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FDSEA/JA du Calvados
Lundi blanc en attendant jeudi

Le président du Cniel, Henri Brichart également président de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) convoque aujourd’hui jeudi 28 mai les fédérations constituant l'Interprofession laitière à une réunion à Paris.

Il s'agit d'une réunion qui regroupera la FNPL, la transformation laitière privée (Fnil) et coopérative (FNCL). “Cette réunion est destinée à rechercher des solutions permettant de sortir de la crise laitière actuelle,” précise Henri Brichart. La journée de mobilisation des producteurs de lait lundi a été particulièrement suivie. Les producteurs de lait ont même renforcé leur action, bloquant de nombreuses laiteries dans toute la France pour protester contre l'effondrement des prix du lait et faire pression sur les ministres européens de l'Agriculture, réunis à Bruxelles. Quelque 12 600 producteurs de lait bloquaient les accès de 92 laiteries, selon un bilan publié dans l'après-midi du 25 mai par la FNSEA, à l'origine de cette nouvelle journée d'actions, la deuxième en moins d'une semaine.

Plus de 600 producteurs dans le Calvados
FDSEA et JA du Calvados ont largement répondu à cette journée blanche lancée par la FNPL. Elle-et-Vire (Vire), Lactalis (Clécy, Lisieux, Orbec, Bayeux), Graindorge (Livarot), coopérative d’Isigny (Isigny-sur-Mer), et Danone (Le Molay-Littry) ont été bloqués toute cette journée de lundi, voire pour certaines dès dimanche soir. En tout, ce sont plus de 600 producteurs qui se sont relayés interdisant toute entrée ou sortie de camions citernes, parfois même du personnel de la laiterie.
Si la plupart des responsables des sites (et certains élus comme le député Leteurtre présent plus d’une heure à Lisieux) sont venus parlementer avec les manifestants, les huissiers de justice étaient également de sortie. Un geste qui par endroit aurait pu mettre le feu aux poudres. On sent bien en effet sur le terrain que, fatigue aidant, la tension est extrême. Les risques de dérapages sont bien réels. A côté des manifestations encadrées, des actions sporadiques se multiplient. Il est grand temps que le Gouvernement, l’industrie laitière et la grande distribution entrouvrent la porte de sortie de crise.

Bruxelles anticipe le paiement des aides directes
Face à la pression des producteurs de lait, la Commission européenne a décidé d'anticiper le versement des aides directes à tous les agriculteurs. Les paiements pourront être avancés à concurrence de 70% au 16 octobre au lieu de début décembre. Cette mesure a été annoncée par Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l'agriculture, hier à Bruxelles où étaient réunis les ministres de l'agriculture de l'UE. À ce petit coup de pouce à la trésorerie des exploitations s'ajouteront le prolongement au-delà de la fin août des aides au stockage privé et éventuellement de l'intervention publique dans le secteur du beurre. Mme Fischer Boel, en revanche, n'est pas prête à réactiver le régime de ventes à bas prix de lait écrémé en poudre destiné à l'alimentation des animaux, comme l'avaient demandé la France et l’Allemagne. Une mesure, selon elle, “trop coûteuse”. Au total, les dispositions annoncées par Bruxelles ont été qualifiées par Michel Barnier de “premières réponses” à la crise actuelle. Mais, selon le ministre français, “ces premiers pas ne sont pas à la hauteur des défis”.

Un marché laitier en berne

Une baisse de 8 % depuis le début de l’année : voilà comment se présente la collecte laitière sur les précédents mois (janvier, février, mars) par rapport à la même période de 2008. Les experts du ministère de l’Agriculture y voient surtout l’effet d’une démoralisation des éleveurs. Preuve en est l’augmentation de 3 % des abattages de gros bovins parmi lesquels figure une bonne part de vaches de réforme. Du coup, c’est tout le marché qui est en régression. Les laits conditionnés régressent de 8,5 %, la production de yaourts stagne (+0,5%), celle de fromages est en baisse de 4,4 %, les fabrications de poudres de lait écrémé se réduisent de 6,6 % et celles de beurre de 0,4 %. Peut-être fallait-il cette réduction pour réduire les stocks et assainir le marché font remarquer certains observateurs. Ce n’est qu’à cette condition que les prix pourraient redémarrer. Mais il faut pour cela que le marché mondial évolue lui aussi à la baisse. En attendant, les éleveurs cumulent l’impact d’une baisse de prix avec celui d’une baisse des volumes.

 

Les gros font ausi le dos rond

La plus grosse exploitation laitière du Finistère, la société civile laitière (SCL) de Kerdanne à Langolen (2 millions de litres de lait de quota, 250 vaches laitières) fait le dos rond. Il y a un an, quatre exploitations créent cette structure en investissant 1,5 Me sur un site de traite robotisée. En vertu du dispositif “SCL”, ils conservent le pilotage de leurs terres (550 ha) pour approvisonner en fourrages les animaux placés dans la structure de production, et la gestion des effluents. “Pour faire face à toutes nos charges financières et d’exploitation, il nous faudrait 303 e/1 000 l”, explique Daniel Barré, l’un des cinq associés. “Entremont nous annonce sur 2009 un prix moyen annuel de 257 303 e/1 000 l. Il va donc falloir faire des choix.”  La SCL a déjà obtenu la possibilité de décaler les paiements mensuels au centre d’insémination à des périodes meilleures.

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