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Elevage
Lutter contre la mortalité des veaux

Dans le cadre du Contrat de Projet Etat-Région 2007-2013 (CPER), une nouvelle action, soutenue par l’ensemble de la profession agricole de Basse-Normandie, a été mise en place pour améliorer la maîtrise des naissances et de l’élevage des veaux. Elle vise à réduire le taux de mortalité des veaux, ainsi que les états de morbidité, afin d’augmenter dans la région le nombre d’animaux susceptibles de produire plus tard du lait ou de la viande.

L’action est portée et animée par les Groupements de Défense Sanitaires de Basse-Normandie, avec l’appui technique du CIRLVBN et le soutien financier de l’Etat. Un observatoire de la mortalité des veaux a été mis en place par les GDS à partir de la base de données professionnelles située à l’ARSOE. Le taux de mortalité des veaux avant 30 jours, calculé sur les 3 dernières années (2005-2006-2007), varie entre 7 et 13 % selon les départements et les types d’élevage (tableau 1).
Plus de 3 400 élevages bovins en Basse-Normandie présentent des taux de mortalité supérieurs à la moyenne de leur département.
En 2008, les résultats ont évolué à la hausse (8 à 15 %) avec un impact certain de la FCO sur la fin de l’année suite aux contaminations qui ont pu se produire avant le début de la vaccination (tableau 2).

Mortalité et problèmes de santé des veaux : des conséquences économiques importantes
En élevage allaitant, la productivité numérique est le critère zootechnique principal, déterminant le résultat économique de l’exploitation. Ce critère est le facteur à la fois du nombre de femelles gestantes, de la prolificité et du taux de mortalité des veaux. Ce dernier peut varier fortement d’un élevage à un autre. Par exemple dans les fermes du réseau de références de Normandie, le taux varie de 2 % à 20 % pour une moyenne du groupe évaluée à 8 %.
Pour un élevage en système naisseur herbager avec 70 vaches allaitantes qui vend exclusivement ses mâles et une partie de ses femelles en maigre, l’augmentation de 5 % du taux de mortalité (soit 4 veaux vendus en moins) se traduit par une perte de plus de 2 000 € d’Excédent Brut d’Exploitation (EBE). Dans ce cas, l’éleveur adapte sa politique de réforme en fonction des vaches ayant perdu leurs veaux. Or bien souvent ce n’est pas le cas et la perte peut être alors évaluée à 3 000 € d’EBE soit 11 % de baisse.
A l’échelle de la région Basse-Normandie en 2008, l’observatoire a permis de comptabiliser un total de 23 000 veaux de type viande morts avant 1 mois, dont on peut dire que 33 à 50 % auraient pu être évités grâce à un meilleur suivi, soit 7 000 à 11 000 veaux de type viande qui auraient pu passer ce cap. En prenant une valeur nette de 500 € par veau, cela représente une perte de 3,5 à 5,5 millions d’€ pour la région.
En élevage laitier, l’impact de la mortalité des veaux est peut-être moins évident au regard du prix actuel des petits veaux sur le marché, surtout les mâles de race Prim’Holstein. Dans le cas des femelles, c’est quand même une future vache laitière en moins pour le renouvellement du troupeau.
Dans le cas d’un veau mâle de race Normande, c’est également une perte non négligeable.
A l’échelle de la région Basse-Normandie en 2008, l’observatoire a permis de comptabiliser un total de 48 000 veaux de type laitier morts avant 1 mois, dont 20 000 environ auraient pu être évités : 50 % de sexe mâle à raison de 100 € par animal, 50 % de sexe femelle à raison de 250 € par animal, soit une perte totale de 3,5 millions d’€.
Au total pour la région, c’est une valeur de 7 millions d’€ minimum qui s’envole chaque année, et encore sans tenir compte de la valeur génétique des veaux morts, ni des frais de reproduction et des frais vétérinaires, ni de l’impact sur la qualité du lait. Un suivi plus attentif et une amélioration des conditions d’élevage des jeunes veaux permettraient de réduire le taux de mortalité de quelques points (il restera toujours une part de mortalité impossible à combattre) et de conserver cette richesse dans le cheptel bas normand.


Actions soutenues par l’Etat dans le CPER
L’Etat apporte son concours financier sur l’ensemble de l’action, qui comporte plusieurs volets :
➢- tableau de bord individuel de la mortalité des veaux
Grâce à l’observatoire mis en place par les GDS, tout éleveur peut disposer d’un tableau de bord individuel de la mortalité des veaux sur son élevage. Le taux de mortalité est calculé, pour les ateliers lait et viande, sur les tranches d’âge suivantes : 0 jour, 1-7 jours, 8-21 jours, 22-30 jours, et cumul 0-30 jours. Les résultats de l’élevage sont comparés avec la moyenne départementale. Des données sont apportées sur quelques facteurs de risques possibles : le % de primipares, le % de naissances d’animaux croisés lait x viande, le % de naissances hivernales. Un tableau de bord de la fertilité est également établi ;

- dépistage et assainissement BVD
Le BVD est un facteur important de la mortalité des veaux, comme d’autres maladies (paratuberculose bovine, fièvre catarrhale ovine…), mais avec des effets beaucoup plus rapides et des conséquences très graves. Depuis plusieurs années, l’Etat soutient les GDS pour réaliser le dépistage du BVD sur le lait de tank ou les sérums de prophylaxie. Ce dépistage est systématique ou à la demande selon les départements et selon les ateliers. Les éleveurs concernés disposent ainsi de leur statut BVD.
En cas de problème, des visites en élevage sont proposées par les GDS pour aider à l’assainissement. 227 visites de mise en place de plan BVD ont ainsi été réalisées en Basse-Normandie en 2007, et 203 en 2008 ;

- visites de conseil
Les élevages qui présentent un taux de mortalité des veaux important peuvent bénéficier d’un conseil adapté, avec plusieurs visites possibles. Celui-ci commence par une visite de diagnostic initial réalisée par le GDS en concertation avec le vétérinaire de l’éleveur. Ensuite, selon les résultats de ce diagnostic initial, il peut être proposé à l’éleveur des visites complémentaires, réalisées par des experts, pour le conseiller sur différentes thématiques :
- conception des bâtiments des adultes ou des nurseries ;
- qualité de l’eau ;
- lutte contre certaines maladies ;
- pratiques d’élevage et alimentation.
En cas d’aménagement de bâtiments à mettre en œuvre, l’éleveur engagé dans la démarche bénéficie d’un accès privilégié à l’action “petits investissements” dans le cadre de laquelle il peut avoir jusqu’à 1 600 € d’aide.
42 visites d’élevage ont ainsi été réalisées en 2007, année de démarrage de l’action, en Basse-Normandie. En 2008, 232 éleveurs ont bénéficié de l’action et 352 visites ont été réalisées, dont 69 spécialisées sur l’aménagement des bâtiments ou qualité de l’eau. Environ 60 éleveurs ont pu recevoir des subventions pour les aménagements dans ce cadre.

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