Aller au contenu principal

Culture
Maïs fourrage sur pied : prix de base 2008

Comme les années précédentes, nous vous proposons un prix de base 2008 du maïs sur pied correspondant au produit du maïs grain que le producteur espère retirer de son champ.

Dans un souci de simplification, nous considérons dans nos calculs suivants, que la valeur des cannes exportées lors de l'ensilage correspond pour le vendeur à l'économie réalisée par l'absence de récolte en grain.

Prix de base
Cette année, compte tenu de la tendance des marchés en céréales, le maïs grain pourrait  être payé 13 €/quintal (net de séchage et de taxes) au producteur.
Pour un rendement de 60.6 quintaux, le vendeur réalisera un produit minimum de 787,80 €/ha (60.6 quintaux x 13 €). La prime couplée pour les céréales, si elle est demandée, reste au vendeur. Ces 60.6 quintaux de maïs grain de bonne qualité équivalent à 11 tonnes de matière sèche (5,5 quintaux grain/tonne de matière sèche), ce qui nous donne un prix de 71,5 €/tonne de MS sur pied  soit : 21,46 €/T vert sur pied (sur la base de 36,7 tonnes de vert à 30 % MS).
Ce prix peut servir de base pour les transactions concernant de bons maïs fourrages (au moins 30 % de matière sèche et 55 % d'épi grain).

Coût de l’unité Fourragère
Pour l'acheteur, il faut rajouter :
- le coût de la récolte : 187 €/ha, si tout  est réalisé par entreprise, remorques comprises ;
- le coût de transport supplémentaire : 199 (pour 6 km en plus) ;
soit un coût total de 386 € à rajouter aux 787.8 €, soit 1 173,80 € /ha.
Compte tenu d'une qualité normale (0,90 UFL/kg MS) et compte tenu d'une perte au silo de 15 %, l'UFL du maïs fourrage rendue à l’auge acheté par l'éleveur coûtera 0,139 € (1 173,80/(11 000 x 0,90 x 0,85)). Cette valeur est à comparer avec les produits de substitution (autres fourrages ou concentrés).
Notons que pour l'acheteur, le coût de l'ensilage et du transport est à adapter au cas particulier.
Cette base de transaction peut être utilisée à condition d'en connaître le tonnage et la matière sèche.
Compte tenu des incertitudes de marché, nous proposons trois niveaux de prix de vente prévisionnel (11 €, 13 € et 16 € le quintal) pour l’estimation du maïs fourrage. De plus, suite aux conditions pédo - climatiques très variables suivant les secteurs du département, 8 niveaux de rendements ont été retenus. Compte tenu de la très forte volatilité des cours des matières premières agricoles depuis 2 ans, nous sommes amenés à proposer ces fourchettes larges de comparaison.

Ne pas hésiter à actualiser les calculs.
Quel aliment de substitution retenir ?
Un équilibre est à rechercher entre le vendeur et l'acheteur pour que chacun trouve son compte.
A titre indicatif, dans le tableau 1 est résumé ce que peut coûter à produire un hectare de maïs sur pied.

Quel aliment de substitution retenir ?
Avant tout achat de maïs ensilage ou d’aliments de substitution, il est indispensable de réaliser un bilan fourrager le plus exhaustif possible. On confrontera ainsi les stocks fourragers disponibles aux animaux présents au cours de l’hiver. Suite à ce bilan, l’achat de maïs ensilage sur pied compensera en partie ou partiellement l’éventuel déficit fourrager. L’achat de produits de substitution pourra se révéler nécessaire tout en raisonnant son intérêt technique et économique dans l’alimentation des vaches laitières.
• La pulpe de betteraves surpressée : aliment appètent caractérisé par une valeur énergétique élevée et des valeurs azotées faibles (cf. tableau valeurs alimentaires). On peut retenir qu’un kilo de Matière Sèche (MS) de pulpe peut remplacer 1 kg de MS de maïs. Il est tout de même prudent de ne pas dépasser 8 kg de MS par vache, sans oublier de mettre à disposition des animaux du foin ou de la paille.
• La drêche de brasserie : aliment à utiliser de préférence comme un substitut de concentré azoté sans dépasser 3 kg de MS par vache. Convient bien avec des rations à base de maïs ensilage ou des fourrages riches en énergie, tout en veillant à l’apport d’un complément azoté riche en azote soluble (urée, tourteau de colza…), et d’un minéral bien pourvu en calcium.
• La drêche de blé : elle doit être considérée comme un concentré, et peut se substituer à un concentré de production ou à un correcteur. La drêche est appétante. Les recommandations de distribution sont de l’ordre de 2 à 3 kg de MS par vache. Dans la pratique, nous relevons tout de même des distributions supérieures (5 à 7 kg de MS) sans occasionner de problèmes alimentaires. Sa pauvreté en azote soluble nécessite un concentré correcteur plutôt riche en azote soluble (urée, tourteau de colza…).
• La pomme de terre : aliment riche en amidon lent, type maïs grain, à distribuer au maximum de 3 à 4 kg de MS par vache, et plutôt 2 kg de MS de préférence avec un ensilage de maïs pauvre en grain ou avec de l’ensilage d’herbe. Il est nécessaire d’être attentif à l’apport de fibres (1 à 2 kg de foin ou paille) et d’un minéral riche en calcium, sans oublier l’apport de sel et de substances tampons si nécessaire (bicarbonate et magnésie).
• Les produits de l’industrie du maïs : avec un cours du maïs grain en baisse actuellement, tous les produits de transformation du maïs (ensilage de maïs doux ou corn gluten feed) sont aujourd’hui en baisse. L’ensilage de maïs doux peut remplacer une bonne partie du maïs fourrage, mais attention à le complémenter en blé car ce produit de maïs doux se caractérise par une teneur en amidon faible (12 %). Le corn gluten feed permet de substituer une partie des tourteaux. Sur une ration vache laitière ne pas dépasser les 5 kg de matière sèche.
L’ensemble de ces principaux coproduits nécessite d’être attentif sur la confection des silos, s’ils sont ensilés, à leur teneur en matière sèche, tout comme leur valeur énergétique et azotée. Tout calcul de prix d’intérêt est d’abord un calcul mathématique basé sur des valeurs alimentaires bien précises (tableau), tout écart de ces dernières en modifie le résultat final.

