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Maïs : la modulation de densité de semis peut vous faire gagner 50 euros/ha

Le 3 mai dernier à La Croix Avranchin (50), l’ETA Dubois a modulé la densité de semis de maïs sur une de ses parcelles. Une expérimentation pilotée par Dekalb, marque de semences du groupe Bayer. Revue de détails.

Dekalb commercialise des semences de maïs et de colza avec de plus en plus de «  solutions associées ». Rencontre avec Marine Nevannen, responsable expérimentation Grand Ouest de cette filiale de Bayer.

>> Quelle est la particularité, aujourd’hui 3 mai ici à La Croix Avranchin(50), de ce chantier de semis de maïs ?
Nous sommes dans l’agriculture de précision. Nous testons la modulation de densité de maïs. L’intérêt, c’est de calculer le bénéfice de cette modulation, savoir combien on gagne en faisant varier la densité de semis sur chaque m2 de la parcelle en tenant compte de son potentiel.
Le prérequis, c’est de connaitre la densité optimale pour chacune des variétés que nous commercialisons car elles réagissent toutes différemment. C’est aussi notre métier de semencier que de préconiser la bonne densité au bon endroit.

>> Avant cette opération de semis, il y a un peu de boulot ?
C’est tout un cheminement puisqu’il faut préalablement déterminer le potentiel de la parcelle point par point. Pour cela, plusieurs méthodes existent comme par exemple la cartographie de sol (réalisée ici par Precifield) complétée par des cartes satellites de rendement. L’objectif étant de savoir où on met les pieds.


>> Et ensuite ?
On définit la variété à retenir et on délimite les densités par zone de potentiel. On entre toutes ces données dans une console de semoir de précision capable de moduler. Tout le reste se fait automatiquement mais il y a, en effet, quelques heures de travail au préalable. Savoir exactement la densité à appliquer constitue la base de la réussite.

>> Vous n’êtes pas seul dans cette expérimentation ?
Non bien sûr. Il y a tout d’abord l’ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) Dubois qui réalise ce chantier et qui nous met à sa disposition une de ses parcelles. On peut compter ensuite sur la concession qui a vendu le semoir et son constructeur qui nous aident à la mise en route pour maitriser les différents réglages. Nous travaillons enfin avec un négoce, en l’occurrence l’entreprise D2N, qui s’intéresse aussi à l’agriculture de précision.

>> Vous bénéficiez déjà d’un certain recul sur la modulation de densité de semis. Que peut-on en attendre ?
Cela fait 3 ans que nous menons cette expérimentation grâce à un réseau français et allemand plus quelques essais en Pologne. Cela nous a permis de déterminer que l’on pouvait espérer un gain de 40 à 50 euros à l’hectare. Des chiffres que nous devons affiner grâce à la quinzaine de parcelles d’essais avec bandes fixes que nous avons mises en place cette année dans le Grand Ouest.

>> Il s’agit d’une démarche économique ou écologique avant tout ?
Nous sommes dans la durabilité avec pour objectif de mettre le bon produit, à la bonne densité, au bon endroit et au bon moment. A la clé, il y a des économies de semences à réaliser, donc d’intrants, tout en optimisant le rendement. Nous sommes donc à la fois dans l’économique et l’écologique.

A suivre...

Christophe Jarriau (inspecteur technico-commercial chez Monosem) : « ce semoir est 100 % électrique. Il permet de faire des coupures de section. C’est-à-dire que, dans les fourrières, la ligne de semis est automatiquement coupée. Autre particularité, il est aussi capable de moduler la densité de semis grâce à ses moteurs électriques. Cette technologie est en train de se démocratiser,. On a de plus en plus de demandes en ce sens ».

Marine Nevannen, responsable expérimentation Grand Ouest Dekalb : « c’est notre métier, en temps que semencier, de préconiser la bonne densité de semis en fonction de la variété et du potentiel de rendement à un endroit précis ».

Paul Desquesnes, responsable service et expérimentation chez D2N : « certains semenciers comme Dekalb travaillent sur de nouvelles variétés qui répondent à la densité de semis. Dans le cadre de cette expérimentation, nous avons cartographié cette parcelle pour mesurer la texture du sol, le Ph et les réserves utiles afin de moduler la quantité de graines au m2. Il s’agit d’une démarche économique et écologique ».

Christophe Jarriau, inspecteur technico-commercial chez Monosem.
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