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Jean-Pierre Cavelier, président de Normandie Lapin
Maîtriser la production en 2008 pour harmoniser offre et demande

Normandie Lapin, que préside Jean-Pierre Cavelier, se réunit en assemblée générale demain dans l’Orne. Face à une augmentation des charges et à une baisse du prix payé aux producteurs, l’interprofession a décidé une maîtrise de l’offre pour soutenir les cours.

L’accord interprofessionnel de la maîtrise de la production prévoit de -5 à -6 % et concerne tous les éleveurs. A périmètre Normandie Lapin, l’objectif est de réduire notre production de 10 % en accord avec notre abattoir qui nous a demandé de faire un peu plus.
L’accord interprofessionnel de la maîtrise de la production prévoit de -5 à -6 % et concerne tous les éleveurs. A périmètre Normandie Lapin, l’objectif est de réduire notre production de 10 % en accord avec notre abattoir qui nous a demandé de faire un peu plus.
© TG

 
Quelles sont les grandes tendances en terme d’activité sur la zone Normandie Lapin ?
On stagne en nombre d’éleveurs avec 71 ateliers. Par contre, les élevages sont de plus en plus importants et de plus en plus spécialisés. Ce qui signifie une professionnalisation du métier d’éleveur. Avant, il s’agissait d’ateliers de complément de revenu. Maintenant, ils correspondent au minimum à une UTH (Unité de Travail Humain).

Un mot sur la conjoncture ?

Nous sommes au cœur de la crise la plus grave que j’ai connue depuis 25 ans. Nous faisons face à deux difficultés majeures : l’augmentation des charges et la baisse des cours. Sur le premier point, le prix de l’aliment a grimpé de 40 % sachant que ce poste représente 50 à 60 % de la charge d’un élevage. Il faut y ajouter le surcoût de l’énergie, de la main-d’œuvre, des charges sociales...
Parallèlement, le prix du lapin payé au producteur en 2007 a baissé de 3 %.

 Pourquoi cette baisse ?
C’est une question d’offre et de demande. Si on refait un peu d’histoire, 2004/2005/2006 : augmentation de la consommation probablement masquée par la grippe aviaire en 2006. En 2007, nous sommes confrontés à une baisse de la consommation de viande.
Un phénomène qui se poursuit en 2008. En janvier : - 5 % toutes viandes confondues. Du jamais vu.

Où sont les causes ?
C’est premièrement un problème de pouvoir d’achat et la concurrence du porc en ce moment nous fait beaucoup de tort. Ensuite une question d’habitude alimentaire. Il va falloir s’habituer à ce que les consommateurs achètent de moins en moins de viande.

Mais le lapin est-il assez novateur pour séduire la ménagère ?
Les innovations existent mais on ne les trouve pas dans les magasins. Le lapin manque de place dans les linéaires, question de rentabilité en grande distribution. Il ne dispose que de 5 ou 6 références. Si une nouvelle apparaît, on en retire une autre. 

Quelles sont les conséquences de ce marasme ambiant?
Bien évidemment des problèmes de trésoreries face auxquels nous prenons des dispositions. Il nous appartient de gérer au mieux cette crise. Nous réduisons, au niveau national, notre production en 2008, pour rapprocher l’offre de la demande.

Quels sont les objectifs chiffrés ?

L’accord interprofessionnel de la maîtrise de la production prévoit de -5 à -6 % et concerne tous les éleveurs. A périmètre Normandie Lapin, l’objectif est de réduire notre production de 10 % en accord avec notre abattoir qui nous a demandé de faire un peu plus.

Des engagements à la baisse avec des contreparties ?
Nous mettons en place des aides sur nos fonds propres pour inciter quelques éleveurs en fin de parcours à arrêter leur production mais aussi pour aider financièrement les autres.

Contreparties aussi du côté de vos partenaires abatteurs?
Ils ont accepté une revalorisation, bien sûr très largement insuffisante, mais ils ont fait un effort par rapport aux concurrents nationaux.
En résumé, ils ont été plus exigeants mais ont donné plus que les autres.

Malgré tout cela, vous restez optimiste quant à l’avenir de cette production dans notre région ?

Il faut le rester et accompagner ceux qui ont investi. Nos résultats techniques n’ont jamais été aussi bons. Notre force, c’est aussi de n’avoir qu’un seul client qui est le leader de la volaille. On s’appuie sur des outils industriels forts. Nous avons donc des atouts. Raison pour laquelle nous nous lançons aussi dans la démarche Gourmandie qui devrait par exemple nous permettre de nous repositionner chez Carrefour. Ce sera le sujet de notre assemblée générale.
Propos recueillis
par Th. Guillemot

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