Maïs : une pression de pyrale en retrait, la sésamie gagne toute la Normandie
L'institut technique Arvalis publie le bilan de santé du maïs pour 2026 en Normandie. Du 4 mai au 19 août 2026, un suivi hebdomadaire de pyrales (30 pièges) et de sésamies (11 pièges) a été déployé. La pyrale est faible, la sésamie est désormais présente partout et des captures de chrysomèle ont eu lieu.
Le Bulletin de santé du végétal (BSV) du maïs de l'année 2026 fait apparaître que des pyrales ont été piégées dans tous les départements cette année : toute la région Normandie est concernée par la présence de ce bioagresseur. La pression a toutefois été faible, pour trois raisons : une météo sèche et chaude qui a perturbé le cycle d'émergence du papillon, un nombre de larves dans les cannes en 2025 en diminution par rapport à 2024, et le retour du maïs assolé, après deux campagnes aux implantations d'automne compliquées. Les premières observations ont été relevées autour du 16 juin (semaine 25). Les captures ont ensuite augmenté progressivement pour atteindre un pic en semaine 28, première décade de juillet. Le vol est cette année caractérisé par un pic haut et court dans le temps à l'échelle de la région, dû aux conditions climatiques qui ont resserré le pic de vol.
Le comptage des larves dans les cannes juste avant récolte permet d'évaluer le niveau d'infestation réel de l'année ; il est prédictif du risque pour l'année suivante. Les ensilages extrêmement précoces, liés aux épisodes successifs de canicule, ont rendu les comptages plus difficiles : seules quatre parcelles ont fait l'objet de décorticage. Elles montrent une diminution générale du nombre de larves, avec une moyenne de 5 % de pieds atteints par des dégâts de pyrale. Les larves trouvées sont plus souvent observées sur épis : les larves ne sont pas encore descendues dans les tiges, du fait de la précocité de la récolte.
Le broyage : 50 à 70 % d'efficacité
Les larves hivernent à l'abri dans la base des cannes. Une bonne gestion des cannes après récolte est indispensable pour réduire les populations et limiter la pression l'an prochain, dans les secteurs à forte comme à plus faible pression. Le BSV recommande un broyage fin des tiges, qui détruit les larves ou les expose au froid et aux prédateurs, suivi d'un enfouissement des résidus : pour les parcelles de maïs grain, quel que soit le niveau de pression, et pour le maïs fourrage dans les situations les plus infestées. Réalisé aussitôt après la récolte, le broyage procure 50 à 70 % d'efficacité, améliorée à 75-85 % avec un travail superficiel, et à 95 % avec un dessouchage du collet. Le labour, qui enfouit à une plus grande profondeur, reste plus efficace que les autres techniques de travail du sol. La lutte doit être organisée au niveau de l'ensemble d'un territoire et des rotations pour avoir un effet réel sur les populations de foreurs.
La sésamie gagne la région
Les onze pièges à phéromones ont capturé 40 papillons entre le 5 juin et le 12 août, avec un pic autour du 22-27 juillet. L'ensemble de la région semble désormais concernée. Encore peu présente ces dernières années et inféodée aux régions limitrophes, la sésamie est donc présente aussi en Normandie. Son cycle est plus précoce que celui de la pyrale et elle est plus prolifique : une femelle pond 300 œufs, soit un potentiel de 45 000 œufs en un été. Ses dégâts se rapprochent de ceux de la pyrale, sans distinction de nuisibilité entre les deux espèces. Les moyens préventifs sont les mêmes : rotation, broyage et enfouissement des résidus de récolte.
La vallée de l'Eure sous surveillance
Le premier cas de chrysomèle du maïs, petit coléoptère originaire d'Amérique, a été détecté par le réseau de surveillance en 2021. Quelques individus ont été capturés depuis, comme en 2023 et 2024, et à trois reprises cette année - toujours dans des parcelles de la vallée de l'Eure connaissant un retour fréquent en maïs. Le réseau, composé de 10 sites sur quatre des cinq départements, a fonctionné tout l'été. Cette chrysomèle ne fait plus l'objet de mesures administratives d'éradication : il convient d'adopter une gestion et de bonnes pratiques pour éviter de développer de fortes populations. Le broyage des cannes sur les parcelles touchées doit être systématique avant leur enfouissement, et en zone contaminée, la rotation reste la meilleure des pratiques.