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Véronique Louwagie, député de l’Orne
“L’objectif de +30 €/1000 l est réaliste”

Le 17 avril, Véronique Louwagie, député de l’Orne, a interpellé le ministre de l’agriculture lors de la séance aux questions au gouvernement. Cette intervention a suivi la mobilisation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs.

© DR

Le 17 avril lors des questions au gouvernement, vous êtes intervenue sur la situation des producteurs de lait. Quels éléments ont déclenché votre prise de parole ?
Le 22 janvier dernier, j’ai appelé l’attention du Ministre de l’Agriculture sur la nécessité que l’Etat intervienne afin de conforter la position des éleveurs et producteurs lors des négociations avec les grandes enseignes de distribution. J’indiquais déjà que la proposition du Gouvernement de modifier la répartition des aides de la PAC pour soutenir l’élevage ne suffirait pas. A la fin du mois de février, j’ai été élue vice-présidente du groupe élevage à l’Assemblée nationale. La réponse que m’a adressée le Ministre le 9 avril dernier m’a parue insatisfaisante et franchement insuffisante.

Concrètement, quel rôle peut jouer un parlementaire sur la problématique des producteurs de lait ?
Un parlementaire se doit d’alerter le Gouvernement lorsque des crises graves menacent des filières de notre économie et mettent en jeu la survie même de nos territoires. L’agriculture et l’agroalimentaire dans l’Orne représentent plus de 10 % des emplois. Par l’inaction, ce sont des régions entières qui pâtissent de la crise du lait. Le RSA ne doit pas se substituer à des cours qui ne rémunèrent pas à son juste prix le travail des producteurs. De nombreuses familles sont touchées, nous devons tous ensemble travailler pour trouver des solutions. 30 euros de plus pour mille litres de lait, cela représente deux centimes pour le consommateur par litre.

Vous avez dialogué avec Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA de l’Orne. Quel rôle a joué cet entretien ? Entre femmes vous comprenez-vous mieux ?
Anne-Marie Denis, à peine élue, a dû mener une forte action de mobilisation. Le succès de cette mobilisation démontre deux choses : la performance de l’organisation et l’ampleur de la crise  qui conduit de nombreux agriculteurs à réagir. Dans de fortes périodes d’incertitudes et de doute, il est normal et nécessaire que les élus soient aux côtés de ceux qui en ont besoin. Si entre responsables professionnels, responsables syndicaux et élus nous nous comprenons c’est bien parce que souvent nous convergeons ensemble vers le même but. L’objectif de 30 euros de plus pour mille litres est réaliste et nécessaire pour de nombreuses fermes, c’est pourquoi nous agissons ensemble. Anne-Marie Denis est une femme de terrain qui connaît bien ses sujets et les problématiques agricoles. Alors nécessairement, lorsqu’elle veut faire passer un message, elle est parfaitement comprise.

La réponse de Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, vous satisfait-elle ? Dégagez-vous des points positifs ?
Je lui ai parlé de l’urgence de la situation. Le Ministre m’a répondu vouloir mettre en place des réunions, des tables-rondes et attendre beaucoup de la future PAC… Le Ministre a sans doute raison, mais est-ce une solution pertinente ? J’en doute. En premier lieu, je déplore que le Gouvernement se refuse à prendre rapidement des mesures efficaces. Ensuite, repousser les solutions au lendemain me paraît dangereux au regard de la situation de nombreuses exploitations agricoles. Demain risque d’être trop tard. Enfin, le Ministre sera-t-il capable de peser au sein de l’Union Européenne pour que la volonté de la France soit entendue ? Permettez-moi d’en douter.

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