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Lait
Manifestation FDSEA/JA à Vire : THT sur fond de prix du lait

Face à face à THT (Très Haute Tension) samedi à Vire entre producteurs de lait (mobilisés par la FDSEA et les JA) et des pouvoirs publics pour le moins fébriles.

La mobilisation des producteurs de lait samedi à Vire, c’est un peu comme le Caen/Sochaux de football qui a suivi l’évènement. FDSEA et JA l’ont emporté mais le couperet de la relégation menace plus que jamais les laitiers.
Victoire parce que plus de 400 producteurs (toute tendances confondues) et 150 tracteurs ont répondu présent. De mémoire de syndicaliste, il y a bien longtemps qu’on avait pas assisté à une telle jacquerie dans la capitale bocagère.
Mais rien n’est gagné ! Les pouvoirs publics semblent ne pas prendre la mesure de la détresse des producteurs. C’est une véritable onde de choc qu’a provoquée une paye de lait d’avril à 200 e et des brouettes les 1 000 litres. “Si les choses ne bougent pas dans la semaine, c’est 30 % des producteurs qui vont très vite raccrocher leurs griffes”, pronostique Jean Turmel, président de la section Lait de la FRSEA de Basse-Normandie. 

Irréprochable MAM
L’après-midi avait pourtant bien commencé. Certes, malgré les négociations de la veille, la FDSEA n’avait pas décroché le principe d’une entrevue avec Michèle Alliot-Marie. La ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités Territoriales était venue en effet inaugurer l’EDSP (Ecole Départementale des Sapeurs-Pompiers) du Calvados.
“Dont acte, avaient jugé Patrice Lepainteur (président de la FDSEA) et Jean Turmel. On essaiera quand même de s’approcher au plus près pour se faire entendre”. A croire qu’il y avait des failles dans le dispositif d’étanchéisation de la cérémonie. Après une partie de cow-boys et d’indiens au cours de laquelle on a pu que constater que les agriculteurs étaient plus mobiles que les gendarmes mobiles, une centaine de producteurs de lait s'est engouffrée sans trop de difficultés à travers les mailles du filet.
Rien de bien grave et la République n’ a jamais été en danger. Michèle Alliot-Marie l’a d’ailleurs reconnu en accordant quelques minutes d’entretien à Jean Turmel.

Quand on arrive en ville
La suite n’aurait du être qu’une queue de manifestation classique et bon enfant. Après avoir escorté un camion-citerne emprunté à La Compagnie des Fromages, les manifestants se sont posés en centre ville. L’occasion d’une distribution gratuite de lait auprès des consommateurs afin de leur expliquer la gravité de la situation. Aucun heurt, pas même une fleur du rond point du centre ville n’a eu à se plaindre. Balle de paille et pneus apportés pour l’occasion n’ont même pas été mis à feu.
Dernière étape : la sous-préfecture avec pour objectif de déverser quelques centaines de litres de lait au caniveau. Histoire de montrer qu’à ce prix là, on n’a plus grand chose à perdre. Devant la préfecture aussi pour souligner la responsabilité de l’Etat dans cette crise sans précédent. C’est en effet la notification de la DGCCRF en août dernier qui a mis le feu aux poudres en rompant les équilibres. Depuis, l’administration a mis de l’eau dans son vin mais le mal est persistant. Il y a quelques jours, à l’occasion de la réunion interprofessionnelle de la dernière chance, plusieurs entreprises se sont retranchées derrière cet écran de fumée pour ne rien décider du tout.

Comité d’accueil
Mais en haut de la rue menant à la sous-préfecture de Vire, le comité d’accueil était plutôt musclé. Il s’en est pourtant fallut de 3 mètres pour que tout se termine calmement. Mais il est des lignes, blanches comme le lait, qui sont intangibles. Là où la citerne a été stoppée par les forces de l’ordre, la pente était dans le mauvais sens. Vanne ouverte, le flot de lait risquait de tourner le dos à la sous-préfecture.
La pression est montée d’un cran. Le sous-préfet, venu à la rencontre des manifestants, était visiblement sous haute tension. Ses échanges avec Jean Turmel ont été très vifs. Le président de la section Lait de la FRSEA a tenté de négocier un simple arrêt avec ouverture pendant quelques secondes de la vanne devant la préfecture. Jean Turmel s’est  engagé même, au nom des producteurs, à n’égratigner aucun morceau de peinture des grilles de la sous-préfecture et à sonner, tout de suite après et dans le calme, la fin de la manifestation. On a cru un instant que satisfaction allait être donnée aux manifestants. Mais le sous-préfet n’était visiblement pas seul à décider. Jean Turmel, au milieu de ses troupes, s’est alors longuement entretenu avec le Préfet de Région. Christian Leyrit s’est montré inflexible reprochant au leader de la FDSEA de ne pas avoir tenu parole en perturbant la visite de MAM. Ce à quoi Jean Turmel a répondu que “ce n’était tout de même pas de sa faute s’il y avait eu des failles dans le dispositif de sécurité”.
Quelques bousculades entre forces de l’ordre et manifestants à l’issue de cette fin de non recevoir. Mais rendez-vous est pris déjà mardi prochain. Le mot d’ordre est national. La FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait) appelle à un réveil-préfets très matinal. Tant pis pour les enfants privés d’une partie de leur sommeil. Petit dommage collatéral car, après la manifestation de Vire, les producteurs de lait, déjà très remontés contre les industriels et la grande distribution, ont tendance à penser qu’ils n’ont pas non plus grande chose à attendre de leur administration. Ça ne va pas calmer les esprits.
Th. Guillemot

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