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Manche : enlever une haie n’est pas une fatalité

Alors que la PAC se fait draconienne sur l’abattage des haies ou talus, les associations de reboisement démontrent que tout peut évoluer dans le bons sens.

Philippe Gosselin, député.
Philippe Gosselin, député.
© EC

Cet hiver les coupes de bois ont été nombreuses, plus que d’habitude. Logique les prémices de la nouvelle PAC ont effrayé les agriculteurs. Plus question d’abattre le moindre tronc sans une montagne d’autorisations et de papiers. Pourtant la haie ne s’est jamais aussi bien portée dans la Manche. 56 000 kilomètres linéaires en font d’ailleurs le département le plus bocager de France. Jeudi dernier, à Marigny, la Fédération des Associations de Boisement de la Manche (FABM) lançait sa nouvelle campagne “Opération 10 000 arbres” pour créer ou rénover ces fameuses haies qui font couler autant d’encre que d’essence pour tronçonneuse.

Un seul interlocuteur
Pascal Lecaudey, président de la FABM, souligne que la PAC ne correspond aucunement aux attentes d’un monde agricole en pleine mutation, abandon des quotas laitiers oblige. “Créée en 2009, notre structure regroupe 7 associations. Avoir un seul interlocuteur avec des partenaires historiques comme le Conseil général ou la Chambre d’agriculture semblait logique pour progresser dans notre démarche”. Le parcellaire agricole ne cesse d’évoluer. Grâce aux associations de boisement, les agriculteurs et les propriétaires sont informés sur les nombreux atouts des haies tant au niveau de la biodiversité que de la protection de bassins versants. “Je suis pour un déplacement des haies plutôt que leur suppression” plaide
Pascal Lecaudey.
A Marigny, plusieurs élus, dont ceux du Conseil général et le député de l’arrondissement, Philippe Gosselin, ont fait le déplacement pour cette nouvelle campagne. “Le département depuis 15 ans n’a jamais autant financé les replantations avec au total 1 300 000 € de subventions. Le facteur déclenchant a sans douté été la tempête de 1999” lance Jean-Yves Guillou, conseiller général délégué à l’environnement. Lui aussi plaide pour une évolution concertée du parcellaire mais sans épée de Damoclès au-dessus des têtes. “L’agriculture est capitale pour la Manche et les agriculteurs savent qu’ils ont des responsabilités environnementales”.
Même écho de la part de Joël Jouault, président de la commission “initiatives” du Crédit Agricole, partenaire financier de l’opération, qui a d’ailleurs remis à la FARBM un chèque de 3 500 € pour ses actions de communication. Philippe Gosselin, lui, ne mâche pas ses mots sur la PAC. “Il est important de faire savoir que les agriculteurs replantent. Notre forêt, à nous Manchois, c’est la haie. Nous n’allons pas la casser mais la faire évoluer. Enlever ici et là des talus pour faciliter la marche et la dynamique d’entreprise d’une exploitation ne me choque pas. Je suis de ceux qui considèrent que rien ne doit être figé en la matière. En clair, pénaliser le secteur des haies, c’est faire perdre de la compétitivité à l’agriculture départementale”. Quant à Marc Lecoustey, représentant la Chambre d’agriculture, il pose une question fondamentale, “a t-on eu raison voici plusieurs années de protéger nos haies ? Si nous avions tout arasé comme dans d’autres régions, nous aurions moins de problèmes. La PAC alourdit, une fois de plus, le système déjà trop lourd de la conditionnalité”.

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