Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

A La Chapelle-Cécelin (50)
Moins d’îlots, moins de trajets, plus de confort

Grâce à un aménagement foncier et en passant de 12 à 6 îlots, Jérôme Haupais économise du temps et du carburant.

Ne dites pas remembrement mais aménagement foncier. Le premier a fait couler beaucoup d’encre et, à sa simple évocation, on croirait entendre le ronronnement inquiétant des bulldozers au grand dam des haies. A contrario, l’aménagement foncier évoque un partage harmonieux et durable du territoire. On pense réouverture de chemins de randonnées, replantation, voirie sécurisée (...).
Simple vue de l’esprit ? Pas du tout, petit détour dans le sud Manche

L’aménagement permet la mise aux normes
Les vaches de Jérôme Haupais peuvent désormais dormir tranquilles. Installé en 2003 sur 55 ha avec une référence de 210 000 l, notre jeune éleveur s’est retiré une grosse épine du pied grâce à l’aménagement foncier intercommunal entrepris à La Chapelle-Cécelin et St-Maur-des-Bois. “Une opération qui m’a permis d’acquérir une parcelle de deux vergées qui collait au pignon de la stabulation. J’ai pu y construire ma fosse à lisier et me mettre aux normes”. A cet acquis, il faut également ajouter de multiples avantages collatéraux. “Le regroupement de parcelles autour des bâtiments agricoles. La diminution du nombre total d’îlots : de 12 à 6. Le règlement définitif de problématiques de droit de passage (...)”, liste pêle-mêle Jérôme Haupais. 

Economie de carburant et plus de sécurité
Sa vie d’éleveur a d’ailleurs depuis changé et l’organisation du travail s’en est trouvée simplifiée. “Cet aménagement foncier, c’est finalement moins de circulation d’engins agricoles sur les routes, moins de temps dépensé en trajets, moins de carburant consommé, moins de terre abandonnée sur les routes...”. Ce sont des plus notamment du côté de la sécurité routière avec moins de passage de tracteurs avec outils devant l’école et sur des routes sinueuses pas forcément adaptées aux gabarits d’aujourd’hui. 
Pour Sylvain Lebain (chargé de mission Territoire à la Chambre d’Agriculture de la Manche), on peut estimer cette économie de carburant aux alentours de 250 à 350 l/an. “40 l sur le transport d’eau, 100 à 150 l pour l’épandage du lisier et sans doute autant pour les divers déplacements liés aux récoltes et à l’entretien des prairies”. Modeste, penseront certains mais c’est qu’avec le tout herbe, Jérôme Haupais est déjà en système économe. Avec du maïs, on pourrait tabler, à surfaces comparables, sur une économie de 400 l au moins. “Les tracteurs ont un mauvais rendement routier. La consommation d’un tracteur de 80 ch, même avec une faible charge, peut atteindre 35 à 40 l/100 km”, rappelle Christian Savary, en charge du dossier machinisme à la Chambre d’Agriculture de la Manche. 

Au profit des habitants aussi
L’agriculture n’est pas le bénéficiaire unique des aménagements fonciers. Loin s’en faut. Les habitants de La-Chapelle-Cécelin et St-Maur-des-Bois, qui ont voté favorablement en 1996 (14 pour, 5 blancs et 3 contre), peuvent désormais flâner dans de nouveaux chemins pédestres. Un parking a également pu être aménagé au pied de la salle polyvalente. 
Bien-sûr, toute modification d’un parcellaire génère un remodelage du paysage et une restructuration du réseau de haies. “Sur les 70 derniers remembrements dans la Manche, on n’a arraché que 18 % du linéaire et on en replante derrière. Dans les années 1970, c’était du plus de 50 %”, rassure Sylvain Lebain. Quand aménagement foncier et préservation de l’environnement font bon ménage !

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une bouteille de cidre par semaine éloigne la crise et sauve le verger
Il suffirait que chaque foyer normand achète une bouteille de cidre par semaine pour sauver la filière cidricole malmenée par la…
« C’est inadmissible que l’on n’arrive pas à être reçu par les ministres de l’Agriculture et des Finances »
Au moment où la filière vitivinicole cherche à négocier des aides avec le gouvernement pour sa survie, la filière cidricole…
Agneau du Gaec Le vent des marais
Un nouvel abattoir en vue ?
Fin 2018, l’abattoir de Beuvillers fermait définitivement ses portes. Un abattoir de plus qui, en stoppant son activité, a eu…
Accepter un peu d’inflation alimentaire
« Nous sommes des besogneux. On nous demande de la montée en gamme et du local avec de plus en plus de contraintes et nous…
Élodie et Baptiste Leclerc (50)
Témoignage d'Élodie et Baptiste Leclerc, éleveurs de veaux à Le Mesnilbus (50)
Élodie et Baptiste Leclerc élèvent des veaux à Le Mesnilbus (50) en intégration chez Denkavit. Âgés tous les deux de 31 ans, ils…
En attendant les JO, Éric Delaunay tire les corvidés
Dans le département, la pression corvidés se fait sentir. Pour y remédier, le tir est autorisé, même en période de confinement. À…
Publicité