Littoral Normand bovins croissance
Maîtriser la reproduction pour une meilleure rentabilité
Le 29 janvier dernier, une cinquantaine d'éleveurs s'est retrouvée à Brectouville, sur l'exploitation de Benjamin Legigan, pour une matinée technique sur le thème de la reproduction organisée par Littoral Normand bovins croissance. S'en sont suivies l'assemblée générale de la structure et celle du pôle allaitant manchois.
La ferme de Benjamin Legigan a servi de fil conducteur à cette journée placée sous le signe de la maîtrise technique de la reproduction de son troupeau. Du choix des périodes de vêlages aux outils connectés en passant par l'alimentation, Littoral Normand bovins croissance a balayé un large panel de sujets autour de cette thématique centrale pour un éleveur.
Un système en construction
Installé officiellement en 2024, Benjamin Legigan conduit aujourd'hui seul une exploitation de 130 ha (76 ha de cultures et le reste en prairies), composée de 27 vaches et 21 génisses. L'éleveur, encore en phase de constitution de son cheptel, vise à terme 100 à 110 vêlages par an après la construction d'un nouveau bâtiment. Côté reproduction, il a choisi de conduire son troupeau avec une double période de vêlages dans l'année. "La génétique ça me passionne", confie Benjamin Legigan qui prête une grande attention aux origines des mères qu'il achète. Il a d'ailleurs prélevé des embryons sur deux vaches qu'il a récemment acquises et en a vendu cinq en Lettonie et trois au Vietnam. Concernant la surveillance du troupeau, notamment en période de vêlages, le jeune homme a décidé d'opter pour la mise en place de capteurs Vigivel à fixer sur la queue afin de réduire les pertes qu'il a pu subir les premières années à cause de la distance entre sa maison et le site d'exploitation.
Choisir sa période de vêlages
Pourquoi ce thème ? "Maîtriser la reproduction, c'est assurer la rentabilité économique de l'exploitation, introduit Romain Lalouelle, conseiller chez Littoral Normand et en charge de l'activité Délèg'Génisse, service de mise en pension de génisses. De plus, dans le contexte sanitaire actuel - FCO, MHE - cela faisait sens de travailler sur le sujet", ajoute-t-il. Les vêlages groupés sur trois mois offrent confort de travail et facilité de gestion, mais exigent rigueur et renouvellement suffisant. À l'inverse, "la double période permet d'étaler la trésorerie et de sécuriser le sanitaire, tout en offrant une possibilité de rattrapage", explique-t-il. Quoi qu'il en soit, la reproduction doit se préparer en amont : rations adaptées, suivi de gestation par échographie préparation des taureaux... "On ne doit pas subir ses réformes", insiste le conseiller qui rappelle que les performances techniques ont forcément un impact économique.
S'appuyer sur la technologie
Pour affiner le suivi des chaleurs, Benjamin Legigan s'appuie - en plus de ses propres observations - sur les colliers Mozaë distribués par Littoral Normand. "Le dispositif me conforte dans mes observations quand j'ai un doute et il permet parfois de détecter les chaleurs des vaches les plus ''discrètes''", décrit-il. Arrivée récemment sur le secteur centre-Manche, Morgane Houdus en a détaillé le fonctionnement à l'assemblée. "La portée atteint 1,5 km et la précision de l'information est redoutable même si elle ne remplace pas l'œil de l'éleveur évidemment", précise-t-elle. Le capteur de vêlage Vigivel a lui aussi été présenté. Avec ses 98 % de réussite, "ça sécurise cette période critique pour nous éleveurs", témoigne Benjamin Legigan qui conditionne sa pose pas plus d'une semaine avant la date de mise bas. "Des aides départementales peuvent aider à financer ces investissements", indique Morgane Houdus, consciente du frein économique que ces dispositifs représentent.
Innovation
L'assemblée générale qui a suivi la matinée technique a permis de confirmer la bonne dynamique de Littoral Normand bovins croissance, filiale de Littoral Normand. "Avec près de 18 000 vaches et 12 500 veaux suivis dans la Manche, le nombre d'adhérents est en hausse", se félicite Vincent Lecoq, responsable de cette branche, qui en profite pour remercier l'assemblée. Parmi les projets en cours de développement, la conception d'un portique équipé de caméras pour modéliser les animaux en 3D avance. Le but étant d'améliorer le pointage et l'indexation des races allaitantes, base de gestion technique des animaux, en réduisant la marge d'erreur inhérente au pointage humain, surtout entre les élevages. "Le gain de précision sera énorme. À titre d'exemple, le taux d'erreur pour l'estimation de poids n'était que de 3,3 %. Ceci permettra ainsi de mieux percevoir les aptitudes fonctionnelles", souligne l'équipe, qui vise une mise en service de "Pheno 3D" début 2028. Cette innovation illustre l'orientation de la structure qui vise à conjuguer expertise technique et outils de pointe pour aider les éleveurs à piloter plus finement leurs troupeaux.