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Reliquats azote sur céréales
Mesurez l'azote dans votre sol, ajustez la dose d'engrais

La fertilisation azotée des céréales est basée sur l'équilibre entre les besoins de la culture et la fourniture d'azote par le sol. Un moyen efficace d'ajuster la dose d'engrais est de mesurer la quantité de nitrates présents dans le sol sortie hiver.

L'idéal est de réaliser le prélèvement en février.
L'idéal est de réaliser le prélèvement en février.
© S. Leitenberger

Flux de l'azote entre le semis et la sortie de l'hiver
A l'automne, la quantité de nitrates présents dans le sol est variable. Elle dépend de :
- la bonne utilisation de l'azote apporté à la culture : bonnes dates d'épandage, bonne implantation de la culture ;
- la minéralisation des matières organiques selon la température et l'humidité du sol.
L'hiver, les nitrates sont en partie absorbés par la culture en place ou réorganisés en azote organique. Une autre partie est entraînée en profondeur par les pluies. Ce lessivage dépend des pluies de l'hiver et de la saturation en eau des sols. C'est pourquoi, la mesure des nitrates restants dans le sol en sortie d'hiver est un bon indicateur pour savoir ce que la céréale peut absorber.

Prélever fin janvier-début février avant le 1er apport d'azote
L'idéal est de réaliser le prélèvement en février. D'une part, le drainage de l'eau dans le sol se termine. D'autre part, la minéralisation du printemps n’a pas encore repris. Par conséquent, la teneur en nitrates dans le sol est assez stable. Le prélèvement de terre doit impérativement être réalisé avant le 1er apport d’azote, sinon la mesure est faussée. Le prélèvement se fait dans un coin homogène d'une parcelle. On prélève 8 à 10 échantillons de terre sur chaque horizon (0-30 cm ; 30-60 cm et 60-90 cm). Les reliquats sont si variables au sein d'une même parcelle qu'il vaut mieux bien caractériser un endroit représentatif plutôt que de prélever un peu partout sur la parcelle. Le lieu de prélèvement est repéré au GPS. Il est alors possible de revenir au même endroit les années suivantes pour un meilleur suivi.

La plante absorbe l'azote nitrique
Le résultat d'analyse présente la quantité d'azote nitrique (= nitrates, NNO3) et ammoniacal (NNH4) sur les horizons mesurés. Pour savoir combien la plante peut prélever d'azote, on compte la quantité d'azote nitrique (kg/ha) sur l'ensemble des horizons colonisés par les racines (0-90 cm dans la plupart des cas). L'azote ammoniacal minéralise en azote nitrique. Lorsqu'une analyse révèle plus de 30 kg/ha d'azote ammoniacal (N-NH4) dans le 1er horizon, soit l'échantillon a été mal conservé, soit il y a eu un apport d'azote récent. Pour bloquer la minéralisation, l'échantillon de terre doit être conservé au congélateur avant l'envoi au laboratoire.

Le 1er apport d'azote : 40 uN maximum
L'apport d'azote au tallage est conseillé à environ 40 unités d'azote en février. Si l'azote est apporté début janvier, le risque est qu'il soit lessivé avant que la plante ne l'absorbe. Dans certaines situations de sol profond et riche en matières organiques, l'apport d'azote au tallage peut être supprimé. Les nitrates présents dans le sol suffisent aux besoins de la culture à cette période. Un apport excessif entraîne un tallage important et donc, plus tard, des risques de verse. Les besoins de la céréale sont maximum au stade épi 1cm, en mars. C'est à ce moment qu'il faut apporter une dose d'azote suffisante pour assurer un rendement optimum.
Laëtitia CHEGARD
Chambre d'Agriculture de la Manche
lchegard@manche.chambagri.fr
www.manche.chambagri.fr

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