A quel prix je dois payer cet aliment de substitution ?
Le principe du prix d’intérêt est basé sur le calcul du prix d’une UF et de 100 g de PDI par rapport à 2 aliments de référence, le blé et le tourteau de soja, tout en tenant compte dans ce calcul du prix de 100 g de phosphore total et calcium total.
Ce prix d’intérêt est bien sûr un prix rendu auge. N’oubliez pas, éventuellement, de tenir compte des pertes avec des silos de drêches ou pulpes de betteraves surpressées ensilées par exemple.
Lecture possible du tableau 3 : si le prix retenu de la tonne de blé est de 170 € et celle du tourteau de soja à 350 €, le coût de la tonne brute d’ensilage maïs est de 40 €, alors je ne dois pas payer la tonne brute de pulpe de betterave surpressée ensilée à plus de 35 € rendu auge ou celle d’ensilage de maïs doux à plus de 38 € toujours rendu auge.
Comme précisé précédemment, l’ensemble des calculs de prix d’intérêt a été établi à partir de valeurs alimentaires précises proposées par l’INRA. Pour des valeurs différentes que celles retenues ci-dessus, n’hésitez pas à contacter la Chambre d’agriculture, pour établir un prix d’intérêt propre à votre situation.

Avertissement
Vendeur et acheteur sont donc confrontés à deux choix :
- le vendeur aura la possibilité, soit de vendre le maïs sur pied, soit de le vendre en maïs grain ;
- l’acheteur aura la possibilité d’acheter le maïs fourrage sur pied, soit d’acheter un aliment de substitution, d’où l’article  suivant.
• Il reste que le prix de revient de l’hectare de maïs avant récolte, valorisation de travail comprise, est de 1 081 €.
• Le prix de marché s’établira entre l’acheteur et le vendeur en tenant compte de ces éléments.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

KATRINE LECORNU - MARQUE GRAND FERMAGE - AGRIAL
Marque Grand Fermage : « on veut donner une image crédible et vraie de notre profession »
Katrine Lecornu est éleveuse à Nonant, dans le Bessin (14). Depuis deux ans, elle travaille avec l’équipe marketing d’Agrial sur…
Blandine Julienne, JA 61
Blandine Julienne : " J’aime gérer le relationnel et le terrain "
Blandine Julienne est installée en lait et cultures avec son conjoint Vivien à Bizou, dans le secteur de Longy-au-Perche. D’une…
ANNE MARIE DENIS PRESIDENTE FRSEA
" Forger un syndicat régional moteur d’une agriculture multiple "
Rencontre avec l’Ornaise Anne-Marie Denis, présidente de la Fdsea 61 et désormais de la Frsea Normandie. Une femme de caractère,…
JULIEN DENORMANDIE
Julien Denormandie : « Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens »
« Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens », souligne le ministre de l’Agriculture avant d’ajouter…
COOPERATIVE CREULLY ESSAI CULTURE POMMES DE TERRE
La Coop de Creully plante le cadre des pommes de terre industrielles
La Coopérative de Creully teste avec une vingtaine d’agriculteurs la production de pommes de terre industrielles. Près de 150 ha…
Jennifer Morin, agricultrice
Jennifer Morin, « mieux vaut avoir le caractère bien trempé »
À Larchamp, commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (61), Jennifer Morin est installée avec son mari en lait. Non issue du milieu…
Publicité