"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y aura de moins en moins d'investissements sur les infrastructures et les compétences non obligatoires, prévient son président Hervé Morin.
A l'ordre du jour de l'assemblée plénière du conseil régional de Normandie, lundi 11 octobre à Rouen, on trouvait le débat d'orientation budgétaire pour 2027. Dans le contexte national de baisse des dotations de l'État aux collectivités - 5,5 milliards d'euros en moins, dont près d'un milliard pour les régions - la Normandie anticipe une baisse de 30 millions d'euros de ses ressources. Les dépenses de fonctionnement s'élèveront à 1 325 millions d'euros, en léger repli par rapport à 2026.
"Investissement : freinage marqué"
Il y aura un "freinage marqué des dépenses d'investissement " : 550 millions contre 600 millions en 2026 et 900 millions d'euros en 2024. Les recettes diminuant, l'épargne baisse aussi et donc, avec elle, la capacité d'investir. " Mais avec 550 millions, on rejoint des niveaux d'investissement de régions de même stature, comme la Bretagne ou les Pays de la Loire", défendait Hervé Morin, vendredi 9 octobre lors d'un déjeuner de presse précédent l'assemblée plénière. L'incertitude est forte d'autant que personne ne sait ce qui ressortira des débats parlementaires sur le projet de loi de finances. "On est dans le brouillard le plus complet".
Alors, quels seront les arbitrages pour boucler le budget ? " On pourrait ne pas mettre un sou sur le sport, la culture, la recherche, puisque ce ne sont pas nos compétences obligatoires, avance Hervé Morin, mais je veux préserver les crédits accordés à la culture. Nous sommes la seule région à ne pas avoir baissé les crédits culture en 2026." Toutefois, prévient-il, les services passeront au crible les subventions pour examiner si chaque euro est bien dépensé. La Région veut aussi continuer à soutenir la recherche et l'enseignement supérieur car " c'est absolument stratégique pour une région comme la nôtre qui a des perspectives économiques très favorables. " Enfin, "on va essayer" de maintenir l'effort de soutien économique.
" Terminé les routes "
Mais, pour les autres compétences qui ne sont pas du ressort de la Région, on ne met plus d'argent. Par exemple, les investissements sur les routes, "c'est fini ! Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ne sont pas des zones faciles économiquement." Les infrastructures sont le gros poste de dépense où la Région compte désormais rester en retrait. "Les voies ferrées, c'est pas les nôtres", enfonce le président.
Merci EDF
Mais l'investissement lourd arrive par ailleurs, grâce aux grands chantiers de l'énergie dont va bénéficier la Normandie : 25 milliards d'euros pour construire deux réacteurs EPR 2 à la centrale de Penly, plus de 50 milliards dans le Cotentin pour le projet Aval du futur. " Ces grands chantiers ont des retombées sur beaucoup d'infrastructures et de services publics ", souligne Hervé Morin qui énumère une litanie de chèques signés par EDF au bénéfice de la Seine-Maritime : 4 millions pour l'hôpital d'Eu en reconstruction, 2 millions pour les urgences de l'hôpital de Dieppe, l'extension du réseau ferroviaire qui alimentera Penly, les routes qui y conduisent - payées à 80 % par EDF -, un aménagement prochain du port de Dieppe, dont l'entreprise paiera " l'immense majorité ".