Manche : 30 puits et forages à sec, les agriculteurs cherchent des alternatives
Alors que la ressource en eau diminue dans la Manche, L'abreuvement du bétail reste une des priorités. Mais déjà 30 éleveurs n'ont plus d'eau dans leur puits ou forage. Les pouvoirs publics s'organisent.
" Depuis le mois de juillet, mon puits, qui est à six mètres de profondeur, est à sec ", se désole Samuel Leconte, éleveur laitier à Condé-sur-Vire (Manche). C'est la conséquence directe de la sécheresse. " En année normale, il est hors service seulement 15 jours, de fin août à mi-septembre ", indique-t-il. Désormais, il utilise l'eau du réseau pour abreuver ses 80 vaches laitières et ses génisses de moins de 18 mois. Alors, il s'attend à une lourde facture, sachant qu'il a besoin de 25 m3 par jour. " Cela va me coûter plus de 10 000 euros parce que la source n'est pas prête à revenir ".
Signaler les difficultés
Dans la Manche, 30 éleveurs sont dans la même situation. Ils ont signalé le tarissement de leur puits ou forage. Ce qui a conduit la préfecture et la Chambre d'agriculture de la Manche à chercher des alternatives pour ne pas mettre le réseau d'eau potable à sec. " Les éleveurs sont invités à signaler le plus rapidement possible leurs difficultés ", prévient François Rihouet, président de la Chambre d'agriculture de la Manche, notamment auprès de la DDTM et de la Chambre d'agriculture via un formulaire détaillant leur situation notamment la localisation et les volumes d'eau nécessaires. " En signalant leurs difficultés suffisamment tôt, les éleveurs permettent de mieux organiser les prélèvements et de rechercher les ressources encore disponibles sur leur territoire ", ajoute-t-il.
Les solutions
Parmi les alternatives figurent le prélèvement dans certains cours d'eau ou l'utilisation d'eau brute provenant de captages ou de forages abandonnés, la mobilisation de points d'eau disponibles sur certaines communes ou sur une autre exploitation agricole, le transport d'eau vers ou entre exploitations, notamment grâce aux moyens de pompage et de transport disponibles au sein des CUMA. " Ces solutions sont examinées localement et en fonction de la situation de chaque exploitation, nappe et rivière ", soulignent conjointement la préfecture et la Chambre d'agriculture.
Agir de manière concertée
En cas de prélèvement dans la rivière ou l'utilisation d'eau brute, tout ceci est étudié dans l'objectif de ne pas fragiliser les ressources destinées à l'alimentation en eau potable, et sur le plan sanitaire. " Le volet sanitaire de l'opération est une priorité absolue : il convient de limiter au maximum le risque de polluer la ressource lors des manipulations de prélèvement ", indique la préfecture.
Depuis la situation de crise, l'abreuvement du bétail constitue un usage prioritaire. " Mais il est indispensable d'agir de façon organisée et concertée, afin de préserver la production et les réseaux de distribution de l'eau potable ", conclut la préfecture.