Aller au contenu principal

Elevage des veaux
Maîtriser son coût alimentaire

Avec les veaux d'élevage, il ne faut pas faire de petites économies qui risqueraient d'avoir des conséquences négatives sur la croissance des génisses jusqu'à l'âge de 6 mois. Tout retard de croissance ne se rattrape jamais et aura des conséquences négatives sur les performances de la future laitière et même sur son poids à la réforme.

.
.
© DR

Ceci dit, des techniques simples et peu onéreuses ont fait leurs preuves pour atteindre un poids à 6 mois d'au moins 200 kg. Depuis 10 ans, les essais réalisés dans les différentes fermes expérimentales de l'ouest de la France, et en particulier aux Trinottières (49), ont apporté des réponses précises.

Le lait entier : une buvée par jour - six repas par semaine
Cette technique permet de valoriser les laits non commercialisables et en particulier ceux de début de lactation. La technique du lait yoghourt distribué froid ou celle du lait stocké et réfrigéré dans un tank puis réchauffé au moment de la distribution donne de bons résultats techniques.
Si les conditions de logement sont bonnes et les conditions sanitaires bien maîtrisées, on peut distribuer une seule buvée par jour avec six repas par semaine (5 litres/buvée) et sevrer les génisses à 8 semaines. Dans ces conditions, on économise du lait et du temps de travail. Un concentré appètent, un fourrage fibreux et de l'eau propre sont mis à disposition des veaux dès la 2e semaine.
Il faut éviter toutes modifications importantes de la nature et de la qualité des aliments.

Foin ou paille : mêmes résultats
Le fourrage utilisé doit être fibreux et distribué à volonté (foin de 1re coupe de graminées, d'association graminées-légumineuses, de prairies permanentes ou même de légumineuses).
Il faut proscrire les 2es coupes et regains pas assez fibreux (trop d'azote et risque de problèmes d'acidose).
La paille de blé, d'orge ou d'avoine peut être utilisée si elle est appétente et bien conservée (tableau 1).
Le foin fibreux et la paille bien conservée donnent les mêmes résultats (essais Trinottières). La seule différence concerne la complémentation : il faut 1 kg de concentré de plus avec la paille pour obtenir les mêmes croissances.
Le fourrage utilisé doit être distribué à volonté. Pour cela, il doit être facilement accessible, renouvelé et bien démêlé, notamment en râtelier.
Attention à certains modèles de râteliers présentant des tubes trop rapprochés entraînant un “rationnement” du fourrage. Dans ce cas, il est préférable d'utiliser une barre d'auge même si le gaspillage est plus important.
Il faut éviter d'utiliser des pailles de céréales traitées au “raccourcisseur” car les entrenoeuds sont plus rigides et peuvent causer des lésions à l'œsophage des jeunes veaux.

Les concentrés : les aliments fermiers conviennent parfaitement
Le maïs grain et les protéagineux en graines entières sont bien valorisés par les veaux qui croquent et ruminent ces grains jusqu'à l'âge de 6 mois.
Blé, orge, triticale, avoine doivent être aplatis ou broyés grossièrement. Moins facilement ingérés par le veau, ils favorisent des flambées fermentaires dans le rumen qui augmentent le risque d'acidose et diminuent le valorisation de la ration.
Complémenter le mélange céréales + tourteau avec un aliment minéral adapté.
Proportions à retenir :
- 80 % maïs ou blé + 20 % tourteau de soja + 40 g de 3.5/27/5 ;
- 70 % maïs grain ou blé + 30 % tourteau de colza + 40 g de 0/28/5.
Les graines entières mieux ingérées en nursery donnent un poids au sevrage supérieur.
Le blé aplati et la VL 2.5 l permettent des croissances légèrement supérieures après sevrage (tableau 2).

Les aliments du commerce
Tous les concentrés permettent d'obtenir des résultats techniques équivalents à 6 mois.
Le granulé du commerce type VL 2.5 utilisé par le troupeau laitier peut être distribué dès la naissance de la génisse.
Du floconné a été testé aux Trinottières (49) sur les 4 premières semaines durant l'hiver 2008/2009 : les résultats techniques ont été équivalents au lot recevant un mélange fermier.

Et les rations complètes prêtes à l'emploi
Il existe sur le marché différentes rations sèches distribuées à volonté jusqu'à 5 mois puis rationnées le dernier mois. Elles contiennent :
- des fibres (paille, foin, luzerne brins longs,…) ;
- des céréales (maïs, avoine, son de blé,…) ;
- des protéines (tourteau de soja, colza, tournesol,…) ;
- la mélasse et des minéraux-vitamines.
Livrées en big bags, elles sont très simples à mettre en œuvre et donnent de bons résultats techniques, mais elles sont beaucoup plus onéreuses.

Moins de concentrés avec l'ensilage de maïs
L'ensilage de maïs, riche en matière sèche (> 30 %), peut être distribué aux petites génisses. Il est d'abord distribué à volonté puis rationné (6-7 kg brut au 3e et 4e  mois, puis 7-8 kg brut au 5e  et 6e  mois) avec du foin ou de la paille à volonté.
Au 3e  et 4e  mois, il faut distribuer 1.5 kg de tourteau de colza puis 1 kg par la suite avec 70 g de CMV 0-27-5.

En pratique, respecter plusieurs règles
Durant la phase lactée :
- distribuer le concentré matin et soir ;
- faire les refus une fois par jour (donner ces refus à des génisses plus âgées) ;
- ne pas oublier l'eau propre à disposition.
Après sevrage :
- être généreux en concentré ;
- distribuer le concentré matin et soir ;
- préférer l'utilisation de cornadis bloqués pour limiter la concurrence ;
- pour les génisses venant d'être sevrées, retirer régulièrement les refus en concentrés afin de maximiser la consommation ;
- vérifier la propreté des abreuvoirs ;
- mettre une pierre de sel à disposition.
Bernard HOUSSIN 
Chambre d'Agriculture de la Manche
bhoussin@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

KATRINE LECORNU - MARQUE GRAND FERMAGE - AGRIAL
Marque Grand Fermage : « on veut donner une image crédible et vraie de notre profession »
Katrine Lecornu est éleveuse à Nonant, dans le Bessin (14). Depuis deux ans, elle travaille avec l’équipe marketing d’Agrial sur…
Blandine Julienne, JA 61
Blandine Julienne : " J’aime gérer le relationnel et le terrain "
Blandine Julienne est installée en lait et cultures avec son conjoint Vivien à Bizou, dans le secteur de Longy-au-Perche. D’une…
ANNE MARIE DENIS PRESIDENTE FRSEA
" Forger un syndicat régional moteur d’une agriculture multiple "
Rencontre avec l’Ornaise Anne-Marie Denis, présidente de la Fdsea 61 et désormais de la Frsea Normandie. Une femme de caractère,…
JULIEN DENORMANDIE
Julien Denormandie : « Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens »
« Dire que l’agriculteur se moque de l’environnement, c’est un non-sens », souligne le ministre de l’Agriculture avant d’ajouter…
Jennifer Morin, agricultrice
Jennifer Morin, « mieux vaut avoir le caractère bien trempé »
À Larchamp, commune nouvelle de Tinchebray-Bocage (61), Jennifer Morin est installée avec son mari en lait. Non issue du milieu…
COOPERATIVE CREULLY ESSAI CULTURE POMMES DE TERRE
La Coop de Creully plante le cadre des pommes de terre industrielles
La Coopérative de Creully teste avec une vingtaine d’agriculteurs la production de pommes de terre industrielles. Près de 150 ha…
Publicité