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Manche
Manger ou construire, il faut choisir

S’intaller lorsqu’une pression foncière est importante pose de gros problèmes. Le point de vue de Jean-Hugues Lorault, vice-président JA 50 en charge des structures. La semaine passée, les JA ont effectué une action de communication d'envergure dans le cadre de la Semaine Nationale de la Préservation du Foncier Agricole", quel est son but ? Nous sommes partis d'un constat simple, aujourd'hui 26m² de terre disparaissent de l'agriculture française chaque seconde, soit une perte de production de 3000 baguettes de pain chaque minute. Le but à travers ces chiffres symboliques, repris dans les multiples actions sur le territoire national, est de faire prendre conscience à nos politiques et aux divers porteurs de projets collectifs ou individuels, qu'à ce rythme là, il ne sera pas possible de produire les quantités nécessaires pour nourrir nos enfants et petits enfants.

Jean-Hugues Lorault, vice-président des JA en charge du dossier “structures” sur la zone industrielle abandonnée de St Georges de Montcoq, près de St-Lô. “Il faut préserver notre foncier agricole pour permettre aux jeunes de s’installer” (ec)
Jean-Hugues Lorault, vice-président des JA en charge du dossier “structures” sur la zone industrielle abandonnée de St Georges de Montcoq, près de St-Lô. “Il faut préserver notre foncier agricole pour permettre aux jeunes de s’installer” (ec)
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Quelles sont les pistes à explorer ?Il est nécessaire de raisonner les projets gourmands en terre agricole lorsque d'autres solutions existent, je pense notamment à la mise en place de panneaux photovoltaïques au sol par exemple. La pose de ces derniers sur les toits d'habitations, de bâtiments industriels ou agricoles serait plus adaptée.Il faudrait également utiliser prioritairement les friches industrielles inoccupées depuis des années. En effet, de nombreuses parcelles ont été enlevées à l'agriculture au profit de grands projets qui n'ont jamais vu le jour et les parcelles, elles, restent inoccupées, inexploitées.Par ailleurs, il faut encourager les collectivités à mettre en place des documents d'urbanisme, même dans les communes rurales, afin de déterminer, les zones urbanisables des zones agricoles, de manière à préserver nos plans d'épandage.
La course au foncier a-t-elle un impact sur les installations ?Bien évidement que oui, aujourd'hui nous ne pouvons que sensibiliser les jeunes à anticiper leur projet d'installation, de façon à bien préparer la transmission du foncier entre le propriétaire et le jeune tout en travaillant avec les cédants.La location du foncier reste pour le jeune la meilleure solution pour mettre le pied à l'étrier. En effet, nous constatons que les jeunes devant investir dans le foncier à leur installation, auront malheureusement moins de souplesse financière dans les 15 premières années d'installation.
Qu'elle en est la cause ?Ce n'est pas compliqué, un prêt foncier se met généralement en place sur 15 ans, or, une reprise d'installation aussi. Ces deux investissements provoquent une charge financière importante sur les premières années, ce qui représente un frein pour certains jeunes candidats à l'installation.
Quel est le message à faire passer ?Ne jamais perdre de vue qu'il faut mettre en relation le prix du foncier et la moyenne du prix de nos produits sur une longue durée.Si nous ne prenons pas conscience de cela dès aujourd'hui, les jeunes perdront la possibilité d'accéder à la propriété foncière et le renouvellement des générations peinera à se faire.
Et pour la suite de ce dossier que va faire JA ?Si l'action nationale, qui s'est déroulée à Paris la semaine dernière, a eu lieu aux portes du Sénat c'est bien pour sensibiliser les élus à cette problématique foncière en France. En effet, nous déposerons aux sénateurs un amendement dans ce sens à l'occasion de la rédaction de la nouvelle loi de finance. Quelles ont été les avancées sur ce dossier suite à votre mobilisation de l'année passée? Durant l'année écoulée, JA a travaillé en partenariat avec le ministère de l'Agriculture à l'utilisation de la taxe sur le changement de destination des terres agricoles instaurée dans le cadre de la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, taxe instaurée suite aux propositions de notre syndicat. De ce travail est issu le projet "J'INNOVATION" destiné à financer les projets des jeunes agriculteurs. 
Que peut-on vous souhaiter ?Nous espérons fortement un changement des mentalités en matière de consommation du foncier et surtout plus de responsabilités et de soutiens de la part des collectivités territoriales. Certaines communes dont Ste Mère Eglise pour le département de la Manche ont fait ce choix dans leur projet d'aménagement et de développement durable (PADD), de se donner la priorité de conserver l'espace et l'activité agricole en réduisant l'offre foncier à des parcelles de 500m². Ce bel exemple de rationalisation de  la gestion de l'espace urbain limite la consommation de foncier de manière abusive et minimise les surfaces improductive.  Par ailleurs, nous espérons que les futurs jeunes installés ne se laisseront pas influencer par les cours généreux du prix du lait de ce moment pour se dire : "c'est bon je peux acheter de la terre pour mon installation même si c'est cher…" D'une manière générale, nous souhaitons juste, ne pas être obligé de choisir un jour entre construire ou manger ! Il en va bien sûr de la responsabilité de tous.
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