Linelec, des clôtures en fils en lin.

© JP

La société Chapron Leménager est nichée, depuis 1948, à Isigny-sur-Mer, à la frontière entre le Calvados et la Manche. Ludovic Chapron est le petit-fils du créateur de l’entreprise. « Mon grand-père était mécanicien agricole. Il a suivi l’évolution du métier et s’est spécialisé dans la clôture électrifiée : électrificateur, isolateur, fils, rubans, poignées », retrace celui qui en est désormais le dirigeant. La structure a un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros, dont 13 % d’export « en Europe  ». Ses clients sont les magasins « Lisa  », dans le jargon - les magasins de libre-service agricole – et ceux de bricolage. Trente-deux salariés, répartis dans les trois cœurs de métiers que sont la plasturgie, le textile et l’électronique, travaillent à Isigny-sur-Mer. « Tout est fait, à 80 %, ici. Sauf les piles et les fils en acier. »

Cahier des charges

« Nous utilisons des fils synthétiques, dérivés du pétrole, que l’on achète en monofilaments ou en billes plastiques. Nous nous sommes demandé comment innover pour utiliser moins de plastique. » Alors, dans la première région productrice de lin au monde, Ludovic Chapron s’intéresse à cette fibre textile. Il contacte un teillage local et fait un essai, début 2021. « On a récupéré de la fibre courte, pour des raisons économiques. Notre travail consiste à passer le fil de lin dans les retordeuses pour lui faire gagner en solidité tout en ajoutant le conducteur, en l’occurrence un fil d’aluminium. » S’il a fallu faire quelques réglages d’adaptation, « ça a marché ». Le lin répond au cahier des charges de l’entreprise. Entre le passage dans la machine et le prix, l’équation fonctionne. « On a aussi fait des tests au champ, les bovins ne foncent pas dessus. »

Dans l’air du temps

Ludovic Chapron est fier de proposer un produit « cultivé par les agriculteurs, pour les agriculteurs ». Et surtout un produit dans l’air du temps, sans dérivé de pétrole. « Parfois, les clôtures restent au champ. Le lin, dont la durée de vie est plus courte que le plastique, va pourrir sur place, sans polluer. » Depuis novembre, Linelec – c’est le nom du fil – est commercialisé. « Une bobine de 400 m vaut 20 euros. C’est difficile de comparer les prix, car ils varient, entre autres selon le conducteur (cuivre, inox, alu). Mais les magasins en commandent, les gens veulent essayer. » L’entreprise a revu l’emballage de son produit  : d’une coque plastique transparente, les bobines sont passées dans du carton. L’entreprise qui travaille avec les saisons vise une disponibilité dans les rayons pour le début du printemps. L’année 2022 est celle du lancement. « Selon l’accueil que réserveront les consommateurs à Linelec », Ludovic Chapron a en tête d’élargir la gamme aux rubans pour les éleveurs de chevaux. « Nous n’avons pas vocation à remplacer le marché du fil en plastique, mais nous proposons une alternative à ceux qui veulent. »

Les bobines de lin sont déroulées...
© JP
...Les fils sont assemblés dans la retordeuse avec un fil d’aluminium...
© JP
...en sortent trois torons ...
© JP
... Les trois torons sont déroulés et passent une nouvelle fois dans une retordeuse qui les assemble pour composer le fil final.
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La bobine terminée a la couleur naturelle du lin.
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Ludovic Chapron présente Linelec, du lin électrifié.
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