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CULTURE
Mieux connaître la biologie des adventices pour mieux les contrôler

Depuis plusieurs années des problèmes de désherbage font leur apparition : des graminées résistantes dans les céréales, des désherbages maïs de plus en plus compliqués. Couplé à cela, des produits phytosanitaires qui perdent en efficacité et une nouvelle offre sur le marché peu importante.

Pour lutter contre ces salissements de plus en plus fréquents, la connaissance de la biologie des adventices peut être d’une aide précieuse.

La biologie des adventices

La connaissance de la biologie des adventices et leur nuisibilité sur les cultures est une donnée encore peu exploitée. Pourtant, les caractéristiques des adventices nous permettent d’adapter nos moyens de lutte (chimiques, mécaniques ou préventifs) et ainsi réduire au maximum leurs impacts sur nos cultures.L’INRA et l’APCA ont estimé qu’une terre propre contenait entre 1000 et 5000 gr/m². Une terre sale en contient plus de 10 000 gr/m². Autant dire que quelle que soit la parcelle, les adventices sont prêtes à venir concurrencer nos cultures.

Votre rotation détermine vos principales adventices

Généralement, la période de levée des adventices d’une parcelle est corrélée avec la levée des cultures majoritaires de la rotation. Dans les zones d’élevage où le maïs est majoritaire, les adventices les plus présentes sont à levée printanière. C’est pourquoi cette culture est majoritairement infestée de renouées, mercuriales, chénopodes… Les zones plus céréalières ayant des rotations avec des cultures d’hiver, colza-blé-orge,  auront beaucoup plus d’espèces à levée automnale comme le vulpin, gaillet…Les adventices sélectionnées par une rotation courte et peu diversifiée auront toutes les conditions favorables à leur émergence (lit de semences lors du semis, période optimale de germination) et coloniseront votre parcelle.Plus la rotation sera longue et diversifiée (cultures d’automne et de printemps, annuelles et pluri-annuelles) et moins les adventices arriveront à se spécialiser, la pression sera alors plus faible.

Eviter toutes nouvelles contaminations

La production grainière donne la nuisibilité d’une espèce pour les années à venir. Mais elle est très difficile à évaluer.  En effet, les conditions climatiques, le milieu, la concurrence entraînent des variations très importantes du nombre de graines produites par adventice.Par exemple, un chénopode produit environ 300 gr/pied dans une céréale, jusqu’à 1500 dans du maïs et peut atteindre 15 000 gr/pied dans un couvert spontané.Il est donc important de ne pas laisser des adventices monter à graine que ce soit en culture, en interculture ou en bordure de champs pour ne pas réensemencer sa parcelle.


Les adventices lèvent dans les 5 premiers cm du sol

Chaque adventice a une profondeur de levée optimale, qui n’est pas la même selon les espèces. La majorité de celles-ci lève dans les 5 premiers cm du sol. En effet à cette profondeur, les variations climatiques s’expriment rapidement (humidité, chaleur) et produisent de bonnes conditions de levée. Pour ces adventices, un labour permettra de les enfouir en profondeur et d’empêcher leur levée. Concernant les déchaumages, des passages peu profonds (5 cm) feront lever les adventices (= faux semis) et réduiront votre stock semencier.

Attention

Certaines adventices peuvent lever à des profondeurs très importantes. Par exemple, la folle avoine peut germer à plus de 10 cm de profondeur. Le labour n’aura donc que peu d’intérêt pour sa gestion.Cibler vos actions pour maîtriser en priorité les adventices préjudiciablesChaque adventice a une nuisibilité variable et concurrence différemment vos cultures. Certaines vont être très préjudiciables ; d’autres non. Il suffit d’un gaillet par m² pour faire chuter de 5% le rendement du blé : sa nuisibilité est donc forte. Au contraire, il faut plus d’une centaine de pensées pour provoquer cette même baisse de rendement. Pour la gestion de vos adventices, la biologie est importante mais leur identification est primordiale. Pour pouvoir lutter efficacement, chimiquement, mécaniquement ou préventivement sur les adventices, il est indispensable de bien les reconnaître et de préférence à un stade jeune. La reconnaissance et la connaissance de leur biologie vous permettront de trouver des solutions adéquates à la bonne gestion de ces adventices. Le but étant de réduire un maximum la pression des adventices afin de ne pas pénaliser la culture en place et de réduire un maximum les passages souvent coûteux.

Cas particulier des vivaces

Les plantes vivaces sont très difficiles à éliminer. La reproduction grainière est couplée à la reproduction végétative, elles peuvent donc vite nous envahir. Dans le cas où vous observez beaucoup de vivaces, éviter les outils à disques qui coupent les rhizomes et les multiplient. La lutte doit passer par la non montée en graine des plantes et l’épuisement des rhizomes.


Une graine peut germer après plusieurs années dans le sol

Chaque espèce est caractérisée par un TAD, un Taux Annuel de Décroissance. Plus le TAD est élevé, plus les graines dégénèrent vite. Certaines espèces, comme les graminées, ont des TAD élevés, il n’y a pas de nouvelles infestations, elles seront rapidement éliminées. Ces adventices, après avoir passé un ou deux ans dans le fond du labour seront pour la grande majorité détruites. En revanche, les dicotylédones ont généralement des TAD très faibles, leur stock semencier sera donc plus long à éliminer, la lutte devra se faire sur de nombreuses années. Pour ces espèces, le labour n’est pas une solution miracle.

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