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Moisson 2009
Mieux que prévu côté rendements

Même si toutes les moissonneuses-batteuses ne sont pas encore remisées, la moisson 2009 devrait être un peu meilleure que les estimations printanières.

Selon un axe régional sud/nord, la moisson 2009 bas-normande tire peu à peu sa révérence. Même s’il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif, les rendements ont été révisés à la hausse par rapport aux prévisions printanières établies par France AgriMer (voir tableaux). En terme de qualité, le vocable “correct” revient souvent. Restent les cours qui font pencher la balance du mauvais côté.

Du 75 q dans l’Orne
“Avec les périodes de grosses chaleurs et de sec en juin, nous étions pessimistes. Les blés avaient tendance à blanchir, avoue Jean-Pierre Prévost, responsable de la commission céréales de la FDSEA de l’Orne et agriculteur à Normandel près de l’Aigle. Nous misions sur des niveaux de rendement de l’ordre de 72 q/ha. Nous devrions atteindre, voire par endroit dépasser, les 75 q”. La moisson ornaise, démarrée fin juin dans le Perche sur les chapeaux de roues, s’est ensuite prolongée par intermittence. On en était à 70 % de battus le week-end dernier avec de fortes disparités. Le Bocage, et le Pays d’Auge dans une moindre mesure, se trouvant pénalisés par un excès d’humidité. Humidité qui n’a cependant pas jusqu’à ce jour hypothéqué la qualité : 65 et plus de PS (Poids Spécifique) en orge, entre 76 et 80 en blé.
Mais rien ne va plus côté cours. “126 e rendu Rouen, ça fait du 106/110 e départ ferme, explique Jean-Pierre Prévost. Pour que le marché se tienne, il faut deux mois de stock. Nous en sommes à trois avec beaucoup de report”. Une des conséquences de la suppression de la jachère qui jouait un rôle de régulation. “Il faudra miser sur l’exportation, conclut notre responsable syndical. Regarder aussi de près la récolte de soja aux USA qui va profiler les niveaux de prix dans les prochaines semaines”.

Aussi bien en Manche
“On avait sous-estimé le potentiel”, s’accorde à reconnaître Gilbert Michel, agriculteur à St-Georges-de-Bohon. Et le responsable commission céréales de la FDSEA de la Manche de balayer devant sa porte : “sur une parcelle que j’avais estimée à 70 q/ha, j’en ai sorti 85,5”. Une tendance qui se confirme depuis début août, date à laquelle les premiers blés ont été fauchés. Les PS oscillaient alors entre 74 et 77. Les blés plus tardifs devraient faire encore mieux (77 à 80). En fin de semaine dernière, il fallait encore 8 jours de beau temps pour achever ce cru 2009. Le colza a également tiré son épingle du jeu sauf sur une bande Percy/Guilberville où c’est l’orage qui a moissonné plusieurs dizaines de parcelles. A noter enfin également de très bonnes surprises en orge de printemps avec des parcelles à plus de 90 q à 67 de PS. 
Pas de quoi pavoiser pour autant. “Ça ne tire pas dur du côté des prix d’acompte, explique Gilbert Michel qui fixe le seuil de rentabilité du blé à 70 q. Il est vrai que les marges 2009 sont à calculer avec un prix des engrais élevé : 405 e l’ammonitrate l’an dernier contre 205 cette année en achat anticipé. Mais les niveaux de trésoreries dans les exploitations permettront-ils la manœuvre ? Loin s’en faut notamment du côté des laitiers dont certains ont reporté en partie leurs achats de paille en attendant des jours meilleurs.

Déception en blé sur blé dans le Calvados
Si l’on y voit plus clair dans le sud Calvados, il reste encore du blé à battre dans le nord du département. “Bonne qualité tant du côté des PS, de la protéine que du taux de hagberg, confie Bertin George. Une qualité facile à vendre pour nos organismes stockeurs”. Au niveau des rendements par contre, l’analyse est plus prudente. “Globalement correct mais avec de grosses déceptions en blé sur blé notamment”, juge le responsable de la commission céréales de la FDSEA du Calvados. Début d’explication avec des implantations tardives (décembre voire janvier dans certains cas) et un excès d’humidité qui ont contrarié le potentiel. Le colza constitue la bonne surprise 2009 malheureusement le coup de grêle de début juillet a anéanti quelques parcelles. “J’espère que les agriculteurs touchés sont bien assurés”. Mais au-delà des cas particuliers, 2009 restera marqué par des cours atones et une réforme de la PAC qui décidément ne passe pas. “Où sont les experts qui pronostiquaient que les prix des matières premières se tiendraient durablement haut ?”, se fâche Bertin George. A 100 e et avec les tarifs 2008 des intrants, nous sommes en dessous des coûts de production. Nos politiques se sont mis le doigt dans l’œil”.

Blé tendre : Agritel évalue la récolte française à 38,4 Mt
• Le 5 août, Agritel, spécialiste de la gestion des risques de marché, a livré ses prévisions de récolte pour 2009 en blé tendre. Selon la société, la moisson française monterait à 38,4 Mt, soit 2,95 % de plus que l'an passé. Le rendement moyen atteindrait 78,05 q/ha contre 73,8 q/ha en 2008. C'est une valeur supérieure aux 77,9 q/ha enregistrés en 2004, excellente année. Ces chiffres s'affichent en nette hausse par rapport aux prévisions de FranceAgriMer. Début juillet, l'office tablait sur une production de 37 Mt et un rendement de 73,2 q/ha. Les rendements moyens seraient également élevés en Allemagne, signale Agritel. La production grimperait à 26,3 Mt contre 24,6 Mt estimées en juillet et 25,9 Mt en 2008. En Mer Noire, les estimations de production en blé ont également été revues à la hausse.
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