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Plan d’urgence
Michel Barnier annonce un plan de soutien engageant 250 millions d’euros

Le ministre de l’agriculture Michel Barnier a annoncé un plan d’urgence le 12 novembre pour aider les agriculteurs en difficulté à «passer le cap ».

« Face à cette conjoncture difficile que nous devons passer », le ministre propose « cinq réponses à la crise. » « Il ne s’agit pas d’assistance mais d’investissements » a expliqué Michel Barnier.
« Face à cette conjoncture difficile que nous devons passer », le ministre propose « cinq réponses à la crise. » « Il ne s’agit pas d’assistance mais d’investissements » a expliqué Michel Barnier.
© TG

Un plan qui représente une enveloppe de 250 millions d’euros au total, soit 204 provenant de fonds nationaux et européens, 15 émanant de la MSA et 20 millions d’euros de contribution des banques. Une modification du système de l’équarrissage représentera également, pour les éleveurs, une aide de 12 millions d’euros. L’ampleur des problèmes de revenu sera connue précisément mi-décembre mais, selon les calculs encore provisoires du ministère, 2008 devrait connaître un recul du revenu agricole de la ferme France compris entre — 8 % et — 15 %. « Face à cette conjoncture difficile que nous devons passer », le ministre propose « cinq réponses à la crise. » « Il ne s’agit pas d’assistance mais d’investissements » a expliqué Michel Barnier.

12 euros la brebis pour le secteur ovin
Le premier volet concerne les éleveurs d’ovins : un plan spécifique va être consacré à cette production, lanterne rouge des revenus agricoles avec une nouvelle baisse prévue sur 2008. Les aides de la Pac qui ne sont plus affectées (par suite de cessions d’activité notamment) leur seront attribuées, soit 25 millions d’euros ; une somme équivalente viendra de l’État français. En tout, une somme qui représentera un supplément de 12 euros la brebis, expliquait Michel Barnier. Deuxième volet, une panoplie d’allégements de charges et d’aides à la trésorerie : report des charges fiscales et sociales, emprunts bonifiés pour trouver un peu de trésorerie (à 1 % d’intérêt ou 0,5 % pour les jeunes agriculteurs), prêts de consolidation pour retarder le paiement des échéances de crédit… Au total, une somme de 75 millions d’euros auxquels s’ajoutent 15 millions de la MSA et 20 millions des banques travaillant dans l’agriculture. Les jeunes bénéficieront d’une mesure supplémentaire, l’allégement des cotisations sociales pour les 6 premières années d’exploitation et non seulement les 5 premières. Une modification de l’équarrissage décidée la semaine dernière permettra d’alléger pour 12 millions supplémentaires la facture des éleveurs. La nature des bénéficiaires et des soutiens devrait être décidée par un comité départemental ad hoc présidé par le préfet. Les premières réunions devraient avoir lieu d’ici une dizaine de jours.

Alléger la facture pétrolière
Troisième volet, l’allégement de la facture énergétique des exploitants. L’exonération de la TIPP sera poursuivie sur le deuxième semestre 2008 ce qui représente une aide de 70 millions ; à cela s’ajoutent 5 millions d’euros pour des aides aux investissements économiseurs d’énergie. Le ministre a confirmé qu’il lançait le principe de 100 000 diagnostics énergétiques pour réduire la dépendance des exploitants à l’énergie ; il confiait hier négocier avec EDF, Total et Gaz de France une participation à ce programme. Le quatrième axe du plan consiste à mettre en place un observatoire des prix et des marges. L’objectif est d’obtenir à terme une meilleure répartition de la valeur ajoutée au profit notamment des agriculteurs. Enfin, cinquième volet de son plan, Michel Barnier compte aussi sur les résultats du bilan de santé de la Pac négocié en ce moment à Bruxelles ; cette discussion pourrait faire en sorte qu’une part des aides Pac actuellement distribuées aux céréaliers et producteurs de grandes cultures soient réorientées vers l’élevage ovin et bovin.

Un agriculteur sur deux concerné
Selon l’entourage du ministre, ce plan pourrait concerner un agriculteur sur deux, beaucoup plus dans les zones d’élevage extensif et beaucoup moins dans les départements de grandes cultures. Il vise en priorité les éleveurs vers lesquels 90 % des sommes devraient être orientées ; mais il n’y a pas d’exclusion selon les secteurs, a insisté Michel Barnier. En particulier, les serristes, durement touchés sur l’année 2008 par les hausses des coûts pétroliers, pourraient être concernés.

FNSEA : «un pas dans le bon sens »
« Ce plan apporte un ballon d’oxygène pour les agriculteurs en difficulté mais je crains qu’ils ne retrouvent pas la bonne respiration pour autant car ils ont besoin de durabilité » a commenté Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA à l’issue de la conférence du 12 novembre sur le revenu agricole. Le leader syndical considère que les mesures annoncées par le ministre Michel Barnier sont «positives » : « une contribution de l’État à hauteur de 200 millions d’euros, ce n’est pas neutre sans la situation actuelle » a-t-il souligné. Mais, «j’aurais voulu plus d’aides pour le secteur ovin » regrette-t-il. Pour le président de la FNB, Pierre Chevalier, la réponse du ministre à la crise du secteur est «positive mais partielle ». « Les volumes financiers seront-ils suffisants » s’interroge-t-il alors que «les critères d’éligibilité aux aides à la trésorerie ne sont pas connus ». Même souci du côté des Jeunes agriculteurs qui saluent la prise en compte dans le plan de «leur problématique » tout en s’interrogeant sur les critères d’éligibilité.

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