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Liniculture
MARC VANDECANDELAERE : “préservons notre sole linière”

Le nouveau président du syndicat des producteurs de lin de Basse-Normandie appelle chacun à ne pas baisser la garde. “Préservons notre sole linière”, martèle-t-il.

© TG

Comment évoluent les surfaces en lin dans notre région ?
Les 600 liniculteurs bas-normands ont emblavé en 2012 environ 6 000 ha. Pour 2013, au sein de nos 3 outils de teillage (2 coopératif et 1 privé), on va enregistrer malheureusement une baisse moyenne qui devrait se situer entre - 10 et - 15 %. 

Quelle explication à ce recul ?
On sort de deux années difficiles avec ici et là des parcelles qui n’ont pas été récoltées, des qualités de fibre qui ont parfois été moindres qu’à l’habitude, des cours qui ont été chahutés... Certains producteurs ont été gagnés par le découragement et ont tout simplement arrêté cette production. D’autres ont diminué leurs surfaces. Le lin est une culture à risque. Les cours du blé sont bons. Ceci explique cela.

Quels pourraient être les risques à terme ?
Si les surfaces continuaient à baisser, on pourrait se faire du souci quand au devenir de nos outils de teillage. Des outils que nous devons garder sur notre territoire pour préserver l’activité et une part de plus-value.
Ensuite, je pense aux conséquences agronomiques. Le lin est un excellent précédent à blé, il est très important dans notre assolement. 
Le dernier risque est économique. La rentabilité de cette culture se mesure sur plusieurs années. Que chacun compare sa marge brut/ha blé/lin sur une période de 5 ans pour se faire une idée objective.

A propos de rentabilité justement, comment se tiennent les cours ?
Ils se sont redressés de façon spectaculaire passant de 1,41 e en juillet dernier à 1,71 e en mai.  Cela s’explique par une demande chinoise toujours soutenue et des stocks qui n’ont jamais été aussi bas depuis bien longtemps. On peut donc penser que cette embellie est durable. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons décidé de publier tous les mois dans la presse agricole l’évolution des cours (ndrl : lire ci-contre). 

Cette demande soutenue, on le doit à toute la communication faite autour du lin ?
L’interprofession réalise un travail important de promotion qui porte ses fruits. Je pense à Lincroyable récolte à Paris (ndlr : lire ci dessous) ou bien encore à la maille de lin. Il faut continuer dans cette voie de la recherche et de l’innovation pour faire parler du lin.

Où en sont les linières aujourd’hui ?
Elles sont conformes à la somme des températures enregistrées depuis les semis. Alors certes, par rapport à une année standard, nous accusons un retard dû à un printemps tardif mais on ne peut pas dire que le potentiel soit entamé.

Votre prochain rendez-vous : le 13 juin ?
Avec le concours d’Arvalis, de la Chambre d’Agriculture et des teillages, nous organisons effectivement le jeudi 13 juin (près de Cagny et à partir de 14 h 30), une journée lin. Tous les liniculteurs sont concernés mais pas seulement. Chaque agriculteur curieux de cette culture excellente tête d’assolement sera le bienvenu. Au programme de cette journée : visite de la plateforme d’essais, atelier protection (verse et fongicide), ateliers machines...

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