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Manche : vulgariser la chasse au gibier d’eau

Début octobre, la Fédération départementale des chasseurs de la Manche a inauguré son gabion pédagogique. Un outil pour faire découvrir la chasse au gibier d’eau mais pas seulement. Il permet de prendre conscience de la biodiversité. Un endroit qui devrait être prisé par les chasseurs, le grand public, les photographes ou encore les ornithologues.

llll La Fédération départementale de la chasse vient de rénover un gabion pédagogique. Une idée réfléchie avec le Conseil départemental de la Manche qui apporte une aide financière au projet à hauteur de 40 %. « C’est concret, le gabion pédagogique est en service », se réjouit Gérard Bamas, président de la Fédération départementale des chasseurs de la Manche. Depuis le 3 octobre, les adeptes comme les novices peuvent donc découvrir ce qu’est la chasse au gibier d’eau dans ce gabion niché au cœur des marais de Carentan, sur la commune de Brucheville, juste derrière la baie des Veys, avec une mare d’un hectare, au lieu-dit Le trou au bourg.

Totalement rénové
Comme il n’est plus possible de créer de nouveaux gabions en raison de la réglementation (le nombre de gabion immatriculé est fixe depuis le 1er janvier 2001), la FDC a fait le choix de rénover un gabion existant, et de contracter un bail à chasse à titre gratuit avec le particulier du gabion, tout en devenant propriétaire. Et ce gabion a l’intérêt de se situer dans l’axe de passage de nombreux migrateurs et dans un environnement unique.

Quatre couchettes
Ce lieu présente l’avantage d’être facilement accessible avec une zone de stationnement et de disposer d’une mare en eau saumâtre avec un niveau constant. Il a fait l’objet de travaux de manière à être plus adapté, plus confortable et permettant ainsi d’accueillir dans de bonnes conditions de sécurité au moins trois personnes. Effectivement, il est composé de quatre couchettes, équipé de toilettes sèches. De quoi y passer une nuit dans de bonnes conditions. « Ce lieu est fait pour faire découvrir à un public non initié ou ayant peu de pratique les particularités de ce mode de chasse », explique Gérard Bamas. « Il est aussi ouvert aux naturalistes, aux photographes, aux ornithologues… afin de prendre connaissance de ce lieu, de cette faune et cette flore si particulière, et de ce mode de chasse si passionnant », conclut le président. 

Nuits insolites
Outre sa visée pédagogique, ce gabion devrait également renforcer l’attractivité de la Manche, en offrant des nuits insolites. Les acteurs touristiques locaux le voient d’un bon œil. C’est une offre de loisirs originale, authentique et qualitative supplémentaire. 
Pour y passer une nuit, ii suffit de contacter la FDC. Cette dernière s’appuie aussi sur l’Association des sauvaginiers des marais du Cotentin et du Bessin, afin que les visiteurs soient accompagnés de référents « chasse ». Outre la pratique de la chasse, la réglementation, mais aussi la sécurité, la gestion des espèces et des espaces seront évoquées.

Valérie Nouvel (vice-présidente du Conseil départemental de la Manche,  en charge de l’environnement) : un lien privilégié avec la nature

 

>> Pourquoi avoir soutenu l’ouverture de ce gabion pédagogique ?
Ce gabion est dans la continuité du partenariat que nous avons avec la Fédération départementale des chasseurs de la Manche, sur la gestion des espaces du littoral. Ces espaces ont différents usages : agricoles, chasse, pêche, tourisme… Il est important d’articuler tous ces usages entre eux.
Concrètement, les chasseurs pourront chasser mais aussi participer à l’entretien du milieu. Les chasseurs entretiennent les mares, contribuent à garder les milieux naturels ouverts, finalement à favoriser la biodiversité sur ces espaces.

>> Quel est l’intérêt pour le département d’avoir un gabion de ce type ?
Cet outil doit permettre d’initier les jeunes chasseurs à une chasse au gibier d’eau durable. Une notion qui est inscrite dans la politique générale de la FDC. Plus globalement, le gabion pédagogique poursuit l’ambition d’être une vitrine départementale de cette pratique ancestrale de nos marais. En ce sens, l’équipement a vocation à être exemplaire, tant dans sa conception technique, que dans son confort d’accueil et son intégration dans le milieu naturel. D’ailleurs, nous avons veillé à l’intégration paysagère de ce gabion pédagogique, enterré à 50 centimètres, avec des parties aériennes végétalisées pour être parfaitement camouflées.

>> En matière de biodiversité, est-ce un exemple ?
Nous avons eu un dialogue constructif avec la FDC pour caler le projet, pour qu’il soit ouvert aux chasseurs et non chasseurs, que l’on puisse y venir en famille dans de bonnes conditions. Ce gabion a vocation à servir d’observatoire pour des passionnés d’ornithologie. C’est un lieu ouvert, un endroit où on a un lien privilégié avec la nature. C’est vraiment l’appropriation de la préservation de la biodiversité dans son ensemble.

Sylvain Perotte (Référent du gabion) : faire découvrir notre passion

 

llll Vice-président de l’Association des sauvaginiers des Marais du Cotentin et du Bessin, Sylvain Perotte est l’un des référents du gabion pédagogique. Depuis l’âge de 14 ans, il pratique cette chasse, bien souvent méconnue. « Il s’agit pour nous d’accompagner les gens, rester toute la nuit avec eux pour apprendre à observer les oiseaux, à pratiquer », souligne-t-il. Avec des jumelles, les initiés comme les non-initiés pourront découvrir « la passée du soir, celle de la nuit ou encore celle du petit matin ». Des moments clés qui conduisent les visiteurs à arriver vers 16 h et à repartir qu’à 10 h le lendemain matin. Alors, les référents sauront agrémenter ce moment convivial. « Au gabion, il y a une vie, une préparation. Le but est de faire découvrir cette pratique, partager notre passion », conclut-il.

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